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Publié le 12 Octobre 2018

Mémoire - Visite de Madame l'Ambassadeur d'Israël en France, Aliza Bin-Noun, au Camp des Milles

A l'occasion de sa visite au Camp des Milles, S.E. Madame Aliza Bin-Noun a également inauguré l’exposition "Des diplomates reconnus Justes parmi les Nations", présentée jusqu’au 11 novembre prochain au Site-mémorial.

« Je suis très heureuse que cette institution existe et que les jeunes générations puissent venir ici pour comprendre ce qu’il s’est passé, pour que cela ne se reproduise jamais. Ce lieu n’est pas seulement un musée, mais un lieu plus que jamais essentiel de transmission et d’éducation. »  S.E. Madame Aliza Bin-Noun.

Reportage réalisé par France 3 lors de la visite de Madame Aliza Bin-Noun au Camp des Milles

Communiqué de la Fondation du Camp des Milles suite à la visite de S.E. Madame Aliza Bin-Noun du Site-mémorial du Camp des Milles :

Ce fut une visite hautement symbolique. Une première depuis l’ouverture du Site-mémorial en 2012, car l’Ambassadeur d’Israël n’avait pu être parmi les diplomates représentant 28 pays à l’inauguration du Site-mémorial.

La venue au Camp des Milles, mercredi 10 octobre, de S.E. Madame Aliza Bin-Noun, ambassadrice d’Israël en France, fut en effet un moment fort car Israël a été l’Etat refuge du plus grand nombre des rescapés de la Shoah. Et l’ambassadrice visitait les lieux-mêmes d’où deux mille hommes, femmes et enfants juifs furent déportés par le régime de Vichy vers Auschwitz Birkenau, en août et septembre 1942.

Le lien fondamental entre l’Etat d’Israël et les rescapés de la Shoah sera d’ailleurs illustré par la visite au camp des Milles ce vendredi de survivants de l’Exodus qui tentaient de rejoindre Israël après les camps.

La visite de l’ambassadrice débuta par un temps de recueillement devant le Wagon du Souvenir des Milles, avec le dépôt d’une gerbe par Madame Bin-Noun, au nom de l’Etat d’Israël et en mémoire de ces nombreuses vies anéanties.

Ce temps mémoriel s’est conclu par la plantation d’un olivier, symbole de paix, de réconciliation, de longévité et d’espérance par S.E. Madame l’Ambassadrice et Alain Chouraqui, Président de la Fondation du Camp des Milles – Mémoire et Éducation.

Accompagnée du Sous-Préfet d’Aix-en-Provence et de nombreux élus et représentants associatifs, Madame Bin-Noun a ensuite inauguré l’exposition « Des diplomates reconnus Justes parmi les Nations », qui sera présentée jusqu’au 11 novembre prochain au Site-mémorial. Cette inauguration précédait sa visite de l’exposition permanente du Camp des Milles, qui a permis à Madame Bin-Noun de décrouvrir la riche muséographie et les dispositifs pédagogiques innovants mis en place dans ce lieu.

« Un moment très émouvant. C’est l’histoire de ma famille (Note : les grands parents de Madame Bin Noun ont été assassinés par les nazis). Je suis très contente que cette institution existe et que les jeunes générations puissent venir pour comprendre ce qu’il s’est passé ici, pour que cela ne se reproduise jamais. Ce lieu n’est pas seulement un musée, mais un lieu plus que jamais essentiel, de transmission et d’éducation. Je voudrais remercier M. Chouraqui et ses équipes, qui permettent à tant de jeunes de pouvoir venir ici.  »

Un moment d’émotion prolongé par la lecture des noms retrouvés des enfants et adoscents juifs déportés du Camp des Milles, par un élève de CM2 de l’École Juive d’Aix-en-Provence. Ce fut également un temps d’espoir dans le courage et la conscience morale, avec la lecture des noms des « Justes parmi les Nations » ayant agi pour les internés et déportés du Camp des Milles.

Cette séquence s’est achevée par un échange avec Herbert Traube, interné du Camp des Milles, rescapé de la déportation et engagé dans la résistance. Celui-ci a évoqué son perpétuel travail de mémoire auprès des jeunes, et la vigilance que chaque citoyen doit avoir face aux extrémismes identitaires. « En parlant aux jeunes de mon exemple, je dis que l’intégration est possible lorsqu’on le veut. Le vivre ensemble c’est la tolérance, c’est reconnaître l’autre et respecter l’autre. »

Cette vigilance est encore plus nécessaire aujourd’hui dans un contexte de montée des extrémismes identitaires, nationalistes, religieux et politiques, en Europe et dans le monde. Un danger qui se traduit en particulier par la forte recrudescence de la violence antisémite, notamment en France, sur fond d’antisionisme agressif. Un sujet essentiel, abordé lors de la conférence «Mémoire et antisémitisme : défis du XXIème siècle », animée par Alain Chouraqui et l’historienne Renée Dray-Bensoussan.

En introduction de cette conférence, S.E. Madame Bin-Noun rappela que « celle-ci traite d’un thème crucial et d’actualité. Tout le monde est très inquiet de ce qu’il se passe en France et dans le monde en général. On voit des comportements qui nous rappellent cette époque là. C’est pourquoi ce lieu est très important pour ne plus que cela arrive. ». Renée Dray Bensoussan traita du sort des réfugiés et des Justes qui les aidèrent, à Marseille en particulier.

Enfin, Alain Chouraqui évoqua la table ronde sur l’antisémitisme organisée il y a quelques jours par l’Unesco à New York lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies : « J’ai été surpris de l’unanimité des pays présents et du Secrétaire Général de l’ONU pour dire et répéter qu’il y a partout une renaissance de l’antisémitisme et qu’il apparaît comme un ferment de décomposition de leurs pays. N’oublions jamais que dans l’Histoire, l’antisémitisme révèle les crises et les destabilisations des sociétés, et qu’il annonce les crispations identitaires qui sont le moteur des engrenages menant au pire. »

 

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