Blog du Crif - Sigmund Freud, fils de Jacob

06 May 2020 | 217 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Lundi 20 novembre, j'ai rencontré le Président français Emmanuel Macron à Paris, accompagné d'une délégation du Congrès Juif Européen (EJC).

La semaine dernière, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) proposait dans sa newsletter et sur ses réseaux sociaux un contenu qui a fait polémique.

Mon discours prononcé au dîner du Crif Grenoble-Dauphiné, le 22 octobre 2017.

Mon discours à la cérémonie d'hommage aux Juifs engagés volontaires qui s'est tenue le 15 octobre 2017 au cimétière de Bagneux.

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Actualité

Des 27 avril au 10 juin 2016, se tiendront les journées nationales des Mémoires de la traite de l’esclavage et de l’abolition.  Souvenons-nous.

Nouvelle erreur de casting - Au lendemain de l'émission Dialogues Citoyens, retour sur Marwen Belkaid, un invité pas comme les autres.

Seuls, nous ne pouvons rien. Tous unis nous pouvons tout.

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Réaction à la célébration du 20ème anniversaire de la mort de François Mitterand

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A quelques jour de notre Convention Nationale j'ai répondu aux questions de Sara Mesnel pour L'Arche 

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Comment les réseaux sociaux sont passés de l'effroi à la solidarité sans précédent avec les telavivim

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Marc Knobel's picture
Les femmes, Daech et le Djihad
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19 November 2015
Catégorie : Actualité

« Une femme retranchée dans l’appartement, qui a activé son gilet explosif au début de l’assaut, est morte »

Vendredi soir en l'espace de moins d'une heure, la France a connu le plus grave attentat jamais perpétré sur son territoire. En l’espace d’une trentaine de minutes, des terroristes ont attaqué la capitale à 7 endroits avec une minutie et une détermination macabres. 129 morts, 350 blessés dont 100 dans un état très grave. Les chiffres donnent le tournis. Moins de 48 heures après cette nuit d’horreur, n’en déplaise à certains, il est juste le temps de pleurer.

Marc Knobel's picture
Des visages sur nos morts
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14 November 2015
Catégorie : Actualité

Les réseaux sociaux se sont mobilisés pour retrouver les personnes portées disparues, ceux dont nous n’avions pas de nouvelles. Les Amis, les familles, les anonymes partagent descriptions, photos et espoir.

Virginie Guedj-Bellaïche's picture
#JeNaiPasPeur
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14 October 2015
Catégorie : Actualité

8H30. Au moment où les employés de la mairie qui font la circulation rangent leurs gilets jaunes, dans les classes, les écoliers ouvrent livres et cahiers. Alors que les hommes sortent de l’office du matin, croisant ceux qui distribuent l’édition du jour du quotidien Israël Hayom, les lycéens patientent à l’arrêt de bus, smartphone en main. Si le rideau de fer des boutiques est encore fermé pour une demi-heure, le cafetier lui prépare déjà son 17e café afour. Voilà à quoi ressemble la vie matinale à Raanana, petite ville près de Tel-Aviv. Et puis hier, mardi, tout a basculé.

Il est temps d'affirmer haut et fort que les islamistes veulent tuer des juifs !

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Lecture du documentaire Sigmund Freud, un juif sans Dieu, de David Teboul*

Pour ce nouveau film-documentaire, David Teboul s’intéresse à Sigmund Freud. Au contraire de rappeler une énième fois qu’il est le « père de la psychanalyse », le réalisateur choisit de souligner qu’il est avant tout le fils de Jacob.

Car, avant d’être un père, Freud a été un fils. Et pas n’importe lequel. Le petit Sigmund né en 1856 en Moravie, dans une famille juive. Lui-même, écrira-t-il, « est resté juif ».

Son père, Jacob, « cet homme peu banal », lui offre une Bible de Philippson, qui accompagnera Freud toute sa vie. Le judaïsme est présent dans cette famille bourgeoise qui déménage à Vienne où l’assimilation est naturelle au milieu d’une société d’intellectuels juifs.

A travers ses correspondances, David Teboul dresse le récit d’un Freud intime. Et d’un Freud qui rêve.

Un Freud qui rêve

Sigmund Freud voit dans l’expérience onirique un guide et en fait la voix/voie royale pour atteindre l’inconscient. A la mort de son père, il s’attèle sérieusement à son premier livre, L’interprétation des rêves, qui paraitra en 1900.

Dans la Torah, Jacob(1) – celui qui rêve – est le père de Joseph(2), qui sauvera sa vie et accomplira son destin, et celui du peuple juif, en interprétant les rêves de Pharaon, en Egypte. Freud, digne fils de son père, Jacob, pouvait-il faire autre chose que d’écrire L’interprétation des rêves ?

Pour ce juif assimilé, attaché aux valeurs du judaïsme mais profondément laïc, les personnages de l’histoire juive feront figure de re-père.

Il se verra en Moïse (auquel il consacrera un ouvrage entier à la fin de sa vie), arrêté par la mort sur le chemin de la Terre promise,  et son disciple, Carl Gustav Jung, en Josué. Il lui écrira qu’il lui souhaite de posséder bientôt « la terre promise de la psychiatrie ».

Freud se rêve en père indépassable mais Jung est un fils rebelle. Il reproche à son mentor ses analyses trop guidées par les théories sexuelles. Dans une lettre d’une grande violence symbolique, Jung rompt définitivement les liens avec Freud.

En 1905, peut-être précisément parce que Jung lui a reproché son grand intérêt pour la chose, Freud publie Trois essais sur la théorie sexuelle. Il y mentionne pour la première fois l’idée d’une sexualité infantile. Si elle est immédiatement condamnée par les médecins viennois, elle s’inscrira bientôt au cœur de la pratique analytique freudienne.

Une science juive

Depuis la déclaration Balfour de 1917, le projet sioniste progresse. Freud accepte de contribuer à La Revue Juive, fondée par Albert Cohen, qui encourage l’élan sioniste en Palestine.

Freud témoigne une sympathie pour le projet sioniste mais émet un jugement réservé quant à sa réalisation. Il soutient cependant l’établissement de l’Université hébraïque de Jérusalem et en salue l’ambition scientifique.

Freud demeura inquiet toute sa vie de voir la psychanalyse devenir « une science juive », même s’il reconnait qu’elle n’a pu être pensée qu’à travers une connaissance certaine du judaïsme.

On peut alors imaginer combien la démonstration trop directe d’un soutien à une ambition juive, ou à une pratique des traditions pouvait paraitre à Freud comme un signal d’alarme, à éviter à tout prix.

Vacillant entre l’incarnation d’un juif convaincu par les valeurs universelles qui traversent la Torah, et celle d’un intellectuel inquiet d’être perçu comme un juif, Freud a traversé la vie d’un endroit à l’autre. Il a finalement été un parfait un juif errant.

David Teboul dessine les contours de la vie privée de Freud. Homme à femmes en cela qu’il en a toujours été entouré, fils de Jacob, et père d’Anna.

Il invite le spectateur à une lecture intime et explore la relation complexe entre le père de la psychanalyse et son judaïsme.

 

*Sigmund Freud, un juif sans Dieu, de David Teboul, à voir sur Arte TV jusqu'au 4 juin 2020. Avec les voix de Mathieu Amalric, Isabelle Huppert, Catherine Deneuve et Jeanne Balibar.

1. Genèse XXVIII, 10-22

2. Genèse XXXVII, 1-11, XL et XLI, 1-46

 

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