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Publié le 9 Juillet 2018

#Actu #SarahHalimi - Vers une irresponsabilité pénale du meurtrier ?

Plus d'un an après les faits, l'enquête sur le meurtre de Sarah Halimi, prend un nouveau tournant. En février dernier, la juge d'instruction avait décidé de retenir la circonstance aggravante d'antisémitisme dans l'assassinat de Sarah Halimi. Selon la dernière expertise psychiatrique, révélée vendredi 6 juillet, le discernement du meurtrier aurait été "aboli". Le Crif ne peut qu'exprimer son étonnement face de ce retournement de situation et apporte tout son soutien à la famille de Madame Halimi qui fait face à une nouvelle épreuve.

Publié le 6 juillet dans L'Express

L'enquête sur le meurtre de Sarah Halimi, retraitée de confession juive défenestrée dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, prend un nouveau tournant. Selon la dernière expertise psychiatrique, révélée vendredi 6 juillet par Le Parisien, au moment des faits, le discernement de Kobili Traoré, meurtrier présumé, aurait été "aboli". 

Un "état complètement délirant"

Les juges d'instruction avaient demandé à trois psychiatres d'examiner le meurtrier présumé pour déceler, ou non "des anomalies mentales ou psychiques" afin de déterminer s'il était "accessible à une sanction pénale". La demande a été faite deux mois après la mise en examen de Kobili Traoré pour meurtre avec la circonstance aggravante d'antisémitisme. Ils ont conclu que le meurtrier présumé était dans un "état complètement délirant" au moment des faits, et pas uniquement à cause de sa consommation de cannabis. 

Mi-septembre, une première analyse psychiatrique avait été menée par le Dr Daniel Zagury, qui avait estimé que le meurtrier présumé avait agi sous l'emprise d'une bouffée délirante aiguë, dont les effets avaient été démultipliés par une prise massive de cannabis. L'expert expliquait alors que "le caractère pathologique du passage à l'acte ne fait aucun doute, mais que la prise volontaire de stupéfiants permet de considérer que le sujet est partiellement responsable". 

Avec ce nouveau rapport, Kobili Traoré pourrait ne plus être reconnu pénalement responsable du fait de l'article 122-1 du Code Pénal qui dit que: "N'est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes". Les juges d'instruction pourraient donc déclencher un non-lieu.  

"Nous allons demander une contre-expertise"

"J'étais malade" assurait Kobili Traoré en mars. Il était alors incapable d'expliquer pourquoi il avait commis un tel acte de barbarie. "Je ne sais pas, je ne me souviens plus", assurait le jeune homme à chaque question posée sur le mobile du meurtre, répétant: "Je n'arrive pas à décrire ce qui se passait dans ma tête."  

"Nous allons demander une contre-expertise" a réagit Me Jean-Alex Buchinger, avocat des enfants de Sarah Halimi sur Le Parisien. "Ce qui est étonnant, c'est que la juge elle-même a pris l'initiative de cette nouvelle expertise et non l'avocat de Kobili Traoré", a tenu à faire remarquer Me Buchinger. 

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