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Publié le 14 Février 2020

Ça s'est passé aujourd'hui - 14 février 1349 : "Le massacre de la Saint-Valentin" à Strasbourg, 2 000 juifs sont brûlés

Il y a peut-être 1, 5, 10 ans ou encore un siècle tout juste, se produisait un événement marquant. Dans cette nouvelle rubrique intitulée « Ça s’est passé aujourd’hui », à l'image d'un éphéméride, le Crif revient sur quelques événements majeurs de l’Histoire date par date.

14 février 1349 : « Le massacre de la Saint-Valentin » à Strasbourg : 2 000 juifs sont brûlés

 

Le massacre des juifs de Strasbourg, connu sous le nom de "massacre de la Saint-Valentin", témoigne d’une flambée de haine à l’encontre juifs, soupçonnés d'avoir empoisonné les puits et propagé l'épidémie de la peste.

À l'origine de ce massacre, l'apparition d'un fléau horrible, la peste noire, qui s'étant déclarée pour la première mois en Europe au cours de cette année, faisait d'effrayants ravages.

Le peuple donnait à la peste une interprétation lourde de menaces pour les Juifs.

On disait que la peste noire était un châtiment envoyé par le Ciel pour punir les princes coupables d'avoir arrêté l'œuvre d'extermination entreprise par Armleder (un boucher à l’origine d’une révolte en 1338) ; d'autre part, on accusait formellement les juifs d'avoir provoqué le fléau en empoisonnant tous les points d'eau : sources, fontaines, citernes. 

La populace, dévastée par les ravages du mal, cherchait un bouc-émissaire : les Juifs, « les assassins de Jésus » étaient tout désignés pour ce rôle.

À Strasbourg, au début de l'année 1349, aucun Juif ne se risquait plus dans la rue. Le Stettmeister de Strasbourg, désireux de protéger ses Juifs contre les violences de la populace, ordonna la fermeture du quartier juif. Des nouvelles alarmantes atteignaient les juifs d'Alsace. Des massacres atroces endeuillaient jour après jour des communautés de Suisse, de Rhénanie et de Haute-Alsace.

Du jour au lendemain, la situation des juifs était devenue intenable à Strasbourg. Les dirigeants firent les plus grands efforts pour détourner le peuple des excès auxquels il paraissait disposé à se porter contre les juifs. Mais cela augmenta l'acharnement contre les juifs. 

9 février 1349

Dès le 9 février, les députés des corporations demandaient l'arrestation de tous les Juifs et leur mise en jugement.

Pierre Schwarber, non seulement repoussa cette requête, mais encore il prononça un discours empreint de grave noblesse pour apaiser le peuple déchaîné. Les députés furieux répondirent par des insultes à son discours : "Ne le savait-on depuis longtemps vendu aux Juifs ?" Pierre Schwarber n'était pas homme à tolérer les écarts de langage des trublions : sur-le-champ, il les fit arrêter tous. Un seul député du groupe parvint à prendre la fuite et son action fut décisive. Sans tarder, il ameuta les corporations qui, toutes, répondirent à son appel en se réunissant, avec la noblesse, place de la Cathédrale. On délibéra sur la conduite à tenir envers les juifs. 

Bouchers et tanneurs étaient les adversaires les plus acharnés des Juifs parce qu'ils avaient contracté envers eux des dettes considérables : ils espéraient liquider en même temps créances et créanciers.

10 février 1349

Le 10 février les émeutiers se rendirent maîtres du gouvernement de la petite république. Ils s'empressèrent de proclamer la déchéance des magistrats qui passaient pour être favorables aux Juifs. Les insurgés nommèrent pour dirigeant le boucher Betschold, connu pour être l'ennemi juré des Juifs.

À cette nouvelle, de nombreux juifs quittèrent Strasbourg à la hâte, cependant que d'autres cherchaient, dans la ville même, un refuge chez des Chrétiens.

13 février 1349

Le vendredi 13 février, malgré les mises en garde des grands notables locaux, Betschold le boucher, nouveau chef de la corporation des métiers, fait cerner le quartier juif. À Strasbourg, la situation déjà grave parvint à son apogée.

14 février 1349

Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, dès l’aube le peuple de Strasbourg se rue dans le ghetto juif. Une fois à l’intérieur, hommes et femmes, enfants et vieillards furent égorgés sans pitié. Dans les maisons incendiées, des familles entières disparurent …

Malgré l'ampleur du massacre, plusieurs milliers de juifs ont survécu. Ils furent tous rassemblés et traînés au cimetière juif. Là s'élevait un grand bûcher auquel on mit le feu. La foule s'acharna avec prédilection sur les petits enfants juifs: ils recevaient le baptême avant d'être jetés au bûcher.

 

Source : La condition des Juifs au Moyen-Age : Le massacre de la Saint-Valentin, en février 1349 par Lazare Landau

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