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Publié le 13 Décembre 2018

Antisémitisme en Europe - Les chiffres de l'enquête de la FRA sur l'antisémitisme commentés par Francis Kalifat

L'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (FRA) a mené une enquête sur l'antisémitisme auprès de la communauté juive européenne. Avec plus de 16 000 personnes interrogées, il s'agit de la plus grande enquête jamais réalisée sur le sujet. Francis Kalifat, Président du Crif, commente les chiffres-clés de cette enquête.

Francis Kalifat, Président du Crif, commente les chiffres-clés de l'enquête de la FRA.

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Francis Kalifat : "Les sentiments de peur et d'insécurité ressentis par 34% des Juifs européens veulent dire une chose très claire : l'antisémitisme est de plus en plus violent, il fait donc de plus en plus peur. Il est passé de l'insulte et du graffiti à la violence physique. Il n'est pas acceptable qu'une large partie de la communauté juive européenne vive dans la peur. 

En France, les forces des sécurité sont extrêmement mobilisées pour protéger la communauté juive. Nous avons connu deux phases de protection : une première phase statique avec une visibilité directe de la protection policière et militaire devant les lieux juifs. Puis, une deuxième phase dynamique avec des déplacement des brigades spécialisées. Ce deuixème type de protection est peut-être moins dissuasif. Cependant, la mise en place de la force Sentinelle répond en partie à l'inquiétude des Français juifs."

 

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Francis Kalifat : "Ce chiffre est très inquiétant et confirme l’enracinement et la banalisation de l’antisémitisme en Europe. Ce pourcentage prouve aussi l'échec des plans de lutte mis en place jusque là."

 

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Francis Kalifat : "Ce chiffre indique avant tout que les chiffres sur l'antisémitisme communiqués par les pouvoirs publics doivent être nuancés puisqu'ils se basent sur les faits dénoncés. Si 80% des Juifs européens ne déclarent pas les faits d'antisémitisme dont ils sont victimes, cela veut dire que nous n'avons qu'une connaissance minime de l'état de la haine antisémite.

Il y a deux raisons pour lequelles la communauté juive ne signale pas les menaces ou agressions antisémites : l'impression que cela ne sert à rien et le sentiment d'impunité, et la relativisation vis-à-vis des actes antisémites les plus graves commis ces derniers mois, à l'image des meurtres de Sarah Halimi et Mireille Knoll.

Le gouvernement a récemment élargi son dispositif de pré-plainte en ligne aux victimes d'actes antisémites. Cette mesure permettra sans doute à la communauté juive de dénoncer plus régulièrement l'antisémitisme dont elle est victime au quotidien." 

 

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Francis Kalifat : "Ce chiffres correspond à ce que l’on pense également en France. Il faut agir plus efficacement sur les plateformes et les mettre face à leurs responsabilités, notamment quant aux signalements de contenus.

Depuis plusieurs mois, le Crif met en place un Observatoire de la haine sur Internet. Cet observatoire va nous permettre d'avoir un état des lieux précis de l'antisémitisme en ligne et de mieux y faire face.

Aujourd'hui, un travail de modération et de signalement est fait par les équipes digitales du Crif afin de rendre l'espace d'Internet plus sûr. Ce travail doit évidemment appuyé par les grands diffuseurs." 

 

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Francis Kalifat : "A la lumière des chiffres précédemment évoqués, on ne peut que comprendre l'interrogation de ces Juifs européens quant à leur avenir en Europe. L'un des résultats les plus terrifiants de la hausse et de la banalisation de l'antisémitisme en Europe, c'est l'inquiétude que l'Europe se vide de ses Juifs.

En France, le sentiment d'insécurité vécu par la communauté juive a donné lieu à une "Alya intérieure". On assiste à un déplacement de la population juive des quartiers dits "difficiles" vers des quartiers plus tranquilles. L'antisémitisme du quotidien leur rend la vie impossible et ils préfèrent alors démménager pour se sentir davantage en sécurité."

 

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