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Publié le 22 Juin 2020

Crif - Le service Passerelles du FSJU : créer, et maitenir du lien

Tout au long de l'année, le service Passerelles du Fonds Social Juif Unifié (FSJU) accompagne des milliers de survivants de la Shoah. Pendant la crise sanitaire du Covid-19, le service a redoublé d'efforts pour poursuivre ses missions. Andrée Katz, Directrice du service Passerelles, nous raconte comment se sont organisés ces derniers mois.

Depuis sa création, en 1950, le Fonds Social Juif Unifié (FSJU) soutient et accompagne les survivants de la Shoah. 

Conscient de l’existence d’un besoin fort d’écoute et d’assistance, le FSJU, en partenariat avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS), a mis en place en 2002 le service Passerelles. Ce service est dédié à l’écoute, à l’orientation et à l’aide aux survivants de la Shoah.

Contacté par des milliers de survivants, il permet le maillage entre eux et les lieux de socialisation, les structures mémorielles ou les organismes d’aide sociale.

Tout au long de l'année, le service Passerelles accompagne près de 3000 personnes à travers la France, dont 150 environ au quotidien. 

Maintenir du lien

Pendant la période du confinement et de la crise sanitaire du Covid-19, le service Passerelles a redoublé d'efforts pour venir en aide à celles et ceux qui en avaient besoin. "Tout le monde était sur le pont pour continuer à poursuivre les missions du service Passerelles pendant le confinement" nous explique la dynamique Andrée Katz, Directrice du service. "Tous nos bénévoles habituels se sont mobilisés, accompagnés de nouveaux bénévoles, mais également nos correspondantes régionales qui se sont montrés extrêmement présentes face à l'urgence de la situation. Les psychologues en région, qui gèrent habituellement des groupes de parole, ont aussi été très mobilisés" précise t-elle.

Pendant le confinement, la mission principale de Passerelles a été de maintenir du lien avec les survivants de la Shoah. "Nous nous sommes organisés afin de transférer toutes les bases de données et les centres d'appels chez nous. Nous avons pu mettre en place un système d'appels à un rythme plus ou moins soutenu, selon les besoins de chacun. Ces appels de 30 à 45 minutes étaient des moments d'échanges et de partages, mais aussi l'occasion de rassurer certaines personnes." souligne Andrée Katz. 

Le service Passerelles a pu compter sur d'autres acteurs associatifs majeurs tels que les Eclaireurs et Eclaireuses Israélites de Frances (E.I.), et l'Union des Etudiants Juifs de France (UEJF) qui ont notamment beaucoup oeuvré au bon déroulement des livraisons de colis alimentaires.

"Nous avons aussi pu compter sur le soutien de François Gérard, un homme qui s'est rapproché de Passerelles pour proposer son aide bénévole pendant le confinement. Grâce à son mouvement "CitoyensBénévoles", un immense réseau de bénévoles s'est mis en place. Ils ont été formidables" s'enthousiasme Andrée Katz. 

Au-delà des appels, des livraisons de colis alimentaires, et des distributions de matériel sanitaire, Passerelles a eu à coeur d'apporter des petites attentions quotidiennes comme nous l'explique Andrée Katz. "Pendant Yom Hashoah par exemple, nous avons été particulièrement attentifs et avons multiplié les appels. C'est une période durant laquelle les survivants de la Shoah aiment se retrouver autour de cérémonies mémorielles. Cette année, nouus avons dû nous adapter."

Quelques mois avant le début de la crise sanitaire, Passerelles avait organisé un voyage en Israël pour 70 survivants de la Shoah. Il était prévu de leur remettre à chacun un album photos souvenir de ce séjour. Il leur a donc été envoyé par la Poste. "Vous ne pouvez pas savoir à quel point cet album photo a été important pour eux ! Ca a été un véritable rayon de soleil !" confie la Directrice.

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Voyage en Israël pour 70 survivants de la Shoah !

Se retrouver... "très bientôt" ?

Quand on lui demande comment les survivants de la Shoah ont vécu cette période du confinement, Andrée Katz est plutôt optimiste. "Cette période a été vécue avec une certaine relativité vis-à-vis de la gravité de la situation, au regard de ce que la plupart avait déjà connu. Le confinement a été vu comme une forme de protection, quelque chose de plutôt rassurant donc. Malgrè un isolement parfois dur à gérer pour certains, ces quelques mois n'ont pas été trop mal vécus". 

C'est plutôt maintenant que les choses se compliquent. "Les personnes avec lesquelles nous échangeons nous font part de leur difficulté à sortir du confinement. Il y a beaucoup de peurs liées au déconfinement, à la réutilisation des transports ou encore à l'incertitude face à la maladie. Et puis, l'isolement revient peu à peu. Tout ce qui a pu être mis en place pendant le confinement, cette attention particulière envers les personnes fragiles, diminue à mesure que la vie reprend... Cette période va laisser des marques indélébiles, c'est certain." explique Andrée Katz.

Les missions du service Passerelles, vous l'aurez compris, ne s'arrête pas aux limites de la crise sanitaire. Chaque année, le service propose le programme "Bel été", soit des activités et des rencontres destinées aux survivants de la Shoah tout au long du mois d'août. "Cette année, Passerelles maintient "Bel été" ! Nous devrons simplement l'adapter afin de respecter les mesures sanitaires. Le programme sera proposé en Ile-de-France, ainsi qu'à Toulouse et à Strasbourg. Beaucoup nous demandent quand nous pourrons nous retrouver et reprendre les activités. Nous travaillons dans un seul but : leur répondre 'très bientôt'" conclue Andrée Katz.

Le service Passerelles agit en partenariat avec des associations et services sociaux tels que le Réseau Ezra, l'ASJ, la fondation Casip-Cojasorl’OSE et les CASI (Centre d’Action Sociale Israélite) en France,  ainsi que tout organisme public et service à la personne.

Marie-Sarah Seeberger

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