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Published on 18 November 2020

Crif - Le judaïsme et la laïcité en 5 dates

Comme l’écrivait Gérard Fellous, "Le judaïsme français s’est toujours montré fortement attaché aux principes fondamentaux de la laïcité" (1). Retour sur quelques dates clés qui révèlent l’attachement des juifs français à la laïcité.

"Face à une laïcité très souvent mal connue ou ignorée par une majorité des citoyens, les juifs de France, qu’ils soient croyants, pratiquants ou non, attachés à leurs origines religieuses ou athées, ont tissé des liens historique, sociologique et philosophique avec cette laïcité consubstantielle à leur citoyenneté et à leur adhésion à la Nation", résume Gérard Fellous (2). 

Histoire du judaïsme et de la laïcité en 5 dates :

 

  • 27 septembre 1791 : Les Juifs de France deviennent citoyens français

L’Assemblée constituante de la Révolution française vote l’accès des Juifs à la citoyenneté par le vote de l’Acte d’Émancipation. Cette loi fait des juifs des citoyens libres et égaux.

Le judaïsme français doit son émancipation aux Lumières et à la Révolution.

 
  • 17 mars 1808 : Création du Consistoire central israélite de France par Napoléon 1er

Après avoir rétabli le culte des israélites le 30 mai 1806, Napoléon réunit en décembre 1806 un grand Sanhédrin. Cette assemblée permit aux autorités rabbiniques d’attester qu’elles intégraient la distinction entre le politique et le religieux. A la question de l’attachement des juifs à la France, la réponse sera également unanime : "La France est notre patrie, les Français sont nos frères". "Les juifs sont prêts à défendre la France jusqu’à la mort".

Puis le 17 mars 1808, Napoléon met en place le Consistoire central de France. Le consistoire a pour objectif d’administrer le culte israélite en France. Il nomme notamment le grand-rabbin de France.

Enfin, l'insritution se fait également le relais de l'intégration harmonieuse et du ralliement aux valeurs de la France républicaine et libérale.

 

  • 9 décembre 1905 : Séparation de l’Eglise et de l’Etat

Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. L’État accepte que les religions s’organisent de façon autonome et leur délègue toute l’organisation de leur structure et de leur culte.

Elle implique la dissociation claire entre un espace politique et civil qui procède de l’universel et le domaine privé, lieu privilégié de la conscience et des croyances religieuses. Le droit religieux (canonique, rabbinique, charia…) doit se soumettre au droit civil, et ne bénéficie d’aucune priorité ou exception.

L’ancien grand rabbin de France Zadok Kahn, a déclaré, lors de l’adoption de la loi de 1905, "Nous faisons bon ménage avec l’État", le judaïsme français ne peut que se louer de plus d’un siècle de coopération avec l’État.

 

  • 1943 : Création du Conseil représentatif des Institutions Juives de France

En 1943, au cours donc de la Deuxième Guerre mondiale, les principales organisations juives de France s’organisent et mettent en place un réseau d’entraide à la population juive, alors privée de ses droits. Aujourd'hui, le Crif est un organe de représentation des institutions juives de France et fédère 73 associations juives françaises. Toutes ensembles, elle représentent la communauté juive organisée, dans sa diversité et sa pluralité.

Le Crif s’inscrit dans une vision républicaine de la société française et défend une vision élargie de l’intérêt général.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France se définit lui-même comme "une institution qui rassemble et fédère, le fait sans considération politique, culturelle et religieuse". Il se veut "une maison française qui bat au cœur de la République".

Richard Prasquier, alors président du Crif, exprimait en 2011 : "Nous tenons à la loi de 1905, symbole de cohésion et d’impartialité nationale". 

 

  • 15 mars 2004 : Loi sur le port ostentatoire de signes religieux à l’école

Dans la continuité de la loi du 28 mars 1882 sur la laïcisation de l’enseignement primaire public selon laquelle l'instruction religieuse est donnée en dehors des édifices et des programmes scolaires, depuis 2004 une loi encadre également le port de signes religieux ostentatoires à l'école. 

Se pose ainsi la question de la présence du religieux, ou plus précisément de l’expression religieuse, dans l’espace public et cela, dans un pays laïc.

Le 15 mars 2004, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics est interdit. Parmi les signes religieux la kippa et le voile intégral islamique (burqa). 

 

Chaque samedi matin, une prière est prononcée dans toutes les synagogues de France pour la République Française.

Ainsi que le proclame le judaïsme français dans ses synagogues : "La Loi de l'Etat est notre Loi".

 

1. Gérard Fellous, dans L’Etude du Crif numéro 28 : « La laïcité française, l’attachement au Judaïsme »

2. Idem

 

Sources :

 

 

 

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