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Publié le 24 Décembre 2014

Il était une fois dans le métro, par Karen Merran (*)

Une recension de Jean-Pierre Allali

Le sujet de ce roman est pour le moins original : la vie dans le métro parisien avec ses usagers toujours pressés, ses couloirs interminables, ses rames souvent bondées, ses chanteurs et ses musiciens d'occasion et, surtout, ses clochards et ses quémandeurs, habitants abandonnés de tous, d'une capitale sans pitié pour les laissés pour compte de la société du 21ème siècle.

Pour narrer « son » métro, Karen Merran a choisi de suivre, au jour le jour, la vie et les aventures de son héroïne, Maya Marouani, Chef de produits au sein du service marketing de Beauty Corporation, une entreprise internationale de cosmétiques.

La rencontre fortuite à la station Saint-Lazare, entre cette jeune Juive marocaine et un sans-logis noir, Roger Daboli,  qui tente de survivre en vendant le « Guide des restos pas chers », va conduire Maya à se lancer dans une entreprise aussi folle que sympathique : inventer de toutes pièces, à l'instar de ce qu'elle sait faire parfaitement pour les shampoings et autres gels coiffants, une idée pour permettre à Roger de mieux « gagner sa vie ». Tout sera tenté, du moins en théorie : déclamation de poésies, karaoké, danse, chansonnettes, devinettes...Maya et Roger vont réaliser, au fil des jours, que ce n'est pas si facile d'attirer l'attention des clients du métro dont les pensées sont souvent ailleurs et la générosité approximative. Finalement, Maya se rend compte que « dénicher une idée pour aider un SDF était plus ardu qu'inventer un nouveau produit capillaire ».

À travers les pages, on découvre la sympathique famille de Maya. Sa grand-mère, Mamie You, originaire de Safi, admiratrice de Patrick Bruel et joueuse invétérée de poker, son père, Simon, chef de la famille, qui dirige toujours la prière du kiddoush du vendredi soir, sa mère, Lorène, son frère, Raphaël et son épouse Caroline, sa sœur Lisa et son mari, Julien. Sans oublier la dernière génération des enfants : Salomé, Lucas et Max. Et la copine intime de mamie You, Madame Funaro, celle qui vient prendre le thé à cinq heures.

On suit avec délices les difficultés professionnelles de Maya et ses désaccords avec l'insupportable Sabrina Chervo comme ses aventures amoureuses avec le beau Nathan, dont la grand-mère maternelle est juive tunisienne.

Sympathique. À découvrir.

Note :

(*) 2014. 220 pages. Ouvrage disponible sur Amazon au prix de 9,60 euros.

CRIF

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