Blog du Crif - Disparition d'Henri Weber : quelques mots pour lui rendre hommage...

28 April 2020 | 417 vue(s)
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France

Mardi 10 octobre 2017, j'ai été reçu par le Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères pour un long tour d'horizon.

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#BlogDuCrif - Devoir de mémoire
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20 September 2017
Catégorie : France

Il y a 76 ans, le 15 décembre 1941, 69 hommes ont été fusillés au Fort du Mont Valérien à Suresnes, dans les Hauts de Seine par les autorités d’occupations allemandes. Ces hommes, français et étrangers, furent arrêtés par les forces de polices françaises de la Préfecture de police du département de la Seine (à l’époque).

Je vais vous raconter l’histoire de Moritz Singer, mon oncle, le frère de ma mère, un de ces fusillés.

En 2017, Roger Pinto, sa femme et son fils ont été séquestrés, violentés et détroussés à leur domicile de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), "une agression antisémite" condamnée par le Crif et le ministre de l'Intérieur. Une première ?

"Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe…"
 

 

"The strength of a Nation always lies in the the way it looks at its History and and its ability to teach it to future generations".

 

"La force d’une Nation réside toujours dans le regard qu’elle sait porter sur son histoire et sa capacité à l’enseigner aux générations suivantes."

 

En juin 2017, quelques mois après l'assassinat de Sarah Halimi, Francis Kalifat, Président du Crif, publiait cette tribune en hommage à Sarah Halimi, devenue le triste symbole de l'antisémitisme qui tue. 

Sarah Halimi, une retraitée a été battue à mort à Paris, le 4 avril 2017 et son calvaire a duré plus d'une heure. Et, il s'agit bien d'un meurtre antisémite.

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

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Henri Weber, ancien sénateur et député européen de 2004 à 2014, est décédé à 75 ans, victime du Covid-19. 

Né à Leninabad (aujourd’hui Khodjent au Tadjikistan), il est le fils d’une famille d’horlogers juifs qui ont réussi à quitter la Pologne et à rejoindre l’URSS. Ses parents ayant, à la fin de la guerre, refusé de prendre la nationalité soviétique, ils rejoignent, après un passage par un camp de travail, leur Pologne natale. 

Après le pogrom de Kielce (juillet 1946), ils décident de partir pour la France. Le jeune Henri mène ses études secondaires au Lycée Jacques -Decour, où il adhère aux jeunesses communistes, au grand dam de ses parents. Il est également membre à cette date de l’Hachomer Hatzair, tout comme son frère qui fera son Alyah et vit en kibboutz. 

Henri, grâce à son charisme, devient un des leaders de mai 1968. Adhérent de la Ligue Communiste Révolutionnaire d’Alain Krivine, il devient enseignant en philosophie politique. Comprenant que le trotskisme ne peut pas déboucher politiquement, il se rapproche du Parti Socialiste auquel il adhère durant les années 1980. Il travaille auprès de Laurent Fabius, qu’il conseille et aide par des notes d’analyse politique d’une grande pertinence. D’abord élu a Saint -Denis, il devient ensuite sénateur en Seine-Maritime avant d’être député européen. 

Auteur de nombreux ouvrages, Henri Weber était un homme à la fois drôle, cultivé, capable d’analyses pertinentes et de synthèses fortes. Il a toujours été fier de sa judéité, et a toujours été fidèle à la défense de l’existence de l’Etat d’Israel, même s’il en critiquait souvent la politique. Lui qui comprenait le yiddish et le parlait quelque peu, mérite amplement le qualificatif de Mensch. 

Le Crif présente à son épouse, Fabienne Servan -Schreiber, et à ses enfants, ses plus sincères condoléances.

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Gérard Unger

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