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Publié le 13 Juin 2018

#Crif - La Commission d'Etudes Politiques a reçu Denis Charbit

Au mois de mai, la Commission d’Etudes Politiques du Crif a reçu le Professeur Denis Charbit pour un état des lieux de la société israélienne et de ses institution.

La Commission d’Etudes Politiques du Crif, présidée par le Professeur Raoul Ghozlan, a reçu le Professeur Denis Charbit pour parler des thèmes suivants :

- Etat des lieux de la société israélienne

- Le conflit israélo palestinien, la Cour suprême et les ONG

Denis Charbit a été appelé aux fonctions de politiste à l’Université ouverte d'Israël à Raanana. C’est un brillant conférencier, auteur de plusieurs ouvrages, le dernier étant « Israël et ses paradoxes ».

Malgré les profonds clivages au sein de la société Israélienne, il ne semble pas exister de spectre de guerre civile.

On peut distinguer plusieurs clivages dans la population israélienne dont le plus important est celui qui oppose la population arabe d’Israël, qui s'élève à 1,8 million d’habitants, soit 20% de la population israélienne, et la population juive. Il n’existe pas, à proprement parler, de nation israélienne mais des citoyens israéliens. Il n’existe pas de projet politique supposé faire « fondre » en une seule nation ces deux groupes constitutifs de la société israélienne.

Ce clivage touche à l’histoire, à la religion, à la langue et à l’avenir d’Israël.

L'autre clivage concerne le peuple juif et la diversité du judaïsme en son sein que l'on retrouve dans la société israélienne, et dont une des expressions est le taux de fécondité. On trouvera deux à trois enfants dans une famille laïque et de 5 à plus de dix enfants dans les familles religieuses.

En 2015, le Président Reuvlin a déclaré : nous vivons dans une société constituée de "quatre tribus" dont la part de chacune dans la population sera égale, à hauteur de 25 %:

  • la "tribu arabe"
  • la "tribu" ultra-orthodoxe
  • la "tribu sioniste-religieuse"
  • la "tribu laïque"

Il faut développer un discours civique entre ces 4 groupes qui se distinguent par des mœurs et des styles de vie différents, sinon opposés.

Israël est fondé sur le communautarisme.

C’est ainsi que les Arabes se rendent dans un environnement juif pour travailler, mais reviennent dans leur propre environnement en fin de journée. Notons que la population arabe ne partage pas forcément les idées et le style du discours politique tenu par les députés arabes israéliens.

Tous les rapports de l’OCDE montrent que la croissance future en Israël dépend de l’entrée sur le marché du travail de deux groupes sociaux qui y sont faiblement représentés aujourd'hui  : 30% des hommes ultra-orthodoxes et 30% des femmes arabes musulmanes.

Les Arabes israéliens font des efforts pour s’intégrer ; Ils sont conscients des avantages que leur procure Israël, mais n'oublient pas qu'à Gaza, par exemple, vivent leurs frères palestiniens. Un vrai dilemme.

Israël est une démocratie parlementaire. La justice est indépendante alors même qu'Israël n’a pas de constitution.

Pour voter ou modifier une loi, il faut une majorité simple à la Knesset. A partir de 1995, une révolution constitutionnelle a eu lieu grâce à laquelle la Cour suprême peut abolir une loi votée par la Knesset si elle est jugée contraire au caractère juif et démocratique de l'Etat d'Israël et à l'esprit de la Déclaration d'Indépendance.  Le droit de déposer une requête à la cour a été élargi et les ONG (Beit Tselem, Human Right Watch, Amnesty International) peuvent saisir la Cour pour demander qu'elle serve d'arbitre entre elles et l'Etat.

Par ailleurs, toute décision prise par un tribunal rabbinique est soumise à la Cour suprême. Il y a un conflit entre la Présidente de la Cour suprême (Esther Hayout) et la ministre de la Justice (Ayelet Shahad). La ministre accuse la Présidente d’être déconnectée de la société israélienne de par le profil trop  homogène des juges.

La Cour suprême est composée de 15 juges d’une grande qualité professionnelle et morale. Elle est à la fois Cour d’appel et Haute cour de justice.

Son intervention dans le conflit israélo palestinien s’exerce dans l’équilibre entre l’exigence de sécurité et le respect des droits de l’homme.

Sa jurisprudence est très peu critiquée par les Palestiniens et cela entraîne une tension entre le pouvoir judiciaire, le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif.

Tout récemment, il faut retenir le dernier arrêt de la Cour suprême qui juge « légale » la conduite de Tsahal sur la frontière de Gaza qui avait été saisie par l’association « Yesh Din ».

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