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Published on 6 September 2019

Israël/Liban - Washington bloque une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU jugée déséquilibrée

Les Etats-Unis ont bloqué une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU sur les tensions entre le mouvement libanais Hezbollah et Israël, refusant qu'Israël et son droit à l'auto-défense soit mis sur le même plan que le mouvement terroriste du Hezbollah. Le texte a été abandonné.

Publié le 6 septembre dans Le Figaro sous le titre Liban/Israël: Washington bloque une déclaration du Conseil de sécurité

Dans sa première version, négociée depuis le début de la semaine et obtenue par l'AFP, le texte en six points exprimait «la profonde préoccupation» du Conseil face aux violations de la Ligne bleue qui sépare le Liban d'Israël. «Les membres du Conseil de sécurité condamnent toutes les violations de la Ligne bleue, à la fois par les airs et au sol, et appellent fermement toutes les parties à respecter la cessation des hostilités», indiquait aussi le projet de déclaration rédigé par la France.

Pour Washington, il n'était pas possible de mettre sur un pied d'égalité Israël et son droit à l'autodéfense et le Hezbollah, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis [et l'Union européenne pour sa branche militaire].

Selon des diplomates, les Etats-Unis ont à deux reprises rompu des procédures de silence qui visaient à une adoption du texte et à sa publication. Washington a d'abord réclamé que le Hezbollah soit nommément condamné dans le texte, avant de réclamer le gommage de toute mise en cause d'Israël, même implicitement. Pour Washington, il n'était pas possible de mettre sur un pied d'égalité Israël et son droit à l'autodéfense et le Hezbollah, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, a expliqué un diplomate. Pour plusieurs autres membres du Conseil de sécurité cependant, il n'était pas possible d'avoir un tel déséquilibre dans le texte qui, au final, a été abandonné, selon les mêmes sources. Toute déclaration du Conseil de sécurité doit être approuvée à l'unanimité de ses 15 membres.

La semaine dernière, la confrontation entre le Hezbollah et Israël était allée crescendo. Elle avait commencé par un bombardement de l'armée israélienne qui a tué deux combattants du Hezbollah, avant de se poursuivre par des accusations d'attaques de drones israéliens contre la banlieue sud de Beyrouth - fief du Hezbollah -, qualifiée de «déclaration de guerre» par le président libanais Michel Aoun. Dimanche, le Hezbollah avait tiré des missiles antichars sur le nord d'Israël, qui a répliqué avec des frappes dans le sud du Liban, provoquant des incendies.

Cette semaine, la tension est quelque peu retombée. La Finul, force de maintien de la paix de l'ONU dans le sud du Liban, a annoncé mercredi être «étroitement engagée» avec les armées libanaise et israélienne pour «contenir les tensions» à la frontière.

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