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Publié le 23 Avril 2019

Crif - Attentats au Sri Lanka : retour sur les tragiques événements d'une fête de Pâques endeuillée

Dimanche 21 avril 2019, entre 8h30 et 9h du matin, au Sri Lanka, plusieurs explosions retentissent presque simultanément. Le pays est frappé par une série de six attentats meurtriers, contre trois églises et trois hôtels de luxe, le jour de la messe de Pâques. En ce mardi 23 avril, journée de deuil national décrété par le gouvernement, le pays tout entier a observé trois minutes de silence. A l'issue des deux premiers jours de la fête de Pessah, le Crif a appris avec effroi les terribles attaques qui ont endeuillé le Sri Lanka et adresse ses pensées émues aux familles des victimes.

Dimanche 21 avril, des explosions coordonnées ont eu lieu en début de matinée à Colombo, capitale du Sri Lanka, et ses environs, dans plusieurs lieux de cultes chrétiens, tandis que les fidèles sri-lankais se rendaient à l’église pour la messe de Pâques. Trois hôtels – le Cinnamon Grand, le Shangri-La et le Kingsbury – ainsi que l’église catholique de Saint-Antoine, où avait lieu une messe, ont été attaqués et en partie détruits. D'autres églises en banlieue de Colombo ont aussi été visée : parmi elles l'église Saint-Anthony, à Katuwapitiya, puis l'église Saint-Sébastien de Negombo, une ville à majorité catholique.

C'est dans une atmosphère chaotique et endeuillée que le pays s'est réveillée ce dimanche matin. Les célébrations de Pâques de tout le pays ont été annulées par mesure de sécurité. Ces actes d'une extrême violence ont été condamnés par les responsables politiques et religieux du monde entier. 

Les autorités ont rapidement interpellés plusieurs personnes susceptibles d'etre liées à ces attaques d'une violence exceptionnelle, actes que les autorités attribuent au mouvement islamiste local, le National Thowheeth Jama'ath (NTJ).

Deux jours après les attentats, le bilan s'est alourdi à plus de 320 morts.

A l'issu des deux premiers jours de la fête de Pessah, le Crif a appris avec effroi les terribles attaques qui ont endeuillé le Sri Lanka et a adressé son entière solidarité au peuple sri-lankais.

 

Le Président Emmanuel Macron a lui aussi exprimé son émotion et sa solidarité dans les heures qui ont suivi le drame.

 

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Publié le 23 avril sur le site du quotidien Le Monde, sous le titre Attentats au Sri Lanka : le bilan s’alourdit à plus de 320 morts, nouvelles arrestations

Le bilan des attentats du dimanche de Pâques au Sri Lanka s’est alourdi, mardi 23 avril, à 320 morts, dont au moins 45 enfants et adolescents (ONU), après que plusieurs blessés ont succombé à leurs blessures, a annoncé la police locale. Le nombre des blessés reste autour de 500. Le ministère des affaires étrangères sri-lankais a précisé, la veille, que 31 étrangers, dont un Français, avaient été tués.

Les autorités ont interpellé à ce stade quarante personnes dans l’enquête sur ces attaques attribuées à un mouvement islamiste local, le National Thowheeth Jama’ath (NTJ). Les premiers éléments de l’enquête montrent qu’ils ont été commis en représailles au carnage de Christchurch (Nouvelle-Zélande) et en lien avec un groupe islamiste indien, a déclaré, mardi, le vice-ministre sri-lankais de la défense. Cette attaque, perpétrée le 15 mars par un terroriste d’extrême droite contre de deux mosquées en Nouvelle-Zélande, avait causé la mort de cinquante personnes et en avait grièvement blessé plusieurs dizaines d’autres.

Complicités étrangères

Les autorités sri-lankaises enquêtent sur d’éventuels liens de l’organisation avec des groupes étrangers : « Nous ne pensons pas que ces attaques ont été commises par un groupe de personnes cantonnées à ce pays », a déclaré Rajitha Senaratne. « Il y a un réseau international sans lequel ces attaques n’auraient pas pu réussir », a-t-il ajouté.

Le NTJ avait fait il y a dix jours l’objet d’une alerte diffusée aux services de police, selon laquelle le mouvement préparait des attentats contre des églises et l’ambassade d’Inde à Colombo. Ces informations étaient basées sur un signalement d’« une agence de renseignement étrangère ». Le NTJ, sur lequel peu d’éléments sont connus, s’était fait connaître l’an passé par des actes de vandalisme commis contre des statues bouddhiques.

Maithripala Sirisena, le président du Sri Lanka, a décrété l’état d’urgence dans l’ensemble du pays à partir de lundi minuit. En outre, un couvre-feu est instauré dans la capitale Colombo de 20 heures à 4 heures. Après les attaques de dimanche, les autorités avaient décrété un premier couvre-feu, qui a été levé à 6 heures locales lundi matin.

Les opérations de déminage se poursuivent. Une explosion s’est produite au cours de l’une d’entre elles lundi, dans une camionnette arrêtée à proximité d’une église frappée la veille par un des attentats-suicides. On ignore dans l’immédiat si cette déflagration a fait des victimes. La police a également découvert 87 détonateurs de bombes dans une gare de bus de Colombo.

Pour limiter la fréquentation de la voie publique, ce pays de 21 millions d’habitants a déclaré deux jours fériés. Les écoles et la Bourse de Colombo restaient fermées. De nombreux Sri-Lankais devaient toutefois se rendre au travail.

Réseaux sociaux bloqués

La déclaration de l’état d’urgence accorde à la police et à l’armée des pouvoirs élargis, notamment la possibilité d’arrêter et d’interroger des suspects sans autorisation préalable de la justice. Ce régime a été en vigueur pendant plusieurs périodes de la guerre contre les séparatistes tamouls. La présidence affirme qu’il n’empiétera pas sur la liberté d’expression dans le pays.

Facebook et ses services WhatsApp et Instagram ont été bloqués, a annoncé par le portail d’information officiel du gouvernement sri-lankais, qui justifie ce blocage par la diffusion de « faux reportages ». L’observatoire NetBlocks a détecté une coupure de ces plates-formes ainsi que de YouTube, Snapchat et Viber. Twitter ne semblait pas affecté.

En France, deux lignes téléphoniques ont été mises à disposition par le Quai d’Orsay, l’une pour les voyageurs au départ de France (01-43-17-51-00), l’autre pour ceux qui sont au Sri Lanka (0094-11-26-39-442). Idem du côté britannique, où le site du gouvernement recommande aux touristes de « limiter leurs mouvements » jusqu’à « la levée du couvre-feu » et de suivre les instructions des autorités locales.

Le département d’Etat américain, selon qui au moins quatre Américains ont été tués dans les attentats, a lui aussi adressé une mise en garde aux voyageurs : « Des groupes terroristes continuent à préparer de possibles attaques au Sri Lanka » et a appelé les ressortissants américains à « une prudence accrue ». « Des terroristes peuvent attaquer sans préavis ou quasiment, en ciblant des endroits touristiques, des hubs de transport, des centres commerciaux » et d’autres endroits comme des hôtels, des clubs, des restaurants et des lieux de prière.

Le président américain, Donald Trump, a, pour sa part, appelé lundi le premier ministre du Sri Lanka, Ranil Wickremesinghe, pour lui présenter ses condoléances. Ces « attaques quasi simultanées (…) sont l’un des actes terroristes les plus meurtriers depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Le président Trump a promis le soutien des Etats-Unis au Sri Lanka pour déférer les auteurs devant la justice, et les deux dirigeants ont réaffirmé leur engagement à lutter contre le terrorisme mondial », peut-on lire dans un communiqué de la Maison Blanche.

 

 

 

 

 

 

 

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