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Publié le 13 Octobre 2020

Crif - Facebook interdit enfin les contenus négationnistes partout dans le monde

Enfin ! Après des années de travail de la part des institutions et associations de lutte contre la haine pour sensibiliser Facebook au sujet du négationnisme, le géant des réseaux sociaux prend ses responsabilités. Le Crif salue vivement cette décision et estime qu'elle est une avancée majeure pour la lutte contre la haine en ligne.

 

Communiqué de Facebook - 12 octobre 2020

Aujourd'hui, nous mettons à jour notre politique sur les discours de haine pour interdire tout contenu qui nie ou déforme l'Holocauste.
 
Les organisations qui étudient les tendances du discours de haine signalent une augmentation des attaques en ligne contre de nombreux groupes à travers le monde, et nous poursuivons nos efforts pour les supprimer. Nous avons interdit plus de 250 organisations suprémacistes blanches et mis à jour nos politiques pour nous attaquer aux milices et à QAnon. Nous interdisons également régulièrement d'autres personnes et organisations dans le monde, et nous avons supprimé 22,5 millions de discours de haine de notre plateforme au deuxième trimestre de cette année. Après une année de consultation avec des experts externes, nous avons récemment interdit les stéréotypes antisémites sur le pouvoir collectif des Juifs qui les dépeignent souvent à la tête du monde ou de ses principales institutions.
 
L’annonce d’aujourd’hui marque une nouvelle étape dans nos efforts pour lutter contre la haine sur nos services. Notre décision est soutenue par la montée bien documentée de l'antisémitisme dans le monde et le niveau alarmant d'ignorance au sujet de l'Holocauste, en particulier parmi les jeunes. Selon une récente enquête menée auprès d’adultes américains âgés de 18 à 39 ans, près d’un quart ont déclaré croire que l’Holocauste était un mythe, qu’elle avait été exagérée ou qu’ils n’en étaient pas sûrs.
 
Les institutions axées sur la recherche et la mémoire sur l'Holocauste, comme Yad Vashem, ont noté que l'éducation sur l'Holocauste est également un élément clé de la lutte contre l'antisémitisme. À partir de la fin de cette année, nous dirigerons donc les internautes vers des informations crédibles hors de Facebook s'ils recherchent des termes associés à l'Holocauste ou à son déni sur notre plateforme.
 
Depuis de nombreuses années, nous travaillons avec des communautés du monde entier pour nous aider à comprendre comment la haine, y compris l'antisémitisme, s'exprime en ligne. Ces efforts ont inclus des discussions régulières avec des groupes qui ont une portée mondiale, comme le Congrès juif mondial et le Comité juif américain, ainsi que des organisations axées sur la protection des communautés juives locales telles que Community Security Trust au Royaume-Uni. Nous avons également travaillé avec des institutions et des groupes de lutte contre la haine et l’antisémitisme tels que le Centre Simon Wiesenthal.
 
L'application de ces politiques ne peut se faire du jour au lendemain. Il existe une gamme de contenus qui peuvent enfreindre ces politiques, et il faudra un certain temps pour former nos examinateurs et nos systèmes à l'application. Nous sommes reconnaissants à de nombreux partenaires pour leur contribution et leur franchise alors que nous travaillons à la sécurité de notre plateforme.
 

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Publié le 12 octobre dans Le Monde sous le titre Facebook interdit désormais les messages négationnistes partout dans le monde

Facebook a annoncé lundi 12 octobre que les messages négationnistes, qui « nient » ou « déforment la réalité de l’Holocauste », seront désormais interdits sur sa plate-forme dans le monde entier. Les messages niant la réalité de l’extermination, par l’Allemagne nazie, de six millions de juifs, sont interdits par la loi dans plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne. Dans ces pays, Facebook modérait les messages négationnistes, mais ces derniers restaient autorisés dans de nombreux autres pays, dont les Etats-Unis.

Ils seront désormais systématiquement effacés, annonce Facebook, qui dit avoir changé sa politique face à « une hausse bien documentée de l’antisémitisme dans le monde entier » et en constatant « le niveau inquiétant » du nombre de personnes qui pensent que la Shoah n’a pas eu lieu ou a été « exagérée ». L’interdiction sera mise en place progressivement, et les recherches concernant la Shoah sur Facebook redirigeront bientôt les internautes vers « des sources crédibles d’information extérieures à Facebook ».

Il y a encore deux ans, Mark Zuckerberg défendait le droit des utilisateurs de ses plates-formes à « se tromper », même sur des sujets aussi graves que celui-ci. « Je ne crois pas que notre plate-forme doive supprimer les messages [négationnistes], parce qu’il y a des choses sur lesquelles des gens se trompent. Je ne pense pas qu’ils se trompent de manière intentionnelle. » M. Zuckerberg, qui est juif, avait ensuite précisé qu’il n’avait en « aucune manière voulu défendre les intentions des personnes qui nient la réalité de l’Holocauste ».

Dans un message publié ce 12 octobre sur son compte personnel, M. Zuckerberg explique avoir « longtemps lutté avec la tension qui oppose la défense de la liberté d’expression et la négation des horreurs de l’Holocauste ». « Ma réflexion a évolué en voyant les données qui montrent l’augmentation des actes de violence antisémite », écrit le fondateur de Facebook.

 

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