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Published on 10 May 2019

Monde/Histoire - Journée commémorative du souvenir de l’esclavage et de son abolition : quelle est l'histoire de Joseph Morenas ?

Tous les jours, Fabrice D'Almeida revient sur un fait historique marquant. Aujourd'hui, la Journée commémorative du souvenir de l’esclavage et de son abolition à travers l'histoire de Joseph Moreinas.

Publié le 10 mai sur Europe 1

Depuis 2001, le 10 mai est la journée mondiale de l’abolition de la traite et de l’esclavage. Pour la célébrer, vous sortez de l’oubli un botaniste étonnant, Joseph-Elzear Morenas. Quelle est son histoire ?

Morenas, il faut l’imaginer en 1804. Il a 28 ans. Depuis dix ans, il a quitté son village de Saint-Christol, dans le Vaucluse. A Paris, il rencontre le Général Decean, en 1802, un proche de Bonaparte, qui s’apprête à prendre la tête d’une expédition pour reprendre les possessions françaises des Indes. Parti sur place, Morenas a été fait prisonnier par les Anglais. A Calcutta, Decean obtient sa libération et lui confie une mission. Car Morenas est un agent secret. Sous couvert de recherches sur la botanique, il espionne les britanniques et agite les Indiens contre eux. Les défaites et la chute de Napoléon le contraignent à revenir à Paris.

Que fait-il alors ?

Grâce à la botanique, il entre au comité d’exploration de l’Afrique. Et le voici au Sénégal en 1818. Il est écœuré par la conduite de commerçants français qui continuent la traite des esclaves, pourtant interdite depuis le Congrès de Vienne en 1815. Le gouvernement ferme les yeux face à ces pratiques criminelles. 
Il présente donc en 1820 une pétition contre la traite des noirs pour le Parlement. Un texte, entré dans l’histoire. Mais il est traîné dans la boue, malgré le soutien d’autorités catholiques. Il fait alors une seconde pétition avec de nouvelles preuves l’année suivante. Mais rien n’y fait : gouvernement et parlement font la sourde oreille. La traite clandestine continue.

Morenas s’est-il découragé ?

Non, il est resté anti-esclavagiste et a vécu plusieurs années à Haïti. Puis, en 1828, le plus grand général de son temps, Antoine Jomini, un Suisse au service du Tsar, lui demande de venir pour faire de nouvelles acclimatations botaniques en Russie. Etait-ce une couverture ? Après quelques réussites agricoles, il repart à l’aventure (ou à l’espionnage) vers la Mongolie. Et c’est là qu’il meurt, frappé par une fièvre. Avec lui s’éteint un pionnier de l’abolitionnisme, un Français qui savait faire rimer nationalisme et humanisme.

 

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