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Published on 7 December 2017

#France - Algérie : Emmanuel Macron veut "tourner la page du passé"

Le chef de l’Etat a rencontré les autorités, mais également des représentants de la société civile. Les relations économiques et le terrorisme étaient au cœur de la visite.

Publié le 7 décembre 2017 dans Le Monde

« Vous êtes bloqué, je ne le suis pas. Ne me posez pas les questions d’il y a vingt ans. » Fidèle à sa réputation, Emmanuel Macron a éconduit le journaliste qui l’interrogeait sur ses différences avec ses prédécesseurs et tentait de le ramener en arrière. « C’est une histoire nouvelle qui s’écrit » entre la France et l’Algérie, a renchéri le président de la République lors de la conférence de presse qui a clos, mercredi 6 décembre, sa première visite officielle dans ce pays du Maghreb depuis son élection.

Le chef de l’Etat l’avait annoncé : il voulait inscrire son voyage algérien dans le sillage de son récent déplacement en Afrique subsaharienne, axé vers la jeunesse et la volonté de « tourner la page du passé » colonial. Toute cette journée, entre promenade dans le centre d’Alger, échanges avec des membres de la société civile et annonces de projets économiques, aura été marquée par cette stratégie élyséenne.

A peine descendu de son avion à l’aéroport Houari-Boumediène et après avoir déposé une gerbe au Mémorial du martyr, sur les hauteurs d’Alger, Emmanuel Macron s’est offert un bain de foule de plus d’une heure sous le soleil de la « ville blanche », au contact de plusieurs centaines d’Algérois venus à sa rencontre.

Accompagné des ministres Jean-Yves Le Drian (affaires étrangères) et Gérald Darmanin (action et comptes publics), le chef de l’Etat distribue les poignées de mains et lève les yeux au ciel pour saluer les riverains massés aux balcons. Il prend la pose pour les selfies, embrasse des écoliers, enlace une jeune femme qui fond en larmes à sa vue. L’ambiance, au milieu de quelques youyous, est plutôt bon enfant.

« Arrogance positive »

Plus que de l’enthousiasme, les Algérois présents témoignent d’une vraie curiosité pour cette personnalité politique qu’ils connaissent mal, mais dont la jeunesse les intrigue. « C’est la première fois que je viens comme ça voir un président français, explique une femme d’une quarantaine d’années. Il est très jeune, et chez nous, on n’a pas l’habitude. J’admire son arrogance positive."

En février, alors candidat à la présidentielle, M. Macron était venu à Alger pour condamner la colonisation, un « crime contre l’humanité », avait-il déclaré – des propos qui avaient été applaudis en Algérie, mais qui avaient provoqué une polémique en France avec la droite et l’extrême droite. Dix mois plus tard, à un Algérois de 26 ans qui lui demande d’« assumer le passé colonial » de la France, le chef de l’Etat répond, agacé : « Mais vous n’avez jamais connu la colonisation ! Qu’est-ce que vous venez m’embrouiller avec ça ? Votre génération doit regarder l’avenir, la jeunesse algéroise ne peut pas constamment regarder son passé ! »

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