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Publié le 4 Mai 2020

Ça s'est passé aujourd'hui - 4 mai 1945 : Le camp de Neuengamme est retrouvé complètement vide

Il y a peut-être 1, 5, 10 ans ou encore un siècle tout juste, se produisait un événement marquant. Dans cette nouvelle rubrique intitulée « Ça s’est passé aujourd’hui », à l'image d'un éphéméride, le Crif revient sur quelques événements majeurs de l’Histoire date par date.

4 mai 1945 : Le camp de Neuengamme est libéré par les troupes britanniques, complètement vide 

Neuengamme était un camp de concentration allemand, au sud de Hambourg. Les détenus devaient y effectuer un travail forcé très intense, causant régulièrement la mort par épuisement de nombreux prisonniers.

Au total, 106 000 déportés (dont 13 600 femmes) ont été enregistrés au camp de concentration de Neuengamme. Les déportés juifs (au nombre de 13 000) y ont été en majorité transférés par la SS à partir de l’été 1944, depuis le camp d’Auschwitz-Birkenau, pour travailler à l’économie de guerre.

De 1940 à 1942, des dizaines de milliers de personnes provenant de tous les pays d'Europe occupés sont déportés à Neuengamme pour travailler à l’extraction d’argile pour la production de briques, à la construction de canaux ... À partir de 1942, les déportés deviennent une main-d’œuvre pour l’industrie d’armement.

Chaque jour, des déportés succombent en raison du travail harassant, du manque de vêtements et de la faim, de l’absence de soins médicaux et des conditions d'hygiène épouvantables, ainsi que des mauvais traitements infligés par les SS et les Kapos.

Des expériences médicales ont également lieu pour tester des remèdes contre le typhus et la tuberculose, notamment sur des enfants juifs transférés d'Auschwitz puis assassinés pour effacer toute trace.

A partir de 1942, un four crématoire est installé au sein du camp, pour faire disparaître les corps tandis que l'élimination des détenus jugés incapables de travailler se systématise. 

Le camp est vide

A l'approche des troupes alliées, le camp principal et les kommandos extérieurs, soit près de 54 000 personnes, sont évacués. Les déportés sont traînés d’un camp à l’autre dans les « marches de la mort », particulièrement meurtrières.

Les jours précédents la libération du camp, un Kommando de 700 hommes resté à Neuengamme doit rendre le camp présentable pour restitution.

Sur ordre de la SS, les baraques sont nettoyées, les objets suspects tels que le chevalet et la potence détruits et les dossiers brûlés.

Quelques heures après le départ des derniers déportés et membres SS, les soldats britanniques entrent le 2 mai à Neuengamme dans un camp propre et vide, qui masque largement les traces des crimes qui y ont été commis.

Le 4 mai 1945, le camp est libéré mais plus aucun déporté ne s'y trouve et les traces des exactions nazies sont effacées. Le stratagème fonctionne. Alors que les images de Bergen-Belsen, de Dachau et de Buchenwald témoignent dans le monde entier des horreurs des camps de concentration, aucune ombre persistante n’obscurcit Hambourg.

Enfin, le sort des derniers milliers de déportés transportés vers le port de Lübeck est tragique. Fin avril 1945, plusieurs milliers de déportés sont embarqués sur des « bateaux concentrationnaires ». Mais le 3 mai 1945, suite à une erreur d'appréciation, deux des navires sur lesquels il venaient d'embarquer sont coulés par l'aviation britannique qui suspectait des transports de troupes. Le bombardement est un cataclysme pour les 4 600 déportés entassés sur le Cap Arcona et 2 800 autres sur le Thielbek. Seuls 450 en réchappent.

Cet épisode insiste sur la difficulté à faire connaître l'histoire de ce camp, notamment à la population environnante. C'est essentiellement grâce aux efforts entrepris par les survivants pour que l'histoire de ce camp sorte de l'oubli que Neuengamme est depuis lors devenu un lieu de mémoire à échelle internationale.

 

Souce : Mémoires des déportations

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