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Publié le 25 Mars 2013

Le discours intégral d’Obama à Jérusalem traduit en français

 

Le président américain a prononcé un discours jeudi 21 mars vers 16h30 à l’International Convention Center de Jérusalem devant des centaines d’étudiants israéliens.

Shalom, c’est un honneur pour moi d’être ici avec vous,  à Jérusalem, et je suis très reconnaissant de l’accueil que j’ai reçu du peuple israélien  J’apporte avec moi le soutien du peuple américain, et l’amitié qui nous unit.

 

Durant les deux derniers jours, en compagnie du Premier ministre, Netanyahu, et du Président,  Shimon Peres,  j’ai réaffirmé les liens entre nos deux pays.

 

J’ai visité le musée d’Israël témoin de l’histoire ancienne du peuple juif, où  j’ai aussi pu découvrir un avenir radieux pour ce pays à travers  des innovations scientifiques et entrepreneuriales.  C’est une nation avec des musées et des brevets, des lieux saints intemporels et une innovation très avant-gardiste. Il n’y a qu’en Israël que l’on peut voir au même endroit les Manuscrits de la Mer Morte et  l’origine de la technologie pour rouler sur Mars. Mais ce qui me frappe le plus, c’est la possibilité de m’adresser directement à vous, au peuple israélien, spécialement aux jeunes, sur l’histoire, mais aussi sur l’avenir d’Israël.

 

Maintenant, je sais qu’en Israël la démocratie vibre, chaque mot et chaque geste sont soigneusement examinés. Mais je veux préciser pour que vous le sachiez, que tous les cancans entre moi et mon ami Bibi au fil des ans n’étaient qu’un complot visant à créer du Eretz Nehederet.

 

Je sais aussi que je suis venu en Israël à la veille d’une fête sacrée – la célébration de Pessah. Et c’est là que je voudrais commencer aujourd’hui. Dans quelques jours, les juifs, ici en Israël, et dans le monde entier, se réuniront en famille et entre amis à la table du Seder pour célébrer par des chants et des prières, du vin et des aliments symboliques la fête de Pessah. J’ai célébré la fête de Pessah à Chicago en famille et entre amis et je suis fier d’avoir inauguré  cette tradition à la Maison-Blanche. Je l’ai fait, car je voulais que mes filles fassent cette expérience de la Haggadah, de cette histoire qui est au centre de la Pâque juive et qui rend cette période de l’année si puissante.

 

C’est l’histoire de plusieurs siècles d’esclavage, de nombreuses années d’errance dans le désert, une histoire sur la persévérance au milieu des persécutions, et de la foi en Dieu et la Torah. C’est l’histoire de la recherche de la liberté. Pour le peuple juif, cette histoire est au cœur de son destin. Mais c’est aussi une histoire qui porte en elle l’expérience humaine universelle, avec toutes ses souffrances et ses saluts. Elle fait partie des trois grandes religions – judaïsme, christianisme et islam – qui font toutes remonter leurs origines à Abraham, et considèrent toutes Jérusalem comme sacrée. Et c’est une histoire qui a inspiré tous les peuples à travers le monde, moi et mes concitoyens américains compris.

 

Aux États-Unis, une nation composée d’hommes et de femmes qui ont traversé les océans pour commencer une nouvelle vie, nous sommes naturellement attirés par l’idée de trouver la liberté dans notre pays. Pour les Afro-Américains, l’histoire de l’Exode raconte la servitude en quête de liberté et de dignité humaine, l’abolition de l’esclavage à travers la reconnaissance des droits civiques. Depuis des générations, cette promesse a aidé les gens condamnés à la pauvreté et à la persécution, avec l’espoir d’un jour meilleur à l’horizon. J’ai personnellement grandi dans de lointaines parties du monde, sans racines solides ; cette histoire parle au désir intérieur de chaque être humain de trouver une maison.

 

Bien sûr, même si nous tirons nos forces de l’histoire du don de Dieu de cette liberté exprimée pendant Pessah, nous savons qu’ici, sur Terre, nous devons assumer nos responsabilités dans un monde imparfait. Cela signifie, accepter une part de sacrifice et de lutte, et  travailler, génération après génération, au nom de cet idéal de liberté. Comme le Dr Martin Luther King a dit la veille de sa mort – « Je n’irai peut être pas avec vous, mais je veux que vous sachiez que … nous, en tant que peuple, nous arriverons en terre promise ».

 

Ainsi, tout comme Josué prit la suite de Moïse, la lutte se poursuit pour la justice, la dignité et la liberté.

 

Pour le peuple juif, cette promesse en l’État d’Israël s’est transmise à travers d’innombrables générations. Des siècles de souffrance et d’exil, des préjugés, des pogroms et même le génocide de la Shoah. Pendant tout ce temps, le peuple juif a maintenu son identité et ses traditions intactes, ainsi que le désir de revenir à la maison. Alors que les Juifs ont vécu des succès extraordinaires dans de nombreuses régions du monde, le rêve de la vraie liberté a finalement trouvé sa pleine expression dans l’idée sioniste – être un peuple libre dans son pays d’origine.

 

C’est pourquoi je crois qu’Israël est enraciné non seulement dans l’histoire et la tradition, mais aussi dans l’idée simple et profonde que les hommes méritent d’être libres dans leur pays. Et au cours des soixante-cinq dernières années, quand Israël a été à son meilleur, les Israéliens ont montré que la responsabilité ne s’arrête pas lorsqu’on atteint la terre promise, elle commence seulement.

 

Israël a été un refuge pour la diaspora, accueillant les juifs d’Europe ou d’ex-Union soviétique, d’Éthiopie ou d’Afrique du Nord.

 

Israël a construit une nation prospère, à travers les  kibbutzim qui on fait fleurir le désert, l’économie qui a élargi la classe moyenne et les innovations qui ont atteint de nouvelles frontières, de la plus petite puce aux orbites dans l’espace.

 

Israël a mis en place une démocratie florissante, avec une société civile dynamique, des partis politiques fiers, une presse libre et infatigable et un débat public animé – animé est peut-être même un euphémisme.

 

Et Israël a réussi à atteindre ses objectifs en surmontant les menaces incessantes sur sa sécurité, grâce au courage des Forces de défense israéliennes et une population qui a fait face à la terreur.

 

C’est l’histoire d’Israël. C’est le travail qui a amené les rêves de tant de générations à se réaliser. À chaque étape du chemin, Israël a tissé des liens d’amitié indéfectibles avec les États-Unis d’Amérique.

 

Ces liens ont commencé seulement onze minutes après l’indépendance d’Israël, quand les États-Unis ont été le premier pays à reconnaître l’État d’Israël. Le président Truman a expliqué sa décision de reconnaître Israël en disant : « Je crois qu’Israël a un avenir glorieux, pas seulement comme nouvelle nation souveraine, mais aussi comme acteur de la réalisation des grands idéaux de notre civilisation »

 

Dès lors, nous avons construit une amitié avec des intérêts communs. Ensemble, nous partageons les valeurs pour la sécurité de nos citoyens et la stabilité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

 

Ensemble, nous partageons l’idée de la croissance économique dans le monde entier, et la volonté de renforcer  la classe moyenne au sein de nos pays. Ensemble, nous partageons un intérêt pour le succès de la démocratie.

 

Mais la source de notre amitié va au-delà de nos intérêts, tout comme elle transcende les partis et les leaders politiques. L’Amérique est une nation d’immigrants. Nous sommes soutenus par la diversité. Nous sommes enrichis par la foi. Nous sommes régis non seulement par les hommes et les femmes, mais par des lois. Nous sommes alimentés par l’esprit d’entreprise et l’innovation. Et nous sommes définis par un discours démocratique qui permet à chaque génération d’imaginer et de renouveler notre union encore et encore. Ainsi, Israël a des valeurs que nous partageons, même si nous reconnaissons ce qui nous rend différents.

 

Pourtant, je me tiens ici aujourd’hui, conscient que, pour nos deux pays, ce sont des moments compliqués. Nous devons travailler sur des problèmes difficiles à résoudre et nous faisons face à des dangers et des bouleversements dans le monde. Quand je regarde les jeunes Américains,  je pense aux choix qu’ils doivent faire dans leur vie pour définir quelle nation nous devons être en ce 21e siècle, en particulier au sortir de deux guerres et d’une récession douloureuse. Peu importent les enjeux, leur idéalisme, leur énergie et leur ambition me donnent toujours l’espoir.

 

Je vois le même esprit chez les jeunes israéliens aujourd’hui. Et, étant donné les liens entre nos deux pays, je crois que votre avenir est lié au nôtre. Je voudrais donc mettre l’accent sur la façon dont nous pouvons travailler ensemble pour réaliser des progrès dans trois domaines qui définissent notre époque : la sécurité, la paix et la prospérité.

 

Je vais commencer par la sécurité. Je suis fier que la relation de sécurité entre les États-Unis et Israël n’ait jamais été aussi forte, plus de relations entre nos armées, davantage d’échanges entre nos responsables politiques, militaires, et plus d’intelligence que jamais, et le plus grand programme, à ce jour, pour vous aider à conserver votre avantage militaire. Tels sont les faits. Mais pour moi, ce n’est pas simplement  le bilan. Je sais qu’ici, en Israël, la sécurité est quelque chose de personnel. Alors, laissez-moi vous dire ce que je pense quand je pense à ces questions.

 

Quand je pense à la sécurité d’Israël, je pense à des enfants comme Osher Twito, que j’ai rencontrés à Sderot, des enfants du même âge que mes propres filles, qui sont allés au lit avec la peur qu’une roquette  atterrisse dans leur chambre simplement à cause de qui ils sont et où ils vivent. C’est pourquoi nous avons investi dans le système Iron Dome qui sauve d’innombrables vies – parce que ces enfants méritent de mieux dormir la nuit. C’est pourquoi nous avons dit clairement, à maintes reprises, qu’Israël ne peut accepter les tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, et nous défendons le droit d’Israël à se défendre. Et c’est pourquoi Israël a le droit de s’attendre à ce que le Hamas renonce à la violence et reconnaisse le droit d’Israël à exister.

 

Je pense aux cinq Israéliens qui sont montés à bord d’un bus en Bulgarie, qui a explosé. Ils ont été privés de la possibilité de vivre, d’aimer et d’élever une famille. C’est pourquoi tous les pays qui prônent la justice doivent reconnaître le Hezbollah pour ce qu’il est vraiment : une organisation terroriste. Parce que le monde ne peut pas tolérer une organisation qui assassine des civils innocents en tirant des roquettes sur leurs villes, et qui massacre des hommes, des femmes et des enfants en Syrie.

 

Le fait que l’allié du Hezbollah, le régime d’Assad, ait des stocks d’armes chimiques ne fait qu’accentuer l’urgence. Nous allons continuer à coopérer étroitement pour nous prémunir contre ce danger. Et je l’ai fait comprendre à Bachar al-Assad et tous ceux qui le suivent : nous ne tolérerons pas l’utilisation d’armes chimiques contre le peuple syrien ou le transfert de ces armes à des terroristes. Le monde regarde, et nous allons vous tenir pour responsables.

 

L’Amérique insiste également sur le droit du peuple syrien d’être libéré de l’emprise d’un dictateur qui préfère tuer son propre peuple plutôt que de renoncer au pouvoir. Assad doit partir pour que l’avenir de la Syrie puisse commencer. Parce que la vraie stabilité en Syrie dépend de l’établissement d’un gouvernement qui réponde à ses citoyens, qui protège toutes les communautés au sein de ses frontières, tout en faisant la paix avec les pays qui l’entourent.

 

Quand je pense à la sécurité d’Israël, je pense aussi à ceux qui gardent une mémoire vivante de l’Holocauste, face à un gouvernement iranien qui a appelé à la destruction d’Israël et qui peut un jour brandir l’arme nucléaire. Il n’est donc pas étonnant que les Israéliens considèrent cela comme une menace existentielle. Mais ce n’est pas seulement un défi pour Israël, c’est un danger pour le monde entier, y compris les États-Unis. Cela augmente le risque de terrorisme nucléaire, cela sape le régime de non-prolifération, et déclenche une course aux armements dans une région instable, avec un gouvernement qui n’a montré aucun respect pour les droits de ses propres citoyens ou les responsabilités des nations.

 

C’est pourquoi l’Amérique a créé une coalition afin d’aggraver les sanctions sur l’Iran, s’il ne respecte pas ses obligations. Le gouvernement iranien a,  maintenant, plus de pression que jamais, et  la pression augmente. Il est isolé. Son économie est dans un état lamentable. Il est divisé. Et sa position dans la région et dans le monde  est de plus en plus faible.

 

Nous avons tous intérêt à résoudre cette question de manière pacifique. Une diplomatie forte, fondée sur des principes est la meilleure façon de s’assurer que le gouvernement iranien abandonne les armes nucléaires. Par ailleurs, la paix est de loin préférable à la guerre qui induit en plus des coûts inévitables et des conséquences imprévues. En raison de la coopération entre nos deux gouvernements, nous savons qu’il nous reste du temps pour poursuivre une solution diplomatique. C’est ce que fera l’Amérique, avec une vision claire,  en travaillant en union avec le reste du monde et avec le sentiment d’urgence qui est nécessaire.

 

Mais l’Iran doit comprendre que la position des États-Unis d’Amérique est claire : l’Iran ne doit pas obtenir une arme nucléaire. Ce n’est pas un danger qui peut être contenu. En tant que président des États-Unis, j’ai dit au monde entier que toutes les options étaient envisageables pour atteindre nos objectifs. L’Amérique fera tout pour éviter un Iran avec l’arme nucléaire.

 

Je sais que pour les jeunes Israéliens, ces questions de sécurité sont enracinées dans une histoire qui est encore plus fondamentale que la menace pressante d’aujourd’hui. Vous vivez dans un endroit du monde où beaucoup de vos voisins ont rejeté votre droit même d’exister. Vos grands-parents ont dû risquer leur vie et tout ce qu’ils avaient pour exister. Ils ont vécu la guerre après la guerre pour assurer la survie de l’État juif. Vos enfants grandissent en sachant que des gens qu’ils n’ont jamais rencontrés les détestent à cause de  ce qu’ils sont.

 

C’est donc cela que je pense, qu’ Israël est confronté à ces défis, au sentiment d’un Israël entouré par un grand nombre de pays de cette région qui le rejettent, et beaucoup d’autres pays dans le monde qui refusent de l’accepter. C’est pourquoi la sécurité du peuple juif en Israël est si importante, parce qu’elle ne peut jamais être tenue pour acquise. Mais ne vous méprenez pas, ceux qui adhèrent à l’idéologie de contester le droit d’Israël à exister pourraient ainsi être rejetés de leur propre terre et du ciel au-dessus d’eux, parce qu’Israël n’ira nulle part ailleurs. Aujourd’hui, je veux vous dire, particulièrement à vous les jeunes, que tant qu’il y aura les États-Unis d’Amérique, Atem lo Levad (vous ne serez pas seuls).

 

La question, alors, est de savoir quel avenir Israël peut attendre. Et cela me conduit au problème de la paix.

 

Je sais qu’Israël a pris des risques pour la paix. Des dirigeants courageux comme Menachem Begin et Yitzhak Rabin ont traité avec deux de vos voisins. Vous avez fait des propositions crédibles pour les Palestiniens à Annapolis. Vous vous êtes retirés de Gaza et du Liban, et vous êtes encore confrontés à la terreur et aux roquettes. Dans la région, vous avez tendu la main de l’amitié, et avez été trop souvent confrontés à la triste réalité de l’antisémitisme. Je suis donc persuadé que le peuple israélien veut la paix, et vous avez parfaitement le droit d’être sceptiques sur le fait de pouvoir l’atteindre.

 

Mais, aujourd’hui, Israël est à un carrefour. Il peut être tentant de mettre de côté les frustrations et les sacrifices qu’il faut pour suivre le chemin de la paix, en particulier lorsque l’Iron Dome repousse le tir des roquettes, des barrières pour tenir à l’écart les kamikazes, et tant d’autres questions urgentes qui exigent votre attention. Et je sais que seuls les Israéliens peuvent prendre les décisions fondamentales concernant l’avenir de leur pays.

 

Je sais aussi que tout le monde, dans cette salle, ne sera pas d’accord avec ce que j’ai à dire au sujet de la paix. Je reconnais qu’il y a des gens qui n’ont tout simplement pas de doutes sur la paix, mais qui s’interrogent sur les prémisses sous-jacentes, et c’est une part de la démocratie et du dialogue entre nos deux pays. Mais il est important d’être ouvert et honnête avec l’autre. Compte tenu du fort soutien des États-Unis pour Israël, le plus simple pour moi serait de mettre cette question de côté, et d’exprimer seulement mon soutien inconditionnel à ce qu’Israël décide de faire. Mais je veux que vous sachiez que je vous parle comme un ami qui est profondément préoccupé et concerné par votre avenir, et je vous demande de considérer trois points.

 

Tout d’abord, la paix est nécessaire. En effet, c’est la seule voie vers une véritable sécurité. Vous pouvez être la génération qui va fixer définitivement le rêve sioniste. Compte tenu de la démographie à l’ouest du Jourdain, le seul moyen pour Israël de perdurer et prospérer en tant qu’état juif et démocratique, c’est seulement à travers la réalisation d’une Palestine indépendante et viable. Compte tenu de la frustration de la communauté internationale, Israël doit faire cesser son isolement. Et compte tenu de la technologie en marche, la seule façon de vraiment protéger le peuple israélien est d’éviter la guerre, car aucun mur n’est suffisamment élevé, et aucun Iron Dome assez fort pour arrêter tous les ennemis.

 

Cette vérité est encore plus importante compte tenu des changements qui bouleversent le monde arabe. Je reconnais qu’à cause de l’incertitude dans la région, les gens dans les rues, les changements de leadership, la montée des partis qui ne sont pas laïcs dans la vie politique, il est tentant de se tourner sur soi-même. Mais c’est précisément le moment de répondre à cette vague de révolution avec une volonté de paix. Les gouvernements répondent de plus en plus à la volonté populaire et le temps est bientôt révolu où Israël ne peut être face qu’à une poignée de dirigeants autocratiques pour rechercher la paix. La paix doit être faite entre les peuples, et pas seulement les gouvernements. Aucune étape ne peut changer du jour au lendemain ce qui se trouve dans les cœurs et les esprits de millions de gens. Mais les progrès avec les Palestiniens sont un moyen fort de commencer dans ce sens.

 

Deuxièmement, la paix est juste. Il n’est pas question qu’Israël ait à faire face a des factions palestiniennes terroristes et des dirigeants qui ratent des occasions historiques. C’est pourquoi la sécurité doit être au centre de tout accord. Et il n’est pas question que la paix passe par une autre voie que la négociation. C’est pourquoi, malgré les critiques que nous avons reçues, les États-Unis s’opposent à des efforts unilatéraux de contourner les négociations par l’intermédiaire des Nations Unies.

 

Mais le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et la justice doit également être reconnu. Mettez-vous à leur place et regardez le monde à travers leurs yeux. Il n’est pas juste qu’un enfant palestinien ne puisse pas grandir dans un état qui lui est propre, il n’est pas juste qu’il doive vivre avec la présence d’une armée étrangère qui contrôle, chaque jour,  les mouvements de ses parents. Ce n’est pas juste que la violence des certains colons contre les Palestiniens reste impunie. Il n’est pas juste d’empêcher les Palestiniens de rejoindre leurs terres agricoles, ou de limiter la possibilité de certains à se déplacer autour de la Cisjordanie, il n’est pas juste de déplacer des familles palestiniennes de leur maison. Ni l’occupation, ni l’expulsion ne sont une réponse. Tout comme les Israéliens ont construit un état dans leur patrie, les Palestiniens ont le droit d’être un peuple libre dans leur propre pays.

 

Vous seuls pouvez déterminer quel genre de démocratie vous aurez. Mais rappelez-vous qu’en prenant ces décisions, vous allez définir non seulement l’avenir de vos relations avec les Palestiniens, mais aussi l’avenir d’Israël. Comme Ariel Sharon a déclaré: «Il est impossible d’avoir un État juif et démocratique et dans le même temps de contrôler tout Eretz Israël. Si nous sommes obstinés a chercher la réalisation du rêve dans son intégralité, nous pouvons tout perdre». Ou, à partir d’un point de vue différent, pensez à ce que David Grossman a déclaré peu de temps après avoir perdu son fils, de la manière dont il a décrit la nécessité de la paix - ». Une paix où on n’a pas le choix « a-t-il dit, » doit être abordée avec la même détermination et la même créativité qu’une guerre où on n’a pas le choix.

 

Bien sûr, Israël ne peut être contraint  à négocier avec quelqu’un qui veut sa destruction. Mais bien que vous ayez des différents avec l’Autorité palestinienne, je pense sincèrement que vous avez un vrai partenaire avec le Président Abbas et le Premier ministre Fayyad. Au cours des dernières années, ils ont construit et entretenu des  institutions de sécurité en Cisjordanie d’une manière que peu auraient imaginée il y a dix ans. Ainsi, de nombreux Palestiniens, y compris les jeunes, ont rejeté la violence comme un moyen de réaliser leurs aspirations.

 

Ce qui m’amène au troisième point : la paix est possible. Je ne dis pas qu’elle est garantie, mais elle est possible, même si,  je le sais bien, ce n’est pas ce qu’il paraît. Il y aura toujours des extrémistes qui donnent l’excuse pour ne pas avancer. Les discussions et les négociations sans fin sont épuisantes comme les controverses quotidiennes  et le statu quo.

 

Les négociations seront nécessaires, mais il y a peu de doute sur leur issue : deux états pour deux peuples. Il y aura des différences sur la façon d’y arriver, et des choix difficiles à faire sur le chemin. Les États arabes doivent s’adapter à un monde qui a changé. Le temps où ils pouvaient condamner Israël pour détourner l’attention de leur peuple n’est plus. Il est maintenant temps pour le monde arabe de prendre des mesures de normalisation sur les relations avec Israël. Et les Palestiniens doivent reconnaître qu’Israël est un état juif, et  les Israéliens ont le droit d’insister sur leur sécurité. Les Israéliens doivent reconnaître que continuer  la colonisation est contre-productif pour avancer vers la paix, et qu’une Palestine indépendante est viable avec de véritables frontières à déterminer. J’ai proposé des principes sur la sécurité et sur les territoires qui, je crois, peuvent être une base pour des négociations. Mais, pour le moment, mettons les plans et les processus de côté et pensons à ce qui peut être fait pour renforcer la confiance entre les deux peuples.

 

Il y a quatre ans, je me trouvais au Caire devant un public de jeunes étudiants. Politiquement et religieusement, ils semblent être différents, mais ce qu’ils veulent n’est pas étranger à ce que vous voulez : la capacité de prendre leurs propres décisions, d’obtenir une éducation et un bon travail, de prier Dieu à leur manière, se marier et avoir une famille. C’est la même chose pour les  jeunes Palestiniens que j’ai rencontrés à Ramallah ce matin, ces jeunes Palestiniens  aspirent à une vie meilleure dans la bande de Gaza.

 

C’est là que commence la paix, et pas seulement dans les plans des dirigeants, mais dans le cœur des gens, pas seulement dans un processus soigneusement conçu, mais dans les relations quotidiennes qui ont lieu entre ceux qui vivent ensemble sur cette terre, et, dans cette ville sacrée qu’est Jérusalem. En tant que politicien, je peux vous dire une chose : les dirigeants politiques ne prennent pas de risques si les gens ne demandent pas ce qu’ils veulent. Vous devez créer le changement que vous voulez voir.

 

Je sais que c’est possible. Regardez les ponts que vous construisez dans les affaires aujourd’hui. Regardez les jeunes qui n’ont pas encore appris à se méfier, et ceux qui ont appris à surmonter la méfiance qu’ils ont héritée de leurs parents à cause de la simple reconnaissance que nous détenons plus d’espoirs en commun que la crainte qui nous pousse dehors. Votre voix doit être plus forte que les extrémistes qui cherchent à la noyer. Vos espoirs  doivent éclairer la voie à suivre. Envisagez un avenir dans lequel les juifs, les musulmans et les chrétiens pourraient tous vivre dans la paix et la prospérité sur cette Terre Sainte. Regardez vers l’avenir, celui que vous souhaitez pour vos propres enfants, un avenir dans lequel un état juif et démocratique serait protégé et accepté, maintenant et pour l’éternité.

 

Beaucoup diront que ce changement n’est pas possible. Mais rappelez-vous ceci : Israël est le pays le plus puissant dans cette région. Israël a le soutien indéfectible du pays le plus puissant du monde. Israël a la sagesse de voir le monde tel qu’il est, mais aussi le courage de voir le monde tel qu’il devrait être. Ben Gurion a dit : «En Israël, pour être réaliste, vous devez croire aux miracles. » Parfois, le plus grand miracle est de reconnaître que le monde peut changer. Après tout, c’est une leçon que le monde a apprise du peuple juif.

 

Cela m’amène à la conclusion sur laquelle je veux insister : la prospérité et le rôle d’Israël dans le monde. Je sais que tous les discours sur la sécurité et la paix peuvent sembler loin d’autres préoccupations de la vie quotidienne. Et chaque jour, même au milieu des menaces auxquelles vous êtes confrontés, vous vous définissez par les opportunités que vous créez.

 

Par le talent et le travail acharné, les Israéliens ont porté ce petit pays à la pointe de l’économie mondiale, car les Israéliens ont compris la valeur de l’éducation, et ils ont produit 10 lauréats du prix Nobel. Les Israéliens ont également compris la puissance de l’innovation et vos universités forment des ingénieurs et des inventeurs. Cet esprit vous a conduits à la croissance économique et au progrès humain : l’énergie solaire et les voitures électriques, les technologies qui sauvent des vies, la recherche sur les cellules souche et de nouveaux médicaments, les téléphones cellulaires et l’informatique qui changent la façon dont nous vivons. Si les gens veulent connaitre l’avenir de l’économie mondiale, ils doivent se rendre à Tel-Aviv : le foyer de centaines de start-ups et de centres de recherche.

 

L’innovation est tout aussi importante dans la relation entre les États-Unis et Israël que l’est la coopération sur la sécurité. Notre premier accord de libre-échange dans le monde a été conclu avec Israël il y a près de trente ans, et aujourd’hui, le commerce entre nos deux pays est de 40 milliards de dollars chaque année. Plus important encore, ce partenariat a permis la création de nouveaux produits et de nouveaux traitements médicaux, et repousse tous les jours  les  frontières de la science et de l’exploration.

 

C’est le genre de relation qu’Israël devrait avoir, et pourrait avoir, avec tous les pays du monde. Nous voyons déjà comment ces innovations pourraient remodeler cette région. Un programme, ici à Jérusalem, réunit de jeunes Israéliens et des Palestiniens dans le but d’acquérir des compétences essentielles en matière de technologie et de business. Un Israélien et un Palestinien ont lancé un fonds de capital-risque pour financer des start-ups palestiniennes. Plus de 100 entreprises de haute technologie sont installées en Cisjordanie et parlent au talent et à  l’esprit d’entreprise du peuple palestinien.

 

L’une des grandes ironies de la région est qu’Israël a beaucoup de choses auxquelles les gens aspirent : l’éducation et l’esprit d’entreprise, la possibilité de démarrer une entreprise sans avoir à payer de pot de vin, la possibilité de se relier à l’économie mondiale, ces choses sont déjà possibles en Israël. Israël doit être une plaque tournante pour le commerce régional en plein essor, et être une source de nouveaux débouchés. Et Israël est déjà un centre d’innovation qui aide l’économie mondiale. Je crois que tout ce potentiel de prospérité peut être amélioré avec une plus grande sécurité et une paix durable.

 

Ici, dans cette petite bande de terre qui a été au centre de tant de tragédies et de triomphe, les Israéliens ont construit quelque chose que peu de gens pouvaient imaginer il y a 65 ans. Demain, je vais rendre hommage à cette histoire, sur la tombe d’Herzl, un homme qui a eu la clairvoyance de voir que l’avenir du peuple juif devait être relié à son passé, j’irai aussi sur la tombe d’Isaac Rabin, qui a compris que les victoires d’Israël en temps de guerre devaient être suivies par des combats pour la paix, et j’irai aussi à Yad Vashem, un endroit qui témoigne du nuage noir qui peut descendre sur le peuple juif et sur l’ensemble de l’humanité si nous ne restons pas toujours vigilants.

 

Nous portons cette histoire sur nos épaules, et la garderons dans nos cœurs. Aujourd’hui, alors que nous sommes au crépuscule de la génération des fondateurs d’Israël, vous, les jeunes israéliens, devez maintenant revendiquer l’avenir. Il revient à vous d’écrire le prochain chapitre de l’histoire de cette grande nation.

 

En tant que président d’un pays sur lequel vous pouvez compter comme votre plus grand ami, je suis convaincu que vous nous aiderez à trouver la promesse dans les jours prochains. Et comme un homme qui a été inspiré dans sa propre vie par cet appel intemporel de l’expérience juive – Tikkun ha Olam (la Réparation du Monde), j’ai bon espoir que nous  tirerons parti du meilleur de nous-mêmes pour relever les défis qui viendront ; gagner les batailles pour la paix dans le sillage de  tant de guerres, et faire le travail de réparation de ce monde. Que Dieu vous bénisse, et que Dieu bénisse Israël et les États-Unis d’Amérique. Toda Raba.

 

Source: http://tel-avivre.com/2013/03/24/le-discours-integral-dobama-a-jerusalem/

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.