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Publié le 11 Juillet 2016

#Opinion - Les enfants combattants du Moyen-Orient, un nouveau défi pour l'Occident, par Patricia Lalonde

Des enfants, endoctrinés, armés et entraînés par des adultes en guerre.

En plus de l'Irak et de la Syrie, il y aurait des centaines d'enfants soldats dans les rangs de l'armée d'ISIS en Bosnie Herzégovine, d'autres au Yémen, en Libye et au Nigeria

Par Patricia Lalonde, Secrétaire Générale de l'ONG MEWA, chercheuse à l'IPSE, publié dans les Blogs du Huffington Post le 11 juillet 2016
 
Alors que le monde occidental est menacé comme jamais auparavant il ne le fut par le terrorisme, de nombreux rapports d'UNICEF, Human Right Watch entre autres, viennent nous rappeler que notre combat est loin d'être terminé car une nouvelle génération de très jeunes combattants est prête à prendre le relai. Ce sont des enfants, endoctrinés, armés et entraînés par des adultes en guerre.
 
Ce phénomène n'est évidemment pas nouveau. Les enfants, en plus d'être les premières victimes de la guerre, sont utilisés et placés en première ligne dans de nombreux conflits notamment en Afrique. Actuellement, dans le cadre du conflit qui oppose la Turquie aux Kurdes on retrouve de nombreux enfants soldats dans les rangs du PKK. Selon les forces de sécurité turques l'organisation terroriste pourrait avoir recruté 2000 mineurs pour ces deux dernières années.
 
Anadolu News Agency estime qu'en 2014, 930 enfants de 12 à 17 ans auraient été enlevés par le PKK. Des familles désespérées ont manifesté récemment dans la ville de Dyarbakir, au Sud de la Turquie, pour réclamer leur retour.
 
Le PKK et son homologue syrien le PYD ont signé un accord avec Geneva Call afin de désengager les combattants en dessous de l'âge de 18 ans. Mais la pratique continuerait dans les zones rurales, et 40% des combattant seraient toujours des enfants.
 
Mais l'utilisation d'enfants se développe de façon très particulière et inquiétante au Moyen Orient avec la guerre barbare que mène ISIS contre notre monde libre depuis la constitution du Califat en Irak et en Syrie. Très particulière car l'utilisation d'enfants fait partie de la stratégie de guerre psychologique que mène Daesh: il faut à tout prix semer la stupeur et la sidération devant l'impensable chez l'ennemi. Car l'ennemi sous le choc est vulnérable, déstabilisé.
 
Un couple qui a fui Raqqa a raconté comment leur fils de 13 ans, "pris en charge" par ISIS, rentrait chez lui avec comme "devoir du soir" de décapiter au couteau une poupée blonde revêtue d'une tunique orange qui lui avait été remise.
 
Et qui ne se souvient pas de cette vidéo où un enfant d'une dizaine d'années était mis en scène abattant de sang froid un adulte. Ce ne sont que quelques exemples parmi d'autres.
 
Les statistiques sont difficiles à établir, mais en plus de l'Irak et de la Syrie, il y aurait des centaines d'enfants soldats dans les rangs de l'armée d'ISIS en Bosnie Herzégovine, d'autres au Yémen, en Libye et au Nigeria. Ces enfants perdus, ultraviolents sont alors programmés pour de futures opérations terroristes.
 
D'après Mia Bloo, de Georgia State University, co- auteur d'un rapport sur le sujet, 1500 enfants auraient été endoctrinés en Irak et en Syrie depuis leur plus jeune âge par des "cours" coraniques, puis entraînés au combat.
 
D'après cette étude, sur 89 cas de décès d'enfant soldats combattant pour ISIS, 39% des enfants sont morts en conduisant des voitures contenant des IED (Improvised Explosive Device), 33% tués au combat, 4% se sont suicidés en causant des tueries de masse, et 6% sont morts dans le cadre d'opérations de propagande... Lire l'intégralité.

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