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Publié le 27 Janvier 2020

75 ans - Cérémonie d'inauguration du Mur des Noms rénové au Mémorial de la Shoah à Paris

Il y a 75 ans aujourd’hui, le 27 janvier 1945, le camp d’Auschwitz-Birkenau était libéré par l’armée soviétique. C’est cette date symbolique que le Mémorial de la Shoah a choisi pour inaugurer le Mur des Noms rénové. Ce matin, en présence du Président de la République Emmanuel Macron, une cérémonie d’inauguration avait lieu au Mémorial de la Shoah à Paris. Le président du Crif, Francis Kalifat, était présent.

À l’occasion de la cérémonie commémorant le 75ème anniversaire de la libération des camps d’Auschwitz-Birkenau, Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République, a inauguré le Mur des Noms au Mémorial de la Shoah à Paris. À son arrivée, le président de la République a découvert le Mur des Noms fraîchement rénové.

Ce Mur, inauguré une première fois en janvier 2005 par Jacques Chirac et Simone Veil, est composé d'un ensemble de trois murs en pierre de Jérusalem sur lesquels sont gravés les noms et les dates de naissance de près de 76.000 Juifs déportés de France.

Cette inauguration s'est poursuivie par une cérémonie durant laquelle le président de la République a prononcé un discours.

Le président Nicolas Sarkozy, Christophe Castaner, Ministre de l’intérieur, Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’éducation, Anne Hidalgo, Maire de Paris, Ariel Weil, Maire du 4ème arrondissement de Paris, ainsi que de nombreux élus locaux étaient présents. Le Président du Crif, Francis Kalifat assistait également à la cérémonie.

Mis à l’honneur, de nombreux rescapés parmi lesquels Ginette Kolinka, Yvette Levy, Elie Buzyn, Esther Senot et Francine Christophe. Serge et Beate Klarsfelf, Fils et Filles de déportés Juifs de France, Raphael Esrail, Président de l’Union des déportés d’Auschwitz, Pierre-François Veil, Président de Yad Vashem France et Joel Mergui, Président du Consistoire assistaient aussi à la cérémonie d’inauguration du Mur des Noms rénové.

Le président du Mémorial de la Shoah, Éric de Rothschild, a ouvert la cérémonie. C’est avec une grande émotion qu’il a commencé par saluer les rescapés, dont la présence revêt une importance capitale et hautement symbolique. « Ces survivants sont l’âme du Mémorial de la Shoah » a-t-il déclaré.

Le président du Mémorial s’est dit également très honoré de la présence du Président de la République au Mémorial de la Shoah à l'occasion de l'Inauguration du mur des Noms. Cette rénovation était nécessaire. Il existait en effet des erreurs et celle-ci a pu y remédier.

Ce mur est un lieu de recueillement, de commémoration et de mémoire. C’est le lieu de sépulture symbolique pour ceux qui ont péri dans les ténèbres de l’extermination nazie. Il rend une humanité aux victimes que la barbarie nazie avait nié.

Le président du Mémorial a également rappelé la vertu éducative de ce mur, situé à quelques pas du Mur des Justes, qui montre ainsi qu’une autre attitude était possible pendant la guerre.

La cérémonie s’est poursuivie par la projection d’un court film de témoignages réalisé par le Mémorial de la Shoah. Dans ce film très émouvant, quelques rescapés parmi lesquels Victor Perahia, Yvette Levy, Elie Buzyn, Francine Christophe, sont revenus en quelques mots sur leurs parcours et la nécessité de se souvenir et de transmettre.

Enfin, Emmanuel Macron a prononcé, très ému, un discours.

II s’est dit honoré d’être parmi ces survivants qu’il qualifia de « passeurs de mémoire », en ce jour symbolique de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, où périrent plus d’un million de juifs, tandis que d’autres étaient toujours emportés dans les funèbres marches de la mort.

Parmi les 6 millions de juifs morts pendant la Shoah, « 75 568 juifs étaient français, livrés avec la participation active du gouvernement de Vichy. 75 568 noms, 75 568 actes d’accusation, 75 568 injonctions au souvenir sont gravés à jamais dans la pierre. » a-t-il déclaré.

Ce mur est essentiel, car ceux « qu’on a privé de noms en leur donnant un matricule, y retrouvent une identité », une pierre tombale et une éternité.

« C'est pourquoi cette inauguration est si vitale » a-t-il ajouté. Corriger les dates de naissances, ajouter les noms de ceux qui n’y figuraient pas encore étaient essentiel.

Cependant, 75 ans après la Shoah, l'antisémitisme est toujours d'actualité. « Aujourd’hui encore, en France, parce qu’ils sont juifs, des femmes, des hommes des enfants sont insultés, méprisés, frappés, parfois tués. [...] Cet antisémitisme qui revient n’est pas le problème des Juifs, c’est notre problème à tous. C’est le problème de la République. » 

Le Président de la République a donc insisté sur l’importance de la transmission de la mémoire de la Shoah et de l’éducation, des outils essentiels pour lutter contre l’antisémitisme mais aussi toutes les haines.

 

La cérémonie s’est clôturée par une minute de silence.

 

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