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Publié le 24 Novembre 2005

Un Israélien à Tunis

Invité pour participer au sommet de l’information, Silval Shalom, le ministre israélien des Affaires étrangères, s’est rendu en Tunisie du 15 au 18 novembre 2005. Ygal Palmor, directeur du département du Maghreb et porte-parole du ministre israélien des Affaires étrangères, raconte cette première à laquelle ont participé Pierre Besnainou, Meyer Habib et Gil Taïeb.




Question : Le ministre israélien des Affaires étrangères Silvan Shalom a regagné Israël après un séjour de trois jours en Tunisie où il a participé au Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) organisé par l'ONU à Tunis, le 18 novembre. Accompagné d'une délégation forte d'une centaine de personnes, dont sa mère, Miriam, son frère Tsvi Shalom, ainsi que de la Ministre des télécommunications, Dalia Itzik, le chef de file du Shass, le député Eli Yishai , trois maires, le président du Congrès Juif Européen, Pierre Besnainou, de Meyer Habib, membre de l’Exécutif du CRIF, et Gil Taïeb, président de l’ASI, des diplomates et des experts, Silvan Shalom s'est rendu dans la journée à Gabès, sa ville natale située à environ 370km au sud de Tunis. Il a visité le lieu où il est né il y a 47 ans. Comment s’est déroulé tout ce voyage ?

Réponse :
Ce voyage s’est déroulé sous le signe de l’ouverture. La délégation israélienne est arrivée par un vol spécial ; en fait, le premier vol direct d’Israël a Tunis. Elle a été très bien accueillie par les autorités locales, qui ont tout fait pour faciliter non seulement le séjour à Tunis, mais surtout les visites de Djerba et Gabes. Lorsqu’on tient compte des effectifs en question, de la logistique et des impératifs de sécurité, on apprécie à sa juste mesure l’énorme effort déployé par la Tunisie. Le Ministre Silvan Shalom a pu rencontrer, bien sur, son homologue tunisien, mais également le Ministre du tourisme et le Maire de Tunis, et il a été convié au dîner que le Président Ben Ali avait offert aux chefs d’état réunis a l’occasion du sommet – ce geste exceptionnel n’a pas échappé au fort contingent de journalistes israéliens accompagnant la délégation. Des gros titres avaient été consacrés aux rencontres politiques effectuées pendant ce séjour, mais aussi aux rencontres avec la communauté juive, à Tunis et surtout à Djerba. Bien que Shalom se soit rendu à Tunis dans le cadre d’une conférence internationale parrainée par l’ONU, ce fut la première visite d’un ministre israélien en Tunisie. Il est vrai que l’opinion tunisienne n’a pas entièrement apprécié ce rapprochement, mais les autorités avaient insiste pour qu’elle ait lieu, et dans le meilleures conditions.


Question : Lors de son intervention mercredi devant la plénière du SMSI, le ministre a plaidé pour la normalisation des relations entre Israël et la Tunisie. Qu’a-t-il dit ?

Réponse :
Il a surtout parlé de la nécessité absolue pour les nations de travailler ensemble, dans un esprit de coopération et de convergence, et de faire face aux défis de la mondialisation. Il a évoqué l’occasion historique qui se présente au Proche Orient, après le désengagement israélien de Gaza. Il a expliqué qu’il faut mettre fin à la violence et se lancer sur un autre chemin, celui du travail commun pour des objectifs partagés : le développement, la modernité et la prospérité. Il a également insisté sur le fait que pour ce faire, il est indispensable de ne pas transiger avec le terrorisme. Sur ce dossier également, la coopération régionale est incontournable.


Question : Dans son discours, M. Shalom a plaidé pour la normalisation entre les pays arabes et Israël, mettant l'accent sur la volonté de renouer ses relations avec les pays africains. Pensez-vous que cette normalisation tant souhaitée par Israël soit possible ?

Réponse :
La normalisation devrait être considérée comme souhaitable et possible par quiconque croit en la modernisation des institutions, des économies et des sociétés de cette région. La mise au ban obsessive d’Israël relève d’un archaïsme inacceptable, qui bloque -on le constate facilement - l’évolution des esprits (et pas seulement des esprits) dans nombre de pays. Aucune société ne peut s’intégrer dans la communauté internationale en restant figée sur des préjugés et des réflexes obsolètes. Cet ostracisme à l’encontre d’Israël devrait être déclaré…caduc ! Et avancer vers une solution pacifique et raisonnable du conflit au Proche Orient est aujourd’hui a portée de main, pour autant que l’on abandonne les vieilles attitudes de rejet et d’exclusion qui font le jeu des extrémismes, et que l’on accepte Israël comme voisin et partenaire a part entière.


Propos recueillis par Marc Knobel

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