Read in the news
|
Published on 2 September 2019

France/Actu - Attaque à Villeurbanne : ce que l’on sait du suspect

"Etat psychotique", "délire paranoïde"… Les éléments de personnalité de l’assaillant, un homme au parcours migratoire instable, semblent écarter la thèse d’une action terroriste délibérée.

Publié le 2 septembre dans Le Monde

Un acte délirant, animé d’un mysticisme confus. Les contours de l’attaque qui a fait un mort et huit blessés, samedi 31 août, sur l’esplanade de la gare routière Laurent-Bonnevay, à Villeurbanne (Rhône), commencent à apparaître. Un expert psychiatre a rendu visite à l’auteur présumé, durant sa garde à vue. Ses conclusions font état d’un « état psychotique envahissant », ainsi que d’un « délire paranoïde à thématiques multiples ». L’affaire n’a donc pas été confiée aux services antiterroristes.

L’individu n’a fait part d’aucune revendication. Ces éléments de personnalité semblent écarter la thèse d’une action terroriste délibérée, laissant place à l’hypothèse d’un comportement de déséquilibré. Tout en informant régulièrement le parquet national antiterroriste, le parquet de Lyon doit ouvrir lundi 2 septembre une information judiciaire pour « assassinat et tentatives d’assassinat ».

« Un comportement incohérent et délirant »

Dans ses propos confus, l’assaillant a déclaré aux enquêteurs de la brigade criminelle de la police judiciaire de Lyon qu’il avait entendu des voix qui « insultaient Dieu », et qui lui donnaient l’ordre « de tuer ». Il s’est alors rendu vers la gare routière très fréquentée, armé d’un couteau et d’une broche à barbecue, frappant violemment les usagers qui attendaient les bus. Il a aussi dit qu’il avait cru reconnaître une personne avec laquelle il s’était fâché plusieurs années auparavant, en Angleterre. Vengeance, mission religieuse, les « thématiques multiples » dont parle l’expert ouvrent le débat sur le degré de responsabilité pénale de l’auteur présumé.

Il a été stoppé, raisonné et désarmé par des passants et des chauffeurs de bus, avant qu’il ne parvienne à l’intérieur de la station de métro. « Une intervention courageuse et maîtrisée », a salué Nicolas Jacquet, procureur de la République de Lyon, lors d’une conférence de presse dimanche. Un jeune homme de 19 ans, originaire de Savoie, qui se rendait à un festival de musique dans l’Ain, n’a pas survécu à l’agression. Huit personnes ont été blessées, trois gravement atteintes, sans que leur pronostic vital soit engagé.

Parmi la quarantaine de personnes présentes au moment des faits, plusieurs témoins directs ont évoqué « un comportement incohérent et délirant », selon le procureur. Certains témoins ont relevé des paroles à connotation religieuse, comme : « Ils ne lisent pas le Coran. »

« Un vagabond qui passe entre les mailles »

La confusion s’étend à l’état civil d’un homme au parcours migratoire instable. Vraisemblablement d’origine afghane, il donne des âges variables, de 27, 31 ou 33 ans. Les autorités n’ont pas de certitude quant à son identité.

Sa signalisation a permis de retracer son parcours en pointillé. Arrivé en France en 2009, il serait ensuite passé en Italie, en Allemagne et en Norvège, avant de revenir dans la région lyonnaise en 2016. Là, il a formulé une demande d’asile, avec titre de séjour provisoire, valable jusqu’au 31 janvier 2020.

« Un vagabond qui passe entre les mailles », résume un policier lyonnais. L’homme n’est pas connu des fichiers antiterroristes, ni de ceux de droit commun. La PJ a trouvé son domicile, dans un foyer de Vaulx-en-Velin, perquisitionné dès samedi soir. Son téléphone pourra fournir des indications potentiellement utiles à l’enquête. Aucun élément ne permet a priori d’expliquer le passage à l’acte meurtrier, à part cette soudaine bouffée délirante, qui semble aggravée par une consommation de cannabis, confirmée par des analyses toxicologiques. « Il a reconnu les faits, sans souvenir précis de leur déroulement », résume Nicolas Jacquet.

Your application has been taken into account.
Thank you for your interest.