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Publié le 5 Septembre 2019

Hommage - Décès d'Albert Veissid, survivant de la déportation

Nous apprenons avec tristesse le décès d'Albert Veissid, survivant de la déportation. Il s'est éteint à l'âge de 95 ans. Ne l'oublions jamais.

Albert Veissid est né à Constantinople le 22 mai 1924.

Il est arrêté en juillet 1943 à Lyon où il est vendeur dans un magasin de tissus. Il est interné à Lyon, puis à Marseille au camp Malaval. Il est ensuite affecté dans un GTE (Groupe de Travailleurs Etranger) en septembre 1943 à Miramas. Ce GTE est composé de juifs apatrides, et dépend de l’organisation allemande Todt. "On effectuait des travaux de terrassement 12 heures par jour et on souffrait davantage du froid attisé par le mistral que de la mauvaise nourriture qui pouvait être améliorée par les colis des familles" avait-il expliqué.

Le 28 février 1944, Albert Veissid est arrêté par la Gestapo et est emprisonné aux Baumettes (prison de Marseille) avant son départ pour Drancy. Le 30 mai 1944, il est déporté par le convoi n° 75 à Auschwitz-Birkenau où il reçoit le matricule 12063. Il travaille d'abord comme maçon à la consolidation d'un blockhaus à l'extérieur du camp.

Albert Veissid rejoint ensuite l'orchestre du camp en tant que clarinettiste, ce qui le sauve d'un Kommando de travail extrêmement pénibleEnième simulacre de diversion pensé par l'idéologie nazie, l'orchestre servait à dissimuler l'horreur des camps d'extermination. Les déportés y jouent des airs classiques dans une ambiance macabre, accompagnant chaque jour les départs et retours des Kommandos de travail. Le dimanche, l'orchestre était sommé de jouer pour le divertissement des SS, cherchant à tromper leur ennui.

Le 18 janvier 1945, le camp d'Auschwitz-Birkenau est évacué et les déportés entament alors la Marche de la mort. Albert Veissid rejoint ainsi le camp de Buchenwald, dans un état terrible de fatigue et de maladie.

En 2009, le nom d'Albert Veissid avait été découvert parmi des noms polonais sur un papier enfermé dans une bouteille, que des maçons avaient dissimulée dans le mur d'un entrepôt, devenu après-guerre une école. La note, datée du 20 septembre 1944, explique qu'ils sont huit, sept Polonais chrétiens et un Français, employés à construire un abri antiaérien. Son nom avait été inscrit à son insu. En 2009, le document révélé, Albert confiait vivre "la plus grande surprise de (sa) vie" (Le Parisien).

A la libération des camps, Il rejoint enfin la France par train, où sa famille peine à le reconnaître. "J'étais un squelette. Une semaine de plus, je ne revenais pas", a t-il confié. Après trois années de sanatorium, Albert travaille comme musicien puis se marie et devient marchand dans les années 1950. Albert Veissid était père de deux enfants et grand-père de trois petits-enfants.

Albert Veissid a reçu les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur en mai 2016. Son nom est inscrit sur le Mur des noms du Mémorial de la Shoah, à Paris. Ne l'oublions jamais.

Sources : Mémorial de la Shoah et le site Musiques régénérées

Photo : Cérémonie de Yom Hashoah 2019. Mur des Noms - Grande Synagogue Breteuil - Marseille

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