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Publié le 31 Août 2016

Introduction, par Francis Kalifat, président du Crif

La conférence de Durban I a révélé la mutation de l'idéologie antisémite.

Des pamphlets contenant des propos clairement antisémites ont été distribués, des représentants d’ONG israéliennes ont été agressés et le Club juif de Durban a dû être évacu

Par Francis Kalifat, Président du Crif
 
Après Genève en 1978 et 1983 c’est à Durban, en Afrique du Sud, que s’est tenue du 31 août au 07 septembre 2001 la troisième Conférence Mondiale contre le Racisme, la Discrimination, la Xénophobie et l'Intolérance qui y est associée. 
 
Mary Robinson, Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme des Nations Unies définissait ce que devrait être cette Conférence internationale : 
 
"La Conférence mondiale revêt une grande importance pour la communauté internationale parce que les questions qui y seront examinées sont des maux que nous devons combattre de toutes nos forces; parce que le racisme et la xénophobie- qui se manifestent à travers la discrimination et toutes les formes d'intolérance sont à la base de nombreux conflits dans le monde, qu'ils constituent un élément essentiel du cercle vicieux de la pauvreté et de l'exclusion sociale; et parce que ces forces vont directement à l'encontre du message fondamental que véhiculent les droits de l'Homme, à savoir que tout membre de la famille humaine a des droits égaux et inaliénables"
 
Malheureusement, à l’initiative des pays arabes la Conférence mondiale et plus particulièrement le Forum des ONG ont très rapidement sombrés dans la rhétorique anti-juive et anti-israélienne conduisant Israël et les Etats Unis à retirer leurs délégations d’une conférence polluée par de graves altercations autour du conflit au Proche-Orient et au sujet de la reconnaissance de dette envers l’esclavage et le colonialisme.
 
C’était la confirmation que l’antisionisme moderne, né au confluent des luttes anticoloniales, antimondialisation, antiracistes et tiers-mondistes n’est pas la simple critique d’une politique, mais bien la délégimisation de l’Etat d’Israël par la remise en cause de ses fondements. La conférence de Durban a révélé la mutation de l'idéologie antisémite.
 
Des pamphlets et d’autres documents contenant des propos clairement antisémites ont été distribués, des représentants d’ONG israéliennes ont été chahutés, ennuyés, agressés et interdits de participation à certaines séances, et le Club juif de Durban a dû être évacué  et protégé par la police suite à une manifestation pro-palestinienne. La Déclaration des ONG, adoptée par les quelques organisations encore présentes, contenait des tirades haineuses à l’encontre d’Israël et face à la publication de ce document, une grande partie des ONG a pris ses distances. 

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 Caricatures distribuées au public lors de Durban I
 
Au final, Durban a officialisé et légitimé l’antisémitisme. 
 
Quelques années plus tard, la Conférence internationale de l'ONU sur le racisme ("Durban II") devait se tenir à Genève du lundi 20 avril au vendredi 24 avril 2009. Mais l'incertitude continuait à planer, sur la participation de nombreux pays occidentaux, malgré l'adoption, d'un projet de document final consensuel qui se voulait acceptable. 
 
Boycottée par Israël, le Canada et l'Italie… cette réunion devait évaluer les progrès réalisés depuis la première conférence onusienne qui s'était tenue, en 2001, à Durban. Un état des lieux essentiel pour les victimes du racisme. 
Malheureusement huit ans après, le souvenir des dérapages antisémites qui avaient émaillé "Durban I", continuait à parasiter "Durban II". 
 
C’est toute cette problématique que vous retrouverez dans cette newsletter spéciale, à travers des articles, sonores et vidéo qui retracent les différentes péripéties de Durban I et de Durban II. Se souvenir de ces événements, c’est pointer du doigt l’esprit criminel qui régnait lors de 
cette conférence, et qui a prévalu depuis, faisant d’Israël le juif des nations, et rendant les Juifs et les sionistes, responsables de tous les maux de l’Humanité. 

 

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