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Publié le 11 Septembre 2019

Terrorisme - Quelle est l’essence première des mouvements terroristes, si ce n’est le totalitarisme ?

Quelle est l’essence première des mouvements terroristes ? Il y a dans le terrorisme, une « particularité » singulière et effrayante, ainsi qu’un puissant dénominateur commun : engendrer le chaos, effrayer une population, assassiner le plus grand nombre, détruire systématiquement, ravager, ensanglanter.

Par Marc Knobel, Directeur des Etudes au Crif

 

Toute notre histoire contemporaine est ponctuée de multiples tragédies. Elles ont quelquefois un point commun quoique les mouvements, groupes, groupuscules, organisations et/ou individus qui promeuvent, encouragent et commettent des attentats soient différents et qu’ils aient des objectifs politiques, religieux ou idéologiques différents. Il y a dans le terrorisme, une « particularité » singulière et effrayante, ainsi qu’un puissant dénominateur commun : engendrer le chaos, effrayer une population, assassiner le plus grand nombre, détruire systématiquement, ravager, ensanglanter. Il n’est pas rare d’ailleurs que des mouvements terroristes quelquefois opposés idéologiquement, puissent se coordonner, se trouver ou s’aider mutuellement, parce qu’ils cherchent des appuis logistiques, des endroits discrets, de l’argent, du soutien, une forme de lisibilité et de reconnaissance.

Ceux et celles qui pensent que le terrorisme est/ou serait une forme de protestation, se trompent lourdement. La protestation ne signifie nullement qu’elle doive s’exprimer par le sang et la mort. La préoccupation première des terroristes n’est d’ailleurs pas d’élever qu’une hypothétique protestation, mais bel et bien de faire connaître et de médiatiser à l’outrance leurs mouvements, groupes et groupuscules, ce faisant en engendrant le chaos. Le terrorisme veut médiatiser sa/ses causes, attirer l’attention et par le chaos qu’il engendre, semer la confusion, la peur et l’horreur. Ce faisant encore, on parlera forcément de ces mouvements, quelquefois embryonnaires, justement parce qu’ils effraient. C’est ce qu’ils souhaitent, c’est leur objectif premier. Ce n’est pas une protestation (généreuse), c’est un moyen incroyable de pression constante, de chantages multiples.  Certains s’escriment à vouloir trouver des justifications, lorsqu’ils parlent du terrorisme et obstinément à excuser le terrorisme. « Les gens qui se révoltent contre l’injustice sont traités de terroristes. Sont-ils mauvais ? Non, ils n’ont pas trouvé d’autre issue que la violence », c’est ainsi que s’exprimait le réalisateur, producteur et metteur en scène américain Francis Ford Coppola dans Le Figaro du 29 janvier 2015, par exemple. Voilà pour le moins, une vue courte et particulièrement cynique. Celle qui consisterait à définir la terreur comme étant un moyen légitime, à défaut d’en trouver d’autres.

Le terroriste affirme qu’il agit pour aider les pauvres et les opprimés. Les mouvements terroristes d’extrême-gauche, par exemple, arguent des méfaits du colonialisme et du capitalisme. Mais, ce que les terroristes cherchent avant tout, c’est à déstabiliser des régimes, déstabiliser des gouvernements et des pays. Ce qu’ils veulent c’est prendre, conquérir le pouvoir, par la force des armes. L’alibi est commode, il est aussi perfide. Pour lutter contre la paupérisation et la domination, des mouvements terroristes marxistes commettent des attentats. Ils affirment ce faisant détenir la vérité, lutter pour la libération de l’humanité, mais quelle humanité proclame-t-il ? Et de quelle vérité s’agit-il ?

Et quelle est l’essence première des mouvements terroristes, si ce n’est le totalitarisme ?

D’ailleurs, cette vieille rengaine est connue : c’est au nom de la vérité que la terreur révolutionnaire est exercée. C’est ainsi qu’une partie de l’extrême gauche, par exemple, refuse catégoriquement de condamner clairement les attentats terroristes qui ont été menés par des organisations terroristes, sous le prétexte de dommages collatéraux causés par une situation comprise comme étant colonialiste et ou de domination capitaliste.   

Comme le soutenait à raison Koffi Annan, l’ancien secrétaire général de l’ONU, à l’Assemblée générale de l’ONU, le 14 septembre 2001, « les actes de terrorisme ne peuvent jamais se justifier, quelque raison que l'on puisse faire valoir. » Clairvoyant, il ajoutait  quelques jours plus tard, le 1er octobre 2001 : « La paix, la tolérance, le respect mutuel, les droits de l'homme, l'état de droit et l'économie mondiale ont tous également souffert des actes terroristes. »

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