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Publié le 12 Septembre 2017

#Actu - Le sort des Rohingyas de Birmanie semble n'inquiéter personne, pourtant il est primordial

Pendant de nombreuses années, nos bonnes consciences endormies n'ont pas prêté le moindre intérêt pour le sort de la minorité musulmane persécutée de Birmanie, par Marc Knobel

Publié le 11 septembre 2017 dans le blog du HuffingtonPost

Où que vous soyez dans le monde, le sol peut trembler sous d'autres pieds, ailleurs. Et, cet ailleurs qui semble si lointain est pourtant très proche. A vol d'oiseau, il est probablement derrière nous, devant vous, à quelques lieux de là où nous nous trouvons. En avion, tout juste deux, quatre, sept ou neuf heures de vol. Et vous voilà, ailleurs.

Là, où le sol se dérobe sous les pieds des réfugiés ; là, où les pauvres mendient pour subsister ou ne mendient plus, parce qu'ils sont déjà morts; là, où des enfants cassent de petits cailloux, alors qu'ils n'ont que six ans; là, où l'on tue des gens arbitrairement, là où l'on torture et emprisonne sans jugement; là, où l'on vend un rein pour de l'argent; là, où les flots de réfugiés fuient les guerres, les bombardements, la misère. Tout autour de nous, l'onde de choc des conflits, de la misère, des discriminations, des dévastations, est puissante. Mais, elle ne nous atteint pas directement collectivement, sauf lorsque nous allumons notre poste de télévision et que subitement, il arrive qu'en dînant, des images atroces nous rappellent que le monde peut-être un ensemble confus, incohérent, désordonné et violent.

Pour certains, les secousses ressenties et les répercussions de ces conflits et de cette déshérence seront dramatiques

Exemple? En juin 2016, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, avait exhorté le nouveau gouvernement du Myanmar à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à la discrimination systémique et aux violations continues des droits de l'homme perpétrées à l'encontre des minorités, notamment la communauté musulmane Rohingya dans l'Etat de Rakhine (Centre d'actualités de l'ONU). En février 2017, l'ONU dénonçait une entreprise de répression "généralisée et systématique" à l'encontre de cette communauté, menée essentiellement par l'armée, et qui a abouti à un "nettoyage ethnique". En mars 2017, l'ONU parlait de "crime contre l'humanité." Les Rohingyas, communauté apatride d'environ 1,3 million de personnes, sont de fait considérés par l'ONU comme l'un des peuples les plus persécutés au monde.

En août et septembre 2017, en moins de deux semaines, quelque 165.000 personnes, la plupart des musulmans rohingyas donc, ont fui les violences en Birmanie pour se réfugier au Bangladesh voisin. Et les organisations humanitaires sont débordées par cet afflux (RFI, 7 septembre 2017).

Mais, si le Bengladesh -pays musulman de 160 millions d'habitants- voit arriver ainsi les réfugiés (musulmans), comment se comporte-t-il lui-même à l'égard de ses propres minorités?

La Constitution de la République Populaire du Bengladesh a été adoptée le 4 novembre 1972. Conformément à l'article 2A de la Constitution, la religion d'Etat est l'Islam. Néanmoins, cet article dispose également que "toutes les autres religions peuvent être pratiquées librement sur le territoire de la République Islamique". Mais, Mgr Moses M. Costa, l'archevêque de Chittagong, regrette que les minorités ethniques et religieuses au Bangladesh ne soient pas explicitement désignées dans la Constitution comme une partie de la population disposant de droits particuliers. "Si bien que leurs possibilités de développement sont faibles. Par ailleurs, elles sont souvent discriminées dans leurs recherches d'emploi, et même dans certaines écoles, vu qu'elles ne parlent pas la langue nationale. Lorsque les membres des minorités ethniques souffrent, l'Église souffre aussi, parce que 60 % de nos fidèles font partie d'une minorité" (cité par AED, août 2017).

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