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Publié le 11 Avril 2018

#Crif - La Commission Relations avec les Elus a reçu Philippe Dallier, vice-Président du Sénat

La Commission Relations avec les Elus présidée par Bernard Gahnassia a reçu Philippe Dallier, Sénateur de Seine Saint Denis et vice-Président du Sénat en présence du Président du Crif, Francis Kalifat.

Philippe Dallier est Président du Groupe d’Amitié France/Israel au Sénat, mais à quoi servent ces groupes d’amitié ?

« Il existe au Parlement, Assemblée Nationale et Sénat, des groupes d’amitié pour presque tous les pays du monde. Leur but est le renforcement des liens de toutes natures entre la France et ces pays par ce que l’on appelle la diplomatie parlementaire. Je suis d’ailleurs membre de plusieurs groupes d’amitié mais Israël est un pays qui m’intéresse particulièrement. C’est d’abord la seule démocratie dans un océan de dictatures. C’est aussi un pays qui lutte depuis 70ans pour sa survie et qui a besoin d’appui. Aussi j’ai souhaité présider ce groupe d’amitié par conviction et par sympathie. Au Sénat, nous organisons des rencontres thématiques, des colloques, des petits déjeuners, et des déplacements ; nous accueillons également des parlementaires israéliens, juifs et arabes, qui siègent à la knesset, ce qui nous permet d’échanger sur différents sujets . En mai prochain je conduirai une délégation en Israël puis les 16 et 17 mai nous accueillerons le Président de la Knesset qui sera reçu officiellement au Sénat où sera signé, avec le Président LARCHER, un accord de coopération entre nos deux Assemblées. 2018 est une année particulière, l’anniversaire des 70 ans de la création d’Israël et de l’établissement de nos relations diplomatiques  ainsi que l’année culturelle croisée France-ISRAEL , donc une année assez dense. »

Francis KALIFAT tient à préciser que Philippe DALLIER est un véritable ami d’ISRAEL , il continue son propos en évoquant l’annonce du Premier Ministre du plan pour la lutte contre l’antisémitisme et le racisme, la volonté de faire évoluer la législation française dans ce sens, la prise de conscience  du lien évident entre l’antisémitisme et l’antisioniste.

« Je vis dans le 93, et l’antisémitisme je l’ai vu se développer avec la haine d’Israël . Il existe aujourd’hui un véritable islamo gauchisme qui, à visage découvert,  fait beaucoup de mal en propageant cette haine d‘Israël  qui mène beaucoup de jeunes à l’antisémitisme. Tous les gouvernements  ont été d’une grande faiblesse et la France aura du mal à peser toute seule dans cette lutte contre l’antisémitisme qui se cache sous un antisioniste revendiqué. il faudrait d’ailleurs que l’Europe s’unisse dans cette lutte, qu’il y ait enfin un contrôle efficace  des réseaux sociaux en pesant au niveau européen  mais j’avoue être très pessimiste. Quant à la question de corréler automatiquement, en droit, antisioniste et antisémitisme, c’est un point très délicat. Si dans les propos de certains individus, ce lien est une évidence, en droit, le Conseil Constitutionnel censurerait toute disposition toute disposition liant automatiquement l’un à l’autre. Il faudrait soumettre cette question à d’éminents juristes mais il faudrait surtout poursuivre systématiquement  ceux dont les propos ne laissent aucun doute. »

« J’ai grandi à Bondy dans les années 60, dans l’un de ces quartiers qui ont très mal tourné à partir des années 80.  Alors qu’il existait à l’origine une véritable mixité sociale avec des populations d’origines pourtant très diverses et notamment une communauté juive très vivante, j’ai vu, au fil du temps, ce quartier, comme beaucoup d’autres en Seine-Saint-Denis, se paupériser, ne pratiquement plus accueillir que des populations d’origines étrangères toujours plus pauvres. Dans ces conditions, l’intégration au sens des années 60 et 70, est devenue un leurre. J’ai également vu la communauté juive s’étioler. Beaucoup ont quitté le département parce qu’ils ne s’y sentaient plus en sécurité. Cet échec, c’est d’abord celui de la République qui n’est pas assez présente, pour ne pas dire qu’elle a déserté ces territoires. Il nous faudrait enfin des moyens à la hauteur des problèmes, dans nos écoles, dans nos commissariats, au tribunal de Bobigny. Cela n’a jamais été le cas. La conséquence, c’est la montée du communautarisme, le repli sur soi qui sont l’antithèse de la République mais aussi des quartiers mis en coupe-règlée par les trafiquants en tous genres. Face à cette situation, les élus locaux ont bien peu de moyens et parfois la tentation électoraliste accentue le mal. »  

«   Je suis de droite mais peut-être une droite plus sociale qui parle à toutes les catégories de Français. On ne peut reconquérir le pouvoir que lorsque l’on aura récupéré l’électorat de droite plus modérée actuellement séduit par LREM . Mais il nous faut, dans le même temps, incarner une droite républicaine très ferme sur les sujets régaliens. La situation à droite n’est actuellement pas idéale. Les Républicains doivent se reconstruire, une reconstruction nécessaire avant les prochaines élections les municipales, et les européennes . »

Plusieurs sujets préoccupants ont été abordés par les commissaires présents : le BDS , l’Iran,  la modification de la Constitution en France , la prise de position de l’Unesco, enfin sur Jérusalem ?

« Concernant le BDS , et la désinformation sur le sujet, j’ai adressé à mes collègues une note explicative en ma qualité de Président du Groupe d’amitié France/ Israel, rappelant son caractère illégal.

Sur l’Iran, on ne peut que s’inquiéter de la manière dont tournent les choses au Moyen-Orient et le respect de l’accord sur le nucléaire est une nécessité absolue. Il ne peut avoir de doute.

Sur la modification de la Constitution, je crains que, contrairement aux réformes précédentes, qui toutes sont allées dans le sens d’un rééquilibrage des pouvoirs en faveur du Parlement et des citoyens, on aille aujourd’hui vers une certaine recentralisation  que ressentent également les élus locaux. 

La prise de position de l’Unesco sur Jérusalem a été ressentie comme une négation absurde de son histoire.  J’ai d’ailleurs, à l’époque, interrogé le gouvernement sur la position de la France. Quant à la relance du processus de paix, il semble que nous en soyons bien loin aujourd’hui mais la solution à deux états me semble toujours la seule praticable. » 

Anne Brandy

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