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Publié le 6 Septembre 2018

Opinion - Dur réveil à Londres ?

Nous apprenons que des affiches qualifiant Israël "d’entreprise raciste" ont surgi le mardi 5 septembre 2018 sur des arrêts de bus de Londres. Scandale.

Par Marc Knobel, Directeur des Etudes au Crif

Les grands panneaux d’affichage sont apparus dans au moins quatre endroits, y compris des arrêts de bus, à Westminster, Waterloo et Bloomsbury, selon la presse britannique. Comment peut-on expliquer une telle campagne, alors que généralement l’affichage dans les transports publics doit faire l’objet d’autorisations multiples ?

En réalité, les affiches ont été imprimées et posées d’une manière sauvage. Transport for London (TfL) a déclaré que les annonces n'étaient «absolument pas autorisées» et seraient supprimées du réseau «immédiatement». A noter également que le maire de Londres a exigé le retrait immédiat de toutes ces affiches. Un porte-parole de TfL a déclaré: «Ces publicités ne sont absolument pas autorisées par TfL ou notre partenaire publicitaire JC Decaux (1).» «C’est un vol à la volée et donc un acte de vandalisme que nous prenons très au sérieux. Nous avons demandé à nos sous-traitants de retirer immédiatement ces affiches trouvées sur notre réseau (2)» A noter qu’un groupe intitulé London Palestine Action a tweeté des photos de plusieurs affiches, même si on ne sait pas exactement qui les a érigées (3).

Des éditorialistes de la presse britannique estiment que les affiches auraient été installées en réponse à la décision du parti travailliste d’accepter la définition de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA), mardi soir. Parmi les exemples ou comportements jugés antisémites par l’IHRA (4) et désormais partagés par le parti travailliste, figurent le fait «d’accuser un citoyen juif d’être plus loyal à Israël qu’à son pays», de «nier au peuple juif son droit à l’autodétermination » ou encore «d’établir des comparaisons entre la politique israélienne contemporaine et celles des Nazis».

Disons-le d’emblée, les affiches qui ont été apposées procèdent d’une  manœuvre idéologique que l’on peut qualifier d’ignominieuse. Ceux et celles qui, en Angleterre ou ailleurs, pensent que pour critiquer une politique -ce qui est du ressort de la liberté d’expression- il faille salir tout un peuple et un pays ou/et le jeter collectivement à la vindicte populaire, sont des irresponsables. Quoique les parallèles historiques soient souvent hasardeux, il faut quand même rappeler ici que, dans les années 30, à Berlin, Vienne ou ailleurs, les nazis apposaient des affichettes pour qualifier les commerces qui appartenaient à des Juifs.

Au final, cette entreprise de dénonciation calomnieuse est inacceptable dans un pays où le parti travailliste et son leader se sont illustrés par des déclarations lénifiantes et se sont vautrés dans un antisionisme primaire, flirtant hélas avec l’antisémitisme. Ce traitement particulier qui est réservé au seul Israël dans le monde s’illustre par sa bêtise et des obsessions d’un autre temps. Gageons que le parti travailliste anglais doive faire aussi dorénavant le ménage.

Notes :

1. « La police enquête après que des affiches ont affirmé que "Israël est une entreprise raciste" », NouvellesDuMonde.com, 5 septembre 2018.

2. Idem.

3. Idem.

4. https://www.holocaustremembrance.com/working-definition-antisemitism

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