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Publié le 29 Octobre 2015

Jacques Tarnero : Le coup de pied de l'âme

Le supplément d'âme a aussi besoin de combattants. Let's go ! enjoint l'essayiste.

Par Jacques Tarnero, publié dans le Huffington Post le 1er septembre 2015
 
... Quelle est "l'âme" de ces écologistes d'abord préoccupés par le boycott d'Israël? Quelle est "l'âme" de madame Simonnet, du Parti de gauche, élue de Paris, saisie de convulsions à l'annonce d'une journée consacrée à "Tel Aviv sur Seine" dans l'opération "Paris plage"? A l'entendre, cette gauche de gauche, tout le malheur du monde porte le nom exclusif d'Israël, tandis que les horreurs islamistes ne suscitent aucune indignation et que le "marché" désormais ouvert avec l'Iran ouvre des perspectives radieuses pour le pouvoir d'achat des travailleurs.
 
Il y a quelques temps "la gauche risquait de perdre son âme" si jamais le "marché" venait la séduire et la corrompre. Tels des fils de Loth, prononcer le mot "marché" sans vomir, pouvait transformer l'âme de l'homme de gauche étalon en statue de sel. Bien sûr, les bateaux Mistral ont été refusés à la Russie et le méchant Poutine n'aura pas ses joujoux. L'âme est sauve. Après tant et tant de compromis et de compromissions passées, un groupe "d'experts", de "haut niveau" (bien évidemment adoubé par Edgard Morin et les mannes de Stéphane Hessel) devrait vérifier la bonne installation de l'âme de gauche dans son grand corps malade...
 
Il faut remarquer que dans le registre de la localisation de la spiritualité, la droite ne semble pas disposer d'âme. On n'entend jamais quelqu'un d'avisé et de droite estimer que la "droite" risquerait de "perdre son âme", à recevoir par exemple Poutine, Kadhafi ou saluer la dépouille de Assad père ou de recevoir Assad junior. La droite n'a pas d'âme, c'est bien connu, et quand elle gesticule sur "l'identité de la France", elle abandonne bien vite l'idée déjà avancée par un Front National parricide. Nul doute que l'héritière saura remettre sur des rails plus policés mais tout aussi illusoires une question aussi mal posée qu'évidente. De ce désarroi généralisé la pensée bleu marine fait son miel. Après avoir ripoliné la façade et assassiné le père, elle avance ses pions d'autant plus facilement que la scène politique déroule son tapis, de prière pour les uns, de confusion pour les autres.
 
Chaque jour qui passe témoigne d'une dislocation progressive et accélérée du creuset national, tout en convoquant les mannes de la laïcité sur l'autel de la République. Sauf à imaginer que l'idée même de nation soit une obscénité, cette idée et ce mot ont déserté les catégories politiques des Européens. Tandis que les uns appellent au massacre des infidèles, des mécréants, des juifs et des chrétiens, voilà les autres, les Européens, qui se retrouvent en panne de volonté européenne. Comment l'Occident tout entier n'est-il pas capable d'unir ses forces pour faire la guerre à cette horreur moderne d'Etat islamique ? Comment ne comprennent-ils pas que chacune de leur nation, de leur identité, de leur culture est la cible de cette progression cancéreuse ? Le grand allié américain semble pris dans la même impuissance. Prêt à pactiser avec ses pires ennemis et trahissant ses anciens alliés, voilà l'Amérique d'Obama, abandonnant les Kurdes à son double ennemi turc et jihadiste.
 
Voilà l'Amérique d'Obama faisant le pari incertain d'une sagesse à venir de la République islamique et cela sans avoir posé comme principe préalable à tout accord, l'abandon par l'Iran, pays membre de l'ONU, de son projet de destruction d'un autre Etat membre de l'ONU, du nom d'Israël. Les autres partenaires du groupe 5+1, dont la France, ont-ils eu l'idée de poser de leur côté un tel préalable, une telle exigence? La réponse est non. Obama a-t-il déjà oublié que la première ligne de front contre la menace islamiste est à la fois kurde et israélienne? La France fait un autre choix, privilégiant les Sunnites aux Chiites, elle s'accommode de cet accord signé avec l'Iran tout en favorisant les meilleures relations commerciales avec la source idéologique du jihadisme, c'est à dire l'Arabie des Saoud. Voilà le chaos du monde musulman installé en Europe, agressif, multiforme, sans qu'aucune âme européenne n'ose reconnaître la nature du moment présent : c'est bien d'un conflit de civilisation ou de culture dont il est question.
 
C'est bien une civilisation, une idée de "l'autre" qui est agressée à la fois de l'extérieur et qui est mise à mal à l'intérieur justement par sa perte d'âme. Quelles sont les perspectives que l'Europe propose à ses citoyens : produire et consommer? Cette paix qui existe depuis près de soixante dix ans dans un espace démocratique offrant des garanties de bien être relatives à ses citoyens, la voilà de nouveau mise à mal à la fois par son indifférence autant que par ses couardises... Lire l'intégralité.
CRIF

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