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Publié le 3 Décembre 2019

Vote IHRA - Redéfinir l'antisémitisme face à ses nouvelles formes

Mardi 3 décembre, à l'Assemblée Nationale, une proposition de résolution visant à lutter contre l'antisémitisme sera examinée. Cette résolution propose d'adopter la définition de l'antisémitisme de l'IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste). Aujourd'hui, découvrez les éléments relatifs à cette résolution d'une importance majeure dans la lutte contre l'antisémitisme en France.

Demain, mardi 3 décembre, une proposition de résolution visant à lutter contre l’antisémitisme sera débattue à l'Assemblée Nationale. Cette proposition de résolution est soutenue par le député Sylvain Maillard.

Ce projet de résolution, sans valeur contraignante, cherche à adopter la définition de l'antisémitisme selon l'IHRA, à savoir que : « L’antisémitisme est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte ».

Pour rappel, la définition opérationnelle de l’antisémitisme, non contraignante, a été adoptée par les 31 États membres de l’IHRA le 26 mai 2016, dont la France à un niveau européen.

Face à la résurgence de l'antisémitisme et l'augmentation des actes antisémites en France, "au premier semestre, nous sommes à plus 76 % d’actes antisémites déclarés par rapport à la même période en 2018", a dévoilé le président du Crif dans une interview au Figaro, il est plus que jamais nécessaire d'agir et de condamner l'antisémitisme sous toutes ses formes.

 

À l'occasion du débat à venir, le Crif a souhaité revenir sur ce que cette définition qualifie de nouvelles formes d'antisémitisme. À travers une série de posts publiés sur les réseaux sociaux du Crif (Twitter et iInstagram), avec le #VoteIHRA, cette campagne vise à mettre en exergue le caractère antisémite de déclarations antisionistes. En voici quelques exemples.

  • En quoi ces exemples sont-ils antisémites ?

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À travers cette loi, il n’a jamais été question d’empêcher la critique d’une politique et/ou d’une raison d’Etat et de débattre du conflit israélo-palestinien. 

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L'amalgame entre un individu juif et les actions de l'Etat d'Israël, c'est de l'antisémitisme.

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Est également considéré comme antisémite le traitement inégalitaire de l’État d’Israël, à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés de tout autre État démocratique. 

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L'utilisation de symboles et d’images associés à l’antisémitisme traditionnel pour caractériser les Juifs et les Israéliens est un autre exemple de cette forme renouvelée d'antisémitisme. Tout comme la production d’affirmations fallacieuses, déshumanisantes, diabolisantes ou stéréotypées sur les Juifs.

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Parmi les exemples contemporains d’antisémitisme, il existe aussi l’établissement de comparaisons entre la politique israélienne contemporaine et celle des Nazis. 

 

  • Comme l'explique la proposition de résolution,

"La haine des juifs tend encore aujourd’hui à se perpétuer dans ses manifestations les plus terribles : meurtres, profanations de tombes, séquestrations de concitoyens de confession juive au seul motif que, parce que juifs, ils « auraient de l’argent ».

Ce sont aussi les agressions du quotidien qui se multiplient. Aujourd’hui en France, porter une Kippa revient à s’exposer à des injures voire à des agressions physiques, qui développent chez nos compatriotes de confession juive un sentiment d’insécurité et de mal-être dans notre République.

L’antisémitisme du XXIe siècle a changé. Si le vieil antisémitisme français a subsisté, de nouvelles formes se sont développées.

L’antisémitisme est une négation de la République, une menace grave à la cohésion nationale. Il doit être combattu dans ses racines.

Or les actes antisionistes peuvent parfois occulter des réalités antisémites. Critiquer l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l’égard de la communauté́ juive dans son ensemble, tout comme rendre collectivement responsables les juifs de la politique menée par les autorités politiques israéliennes est une manifestation d’antisémitisme. De telles dérives font de plus en plus de l’antisionisme « une des formes contemporaines de l’antisémitisme », pour reprendre les mots du Président de la République. Pointer de telles dérives n’empêche par ailleurs aucunement la libre critique de la politique et des prises de positions des gouvernements israéliens.

Ces nouvelles expressions de l’antisémitisme, perverses parce que masquées, insidieuses parce que malhonnêtes et hypocrites, ont donné lieu en réaction à un important travail réalisé par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste. Ses trente-un États membres, dont la France, ont adopté le 26 mai 2016 une définition opérationnelle de l’antisémitisme ainsi formulée :

« L’antisémitisme est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte. »

Si cette définition permet de qualifier d’antisémites les attaques antisionistes motivées par une haine des juifs, elle ne reconnaît pas comme antisémites les critiques à l’égard des politiques menées par l’État d’Israël.

Face au retour du fléau antisémite, la représentation nationale se doit de poser un acte fort et de mettre des mots sur ce qu’est le nouvel antisémitisme, dans la droite ligne du Parlement européen en 2017 et du Conseil de l’Union européenne en 2018, qui ont reconnu la justesse et l’efficacité de la définition opérationnelle de l’Alliance. C’est le sens de cette proposition de résolution."

Découvrez l'intégralité du contenu de la proposition de résolution visant à lutter contre l'antisémitisme sur le lien suivant : Résolution n°2403

 

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