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Published on 2 May 2019

France/Mémoire - Strasbourg pose ses premiers pavés en mémoire des victimes du nazisme

Un travail de mémoire en période de résurgence d'actes antisémites. Vingt premiers "Stolpersteine", des pavés de laiton rendant hommage individuellement aux victimes du nazisme, ont été scellés mercredi 1er mai dans les trottoirs de Strasbourg. L'objectif est que d'ici plusieurs années Strasbourg compte des "Stolpersteine" pour chacun des 850 Juifs de la ville déportés et tués par le régime nazi

Publié le 1 mai, sur France TV Info

À gauche de la porte d'entrée du 19 boulevard Clemenceau, quatre pavés dorés de 10 centimètres de côté viennent fraîchement d'être incrustés dans le trottoir, comme le montre sur Twitter le député LREM du Bas-Rhin.

Pour la première fois, des pavés mémoriels (ou Stolpersteine en allemand) sont posés en Alsace en souvenir des Juifs alsaciens tués pendant la Seconde Guerre mondiale. Chacun décline l'histoire d'une vie terminée prématurément pendant la Seconde Guerre mondiale. "Ici habitait Lucie Brunschwig, née Meyer, née 1892, internée Drancy, déportée 1944 Auschwitz, assassinée 20.05.1944" est gravé sur l'un d'entre eux.

"Réveiller la mémoire"

Imaginé en 1992 par l'artiste berlinois Gunter Demnig, le concept de "Stolperstein", littéralement "pierre sur laquelle on trébuche" en allemand, consiste à rappeler le destin des victimes du nazisme en faisant "buter" le regard des passants sur ces pavés de béton recouverts de laiton et gravés à la main. "J'ai commencé en 1992 à Cologne, en Allemagne, en mémoire des Roms déportés en mai 1944, car ce sont les premiers à avoir été déportés par les nazis. Mais dès le début, je me suis dit que je le ferai dans toute l'Europe et pour toutes les victimes de la barbarie nazie"L'artiste allemand a déjà posé 37.000 pavés de la mémoire dans 24 pays européens.

L'objectif est que d'ici plusieurs années Strasbourg compte des "Stolpersteine" pour chacun des 850 Juifs de la ville déportés et tués par le régime nazi, a expliqué Fabienne Regard, présidente de l'association Stolpersteine67 qui porte le projet à Strasbourg. "C'est l'idée qu'il faut réveiller la mémoire, ne pas se laisser endormir et qu'il faut trébucher pour se souvenir de ce qu'il s'est passé et éviter que cela ne se reproduise", a estimé le maire de Strasbourg, Roland Ries.

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