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Publié le 17 Juillet 2017

#France - Pour commencer avec l'affaire Halimi, par Patrick Klugman

Le meurtrier présumé de cette femme juive assassinée en avril à Paris a été mis en examen mercredi pour homicide involontaire, sans que le caractère antisémite ne soit retenu comme circonstance aggravante. Une instruction trop vite bouclée ?

Devant l’ampleur et les circonstances cruelles du meurtre de Sarah Halimi, une plume énervée devrait entamer son propos par : «pour en finir avec…» Hélas, la justice en a décidé autrement.

Nous aurions dû être soulagés par l’annonce de la mise en examen qui éloigne la perspective d’une issue médicale à cette affaire. Malheureusement la mesure annoncée exacerbe la plaie qu’elle devrait apaiser en ne retenant (si on se fie aux informations parues) aucune circonstance aggravante. Aucune : pas de préméditation, pas de séquestration suivie de mort, pas d’actes de torture, surtout pas d’antisémitisme !

Je n’affirme pas, surtout en n’ayant pas eu accès au dossier, que K.T. se soit rendu coupable d’aucune de ces infractions. Mais, la mise en examen fixe le cadre et les limites de l’instruction pour ce qui concerne un suspect. En somme, le magistrat instructeur estime en commençant son travail qu’il s’interdit a priori de considérer, jusqu’à l’hypothèse que le crime fut antisémite !

Tous les doutes sont permis, mais lui sans enquêter, interroger, confronter, sait déjà que ce n’était pas un meurtre antisémite. Voilà le scandale.

Publié dans Libération le 14 juillet 2017, lire l'intégralité ici 

A lire aussi : #France - L'affaire Sarah Halimi et le tabou du nouvel antisémitisme

 

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