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Publié le 19 Septembre 2019

Crif/Alfred Dreyfus - L'antisémitisme de l'Affaire Dreyfus, un point décisif pour le projet sioniste de Theodor Herzl

Le 5 janvier 1895, un journaliste viennois assiste à la condamnation d'Alfred Dreyfus et comprend avec stupéfaction que le capitaine a été condamné non pas en tant que traître, mais en tant que juif. Ce journaliste s'appelle Theodor Herzl.

Nous sommes en 1891. Le journaliste autrichien Theodor Herzl devient le correspondant à Paris du quotidien viennois Neue Freie Presse.

Quelques années plus tard, le 5 janvier 1895, le capitaine Alfred Dreyfus est accusé à tort de trahison dans l’armée française. Il est alors dégradé et envoyé au bagne. En cette matinée glaciale de janvier, Theodor Herzl est le témoin des insultes haineuses et vengeresses à l'encontre d'Alfred Dreyfus. Les mots scandés "Mort aux Juifs ! À mort le traître ! À mort Judas ! " finissent de le convaincre que le capitaine a été condamné non pas en tant que traître, mais en tant que juif.

L'ampleur des campagnes anti-juives choque profondémment Theodor Herzl. La déception est grande pour ce journaliste qui voit la France comme le pays des Droits de l'Homme et qui ne peut imaginer une seconde qu'un antisémitisme aussi pernicieux puisse y avoir une place. Non seulement il y a une place mais, pire, il réussit à diviser pronfondémment la France qui se composera bientôt de deux factions : les Dreyfusards et les anti-Dreyfusards.

"Le procès Dreyfus a fait de moi un sioniste"

Le caractère terriblement antisémite de l’affaire vient confirmer l'idée de Theodor Herzl que l'émancipation et l'assimilation des Juifs européens ne fonctionne pas et qu'il faut touver autre chose pour assurer la survie des Juifs. Pour le journaliste viennois, habitué depuis l'enfance à un antisémitisme latent, l’intégration des juifs est impossible car ces derniers sont constamment renvoyés à leur statut même de juif.

Cette idée, à peine quelques années plus tard, aboutira à la construction du projet sioniste. En 1899, Theordor Herzl écrira d'ailleurs "Le procès Dreyfus a fait de moi un sioniste", explicitant parfaitement le point décisif qu'a été l'antisémitisme soulevé par l'Affaire Dreyfus pour son projet politique. 

Un an après la condamnation du capitaine Dreyfus, Theodor Herzl publie un ouvrage d’une centaine de pages rassemblant ses idées : L’Etat Juif (Der Judenstaat). L'année d'apès, en 1897, il tient à Bâle le premier congrès sioniste mondial. 

Théodore Herzl devient ainsi l'une des personnalités les plus importantes du projet sioniste.

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