#BlogDuCrif #Cinema - The Cakemaker : la Forêt-noire qui cachait l'arbre

18 June 2018 | 298 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Lundi 20 novembre, j'ai rencontré le Président français Emmanuel Macron à Paris, accompagné d'une délégation du Congrès Juif Européen (EJC).

La semaine dernière, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) proposait dans sa newsletter et sur ses réseaux sociaux un contenu qui a fait polémique.

Mon discours prononcé au dîner du Crif Grenoble-Dauphiné, le 22 octobre 2017.

Mon discours à la cérémonie d'hommage aux Juifs engagés volontaires qui s'est tenue le 15 octobre 2017 au cimétière de Bagneux.

Dans ce courrier, j'ai félicité Audrey Azoulay pour son élection. J'ai également attiré son attention sur les positions récentes de l'Unesco sur Jérusalem et commente les relations passées de l'organisation avec le Crif.

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Opinion

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Dina Porat, Le Juif qui savait Wilno-Jérusalem : la figure légendaire d’Abba Kovner, 1918-1987.

"On s'est dit au-revoir. C'était un au-revoir mais qu'y avait-il derrière cet au-revoir ?"

En 2017, Roger Pinto, sa femme et son fils ont été séquestrés, violentés et détroussés à leur domicile de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), "une agression antisémite" condamnée par le Crif et le ministre de l'Intérieur. Une première ?

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

Gil Taïeb's picture
Nous sommes debout
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03 April 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

On ne le dira jamais assez : la parution d’ouvrages de poésie, en général et dans le domaine juif en particulier est devenue assez rare pour qu’on ne salue pas avec plaisir la sortie d’un nouveau recueil. Dans ce nouveau livre, la peintre et poétesse Sarah Mostrel nous offre un ensemble de textes inspirés de la Bible et des textes fondamentaux du judaïsme.

Remi Huppert est un spécialiste des Juifs de Chine. On lui doit notamment Destin d’un Juif de Chine (1). Dans son nouveau roman, le judaïsme est toujours présent.

"Le terrorisme et l'antisémitisme ont marqué cette année passée"

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Une fois de plus, le cinéma israélien nous régale avec The Cakemaker, le premier film d’Ofir Raul Graizer.

Décrit par la critique comme un film mettant en scène une histoire d’amour entre deux hommes, The Cakemaker propose en réalité des problématiques bien plus intéressantes à qui voudra bien les voir.

L’histoire commence dans un café berlinois, tenu par le discret et candide Thomas, un jeune homme à la voix ronde et aux gestes doux, sur lequel on devine l’odeur de la farine oubliée sur un coin du visage.

Notre héros rencontre Oren, un Israélien régulièrement de passage dans la capitale allemande, et qui ne manque jamais de s’arrêter dans la boutique de Thomas pour y goûter l’un de ses gâteaux. Le film s’ouvre d’ailleurs sur une scène d’une sensualité saisissante, celle de la gourmandise, incarnée par la délectation avec laquelle Oren plonge et replonge sa fourchette dans une onctueuse Forêt-noire.

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Une histoire d’amour se créé en filigrane entre les deux hommes, montrée pudiquement à l’écran par un échange prudent de baisers.

Ce n’est pas trahir l’intrigue du film que de révéler ici la mort d’Oren, explicitement notifiée dès la bande annonce et qui ne reste qu’un prétexte au départ de Thomas pour Jérusalem, la ville natale de son ancien amant. Un prétexte, oui, pour tromper surtout la solitude de Thomas, sans famille depuis le décès de sa grand-mère. Car c’est bien de cela dont parle The Cakemaker : de solitude.

Mais désormais, Thomas n’est plus seul. Il travaille dans le café d’Anat, la veuve d’Oren, sans qu’elle ne se doute de qui il est vraiment.

Thomas va découvrir Jérusalem et son aspect brut et revêche, une ville qui cache un fond de bienveillance, de gentillesse et de chaleur qui ont vite fait de le séduire.

Il se heurte aussi aux réalités exigeantes – et parfois douloureuses - du milieu religieux hiérosolomytain, face à l’interdit par exemple de toucher le four pour ne pas enfreindre les lois de la cacherout auxquelles est tenu le café d’Anat. Obéissant – presque trop – Thomas apprend un ensemble de règles qui ne sont pas siennes, les intègre et finit par les aimer.

Le spectateur français rit quand le beau-frère d’Anat s’écrit, ahuri devant l’image de Thomas aux fourneaux : « Non, ne touche pas le four ! Tu n’es pas juif, ce que tu cuisines n’est pas cacher ! ». Pourtant cette scène, loin d’être comique, touche davantage au tragique, mettant en lumière les tabous d’une société israélienne qui doit sans cesse composer avec la loi religieuse.

Thomas se fraye un chemin dans une Jérusalem magnifiée par les prises de vues de ses petites rues et des larges artères du Shouk Mahane Yehuda. Il pénètre un univers nouveau et étonnant, fait des cris des vendeurs, des bruits du tramway de la ville et de la sonnerie du vendredi soir, annonçant le début du Shabbat.

Autant d’éléments qui forment bientôt autour de Thomas une bulle agréable et confortable, embellie par les repas en famille auxquels il est convié.

Les sentiments qui unissent peu à peu Thomas et Anat en restent au stade de la supposition pour un spectateur davantage attendri par la construction d’un récit urbain que par l’amour ou le désir qui naissent entre nos personnages.

La sensualité de la gourmandise et de ses artisans rencontre le charme brut de Jérusalem qui n’en finit pas de faire battre le cœur de ceux qui la connaissent. Thomas aura cette chance, celle de connaître Jérusalem et d’y trouver une place. Reste à savoir si cette place est réellement la sienne…

The Cakemaker, de Ofir Raul Graizer - Avec Roy Miller, Tim Kalkhof et Sarah Adler

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