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Publié le 7 Septembre 2015

Aveugle, le ciel de la nuit, par Frédéric Tournoux (*)

C'est un petit livre, mais quel souffle !

Par Jean-Pierre Allali
Professeur de lettres, Frédéric Tournoux, qui avait consacré son premier roman à la tragédienne Rachel (1) nous offre un bel exemple de son écriture finement ciselée avec un texte émouvant autour de la vie d'un personnage atteint accidentellement de cécité.
Sébastien de Châtenoy, le héros du roman, est le fils du marquis Gaétan de Châtenoy, lui-même descendant d'Enguerrand Coligny de Châtenois, qui participa en 1906 à la première croisade, avec Godefroi de Bouillon. Le marquis déteste la populace et la plèbe et encore plus les Juifs. Aux heures terribles de l'occupation allemande et de la Shoah, il ne fut pas mécontent de voir les Juifs livrés à leur triste sort
C'est en Savoie, un soir de Noël, en 1978, que le drame est arrivé. Avec des amis, Sébastien s'était rendu, avant de réveillonner, à la messe de minuit dans une église d'Annecy. Au retour, la voiture dans laquelle ils se trouvent dérape sur plaque de verglas. Assis à l'avant, Sébastien, qui n'avait pas attaché sa ceinture, heurta violemment le pare-brise avec sa tête . Bilan : déchirure grave, hémorragie et décollement de la rétine. Sébastien, élève de terminale, vient d'entrer dans le monde des non-voyants. Bien que, comme le dit Hamou Bouakkaz, ancien adjoint de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris et aveugle lui-même, les choses aient beaucoup changé et que « le smartphone et le terminal braille ont remplacé la tablette et le poinçon », la vie d'un aveugle, même aidé à ses débuts par des techniciens de la locomotion, faites de tâtonnements et d'hésitations, est particulièrement difficile. Frédéric Tournoux nous la restitue avec de très jolis mots.
Et puis un jour, inopinément, le bonheur. Nous sommes en Arles, un soir d'été. Sébastien rencontre Anna. Anna Zowalewska. Ils sont vierges tous les deux et vont découvrir l'amour. Les choses se compliquent quand il s'agit de présenter Anna aux de Châtenois. Anna est juive. Son père, Juif polonais, est un rescapé de la Shoah. 
Malgré bien des vicissitudes, Sébastien et Anna parviendront à former un couple comme les autres et auront un fils, Marius. Une belle histoire.
Note :
(*) Éditions Glyphe. Avril 2015. Préface d'Hamou Bouakkaz. 116 pages. 12 euros.
CRIF

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