Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lecture de Jean Pierre Allali - Quand Israël rêvait. La vie de Rachel Bluwstein, de Martine Gozlan

12 December 2018 | 223 vue(s)
Catégorie(s) :
France

INTERNATIONAL - Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang, parce que l'Etat juif est (toujours) considéré et traité quelque part comme le Juif des Etats.
Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang, parce que l'Etat juif est (toujours) considéré et traité quelque part comme le Juif des Etats. Rappelons à ce sujet qu'une campagne BDS -pour Boycott-Désinvestissement-Sanctions- tente de s'implanter en France, en incitant à boycotter les personnes et les produits provenant de ce pays. Expliquons.


Artcile publié dans le Huffinghton Post http://www.huffingtonpost.fr/marc-knobel/boycott-produits-israeliens_b_7...

Un entretien entre Marc Knobel et Michaël de Saint Cheron, philosophe des religions.

Marc Knobel livre une analyse de l'opinion publique à l'égard de l'antisémitisme et d'autres sujets (avant et après les attentats de Janvier 2015).

Franck Guillory, journaliste, auteur et réalisateur de documentaires s'est rendu à Auswithz en Avril dernier, il nous raconte son expérience et ses souvenirs dans un article publié sur son blog.

Compte-rendu d'un magnifique livre de Benjamin Stora qui raconte son enfance juive à Constantine.

 

Des centaines de tombes ont été profanées au cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin), dimanche 15 février 2015, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, dans un communiqué de presse

Neuf ans après l’assassinat d’Ilan Halimi, voici la « chronique d’une barbarie et de ses conséquences médiatiques, politiques et judiciaires »,  par Marc Knobel, historien, chercheur, directeur des Études du CRIF

 

Le Hors-série de L'Express numéro 28, "Regards sur l'Histoire" consacré aux Juifs de France a mis en émoi une partie de la communauté juive, François Heilbronn, professeur des universités associé à Sciences-Po Paris et Président des Amis français de l'université de Tel-Aviv lui a adressé deux lettres ouvertes publiées dans l'Arche.
 

 

 

Retour sur les événements qui sont intervenus en juillet 2014 et les manifestations propalestiniennes qui ont dégénéré.

Est-il pertinent de mettre en parallèle “antisémitisme” et “islamophobie”?
Non, cinq fois non:  Ni sémantiquement , ni historiquement,  ni sociologiquement, ni politiquement et encore moins juridiquement, ces deux termes et les deux concepts qu’ils sous-tendent, ne sont de même nature. Il serait non seulement faux, mais aussi dangereux pour tous, de les mettre en regard sur un même plan.

L'antisémitisme est comme une bête particulièrement enragée et puante. Il rôde, nous ne le savons que trop bien...

L'antisémitisme : les causes d'un Mal qui s'aggrave.

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

"Dites-moi que ce furent des cauchemars, que le monde s'améliore de jour en jour, que des flammes de lumière jaillissent en chaque point du globe."

Article paru dans le HuffinghtonPost.fr

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Quand Israël rêvait. La vie de Rachel Bluwstein, de Martine Gozlan*

À travers la destinée de la poétesse Rachel Bluwstein, « Rahel Ha-Meshoreret », c’est toute l’épopée des premiers pionniers bâtisseurs du futur État juif que nous raconte, avec brio, Martine Gozlan. L’histoire extraordinaire de ces hommes et de ces femmes, venus de Russie, qui ont fui les pogromes et le système des cantonistes qui imposait aux Juifs un service militaire de plusieurs dizaines d’années, pour réaliser le rêve ancestral de la reconstruction d’un pays juif. Une résurrection existentielle et nationale qui se réalisera en Galilée, sur les bords du lac de Tibériade, le Kinneret, là où seront bâtis les premiers kibboutzim. « La Galilée, nous dit l’auteure, occupe une place singulière dans la géographie physique et spirituelle du pays. Loin de Jérusalem, elle infuse la douceur comme la ville trop sainte concentre l’âpreté ».

« L’unique poétesse des années 1920 à entrer dans le club très fermé de l’intelligentsia sioniste », ce véritable « oiseau libre posé sur la terre d’Israël » , Raya Rachel Bluwstein, voit le jour le 20 septembre 1890 à Poltava, en Ukraine, une ville où la communauté juive représente 20% de la population.

Son père, Isser Leib Bluwstein, diamantaire, a eu une brillante carrière d’officier du tsar. Sa mère, Sophie Mandelstam, fille de rabbin, descend, dit-on, du grand Rachi de Troyes. De plus, elle est la sœur de Max Mandelstam, ophtalmologue, fondateur, avec Leib Lilienblum et Léon Pinsker, de la section russe du mouvement des Amants de Sion. Avec Theodor Herzl et Max Nordau, Max Mandelstam est considéré comme l’un des trois piliers du mouvement sioniste. Rachel Bluwstein a de qui tenir !

Les Bluwstein ont trois filles, Shoshana, Batsheva et Raya et un garçon, Yaakov, qui font bon ménage avec les enfants nés d’un premier mariage d’Isser Leib.

Dans la communauté juive, la lutte entre les sionistes, dont Yaakov Bluwstein est proche et les opposants à ce courant dont le Grand rabbin de la ville, Eliahu Rabinowitz est féroce. Raya commence à partager les idées de son frère qui sera le premier de la famille à faire le grand saut et à rejoindre la Palestine.

1906. Sophie Bluwstein décède, victime de la tuberculose. Isser Leib se remarie avec Masha Naumovna. Raya a seize ans et décide de s’installer, avec sa sœur Shoshana, à Kiev où elle suivra les cours d’une école d’art.

1909. Les sœurs Bluwstein quittent Odessa pour la Terre Promise. Au départ, un voyage de quelques semaines. Histoire de voir. Là-bas, Tel Aviv commence à émerger des dunes du désert. Raya et Shoshana tombent sous le charme de Hannah Meisel qui les persuade de venir créer avec elle une ferme-école sur les bords du lac de Tibériade. Les voilà à Rehovot. Rachel va croiser, tout au long de son séjour en terre d’Israël des figures désormais légendaires comme Aharon-David Gordon auquel elle dédiera son premier poème en hébreu ou encore Zalman Schnéour Rubashov Shazar, qui, plus tard, en 1963, sera le troisième président de l’État juif. Son charme est hors du commun et ses aventures amoureuses se multiplient. Envoyée à Toulouse pour y préparer un diplôme d’études agricoles, elle y rencontrera Francis Jammes.

Le 27 novembre 1919, Rachel Bluwstein, sur le navire « Rouslan », rejoint Eretz Israël. Elle y remet les pieds le 18 décembre. La voilà à Degania où elle retrouve ses amis, Shmuel et Dvora Dayan, les parents du futur « général borgne ».

Hélas, la tuberculose qui avait emporté sa mère, la touche à son tour. Indésirable à Degania, elle est, grâce à l’intervention de Haïm Bialik, admise au sanatorium Hadassa de Safed. Au fil des années, elle continue d’écrire des poèmes et poursuivra son œuvre à Tel Aviv où elle s’installe en 1925.

Elle meurt le 16 avril 1931. Elle repose désormais au cimetière de Kinneret.

De très belles illustrations agrémentent cet ouvrage dédié par l’auteure à Amos Oz, un livre qu’il faut absolument découvrir.

Jean-Pierre Allali

(*) Éditions du Cerf. Octobre 2018. 240 pages. 19 €.

 

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