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Publié le 24 Septembre 2013

J'ai vécu si peu - journal du ghetto d'Oradea, par Éva Heyman (*)

La place qu'occupe le « Journal d'Anne Frank » dans la littérature mondiale est désormais établie. Le récit de la jeune Juive allemande réfugiée à Amsterdam qui mourut du typhus dans le camp de Bergen-Belsen, récit miraculeusement récupéré par une amie de la famille dont seul, le père, Otto Frank, survécut à la Shoah, est devenu le symbole même de la souffrance du peuple juif assassiné. Cela n'empêche pas que, de temps en temps, d'autres textes de la même nature sortent de l'oubli. En témoignent notamment, pour la France, les « Lettres de Louise Jacobson «  (1).

Émouvant et impressionnant. Un petit livre à découvrir sans tarder

Et voici que nous découvrons aujourd'hui le parcours étonnamment semblable à celui d'Anne Frank, d'une jeune fille de Transylvanie, Éva Heyman. Son journal, qu'elle remit avant sa déportation à la cuisinière chrétienne de ses parents, Mariska Szabó, est parvenu à sa mère, Ágnes (Ági) Zsolt, qui le publia en 1948 peu avant de se suicider.

 

Du 13 février 1944 au 30 mai de la même année, la petite Éva, treize ans, s'adresse à son cher « Petit Journal » pour lui raconter son quotidien à Oradea, sa ville natale, hongroise à l'époque. Elle dit ses petits soucis quotidiens, ses leçons et ses devoirs, son école, le divorce de ses parents, son beau-père, l'écrivain et journaliste Béla Zsolt, ses grands-parents, ses amies, les petits cadeaux qu'elle reçoit de temps en temps, les sentiments qu'elle éprouve pour un beau jeune homme, Pista Vadas, l'idée obsessionnelle qu'elle épousera un jour un Anglais aryen , sa certitude que les Allemands vont perdre la Guerre et son espoir d'entreprendre une carrière de photoreporter.

 

Mais, au fil des jours et des pages, la situation de la communauté juive d'Oradea, la plus importante de Transylvanie, se dégrade. Surtout après l'occupation de la Hongrie par les Allemands. L'antisémitisme atteint son paroxysme et les mesures sont de plus en plus contraignantes : confiscations, spoliations, vexations, interdictions de tous ordres, mauvais traitements, interrogatoires, meurtres, rassemblement dans un ghetto dans des conditions épouvantables avant le transport, dans des wagons plombés vers les camps de la mort.

 

Lucide, mais courageuse et déterminée, Éva a soif de vivre : « Mais je ne veux pas mourir, mon petit Journal ! Je veux vivre, même si je dois être la seule à rester ici ! Je me cacherai dans une cave, un grenier ou n'importe quel trou jusqu'à la fin de la guerre. Je me laisserai même embrasser par le gendarme qui louche, celui qui nous a pris la farine, pourvu qu'il ne me tue pas, qu'il me laisse vivre ! » Bien que née un vendredi 13, la petite Éva, n'aura pas cette chance de survivre. Elle est morte dans une chambre à gaz à Auschwitz, le 17 octobre 1944.

 

Dans une belle préface, le professeur Carol Iancu nous brosse un tableau historique remarquablement chiffré de la situation de la Transylvanie à l'époque, ce qui permet de bien situer l'environnement dans lequel vécut la petite Éva. En annexe, des textes d'Agnes Zsolt, de Mariska Szabó et de Juszti, la gouvernante chrétienne complètent ce témoignage exceptionnel.

 

Émouvant et impressionnant. Un petit livre à découvrir sans tarder.

 

Jean-Pierre Allali

 

(*) Éditions des Syrtes. Mai 2013. Préface de Carol Iancu. Traduit du hongrois par Jean-Léon Muller. 168 pages. 16 euros.

(1) Éditions Robert Laffont, 1997.

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St Michel avec Europalestine

#MemoireJ - "La ville sans juifs", diamant noir du cinéma, cherche ses sauveurs

La cité d'Utopia est en crise, la révolte populaire gronde, son maire imagine une solution: expulser les juifs.

Cette troublante anticipation politique, sortie en 1924, est le film muet "le plus important" du cinéma autrichien mais il y a urgence pour le sauver.

"La ville sans juifs", tourné à Vienne en pleine flambée de l'antisémitisme et du péril nationaliste, a longtemps frustré les cinéphiles.

Amputée de nombreuses scènes, la version du film en noir et blanc connue des archives autrichiennes n'était à l'évidence pas celle qui avait défrayé la chronique lors de sa sortie.

Jusqu'à la découverte fortuite d'une nouvelle version par un collectionneur anonyme il y a un an en France.

Le visionnage de la pellicule jaunie a fait bondir le cœur des équipes de la Filmarchiv Austria, la cinémathèque autrichienne: de nombreuses scènes manquantes, qui restituent à cette satire sa force politique et documentaire, se sont révélées à l'écran. Mais le film d'époque, en nitrate de cellulose, est en très mauvais état.

"Ce document se décompose, il faut le sauver et le rendre accessible, non seulement pour son caractère historique mais pour son message actuel, contre l'exclusion et les murs que l'on construit", explique Nikolaus Wostry, directeur des collections de la Filmarchiv.

Dans des scènes douloureusement prophétiques, des colonnes de juifs quittent la cité, baluchon à la main, sur des routes enneigées. L'exil ou la mort seront le sort, à partir des années 1930, de plusieurs acteurs juifs du film de Breslauer.

Mais la fiction, elle, se termine sur un "happy end": le déclin économique qui frappe Utopia après le départ des juifs est tel que le décret d'expulsion est aboli, permettant le retour des exilés. Une fin qui avait disparu de la copie tronquée du film, mais redécouverte dans la nouvelle version.

Lire l'article Courrier picard: bit.ly/2fSJihX

La grand-messe annuelle de la cybersécurité s'est tenue courant novembre 2016 Tel-Aviv. Plus de 80 pays y étaient invités et 160 entreprises israéliennes présentées. L’Usine digitale a sélectionné cinq start-ups innovantes et d...

C'est dimanche et on vous attend nombreux !
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#ConvCrif

"J'avais des larmes aux yeux quand j'ai entendu ce qu'il se passait" a raconté le rabbin - arabes israéliens, Incendies

#Actu - Russie : Deux patineurs se déguisent en déportés juifs, le Crif réagit

Le Président du Crif, Francis Kalifat a écrit à l’ambassadeur de Russie en France pour exprimer sa protestation après la scandaleuse séquence diffusée dans les médias russes mettant en scène deux patineurs vêtus d’une tenue rayée et de l'étoile jaune des prisonniers des camps de concentration et d'extermination nazis.

L'acteur russe Andrei Burkovsky et la médaillée d'or de danse sur glace aux JO de 2006, Tatiana Navka, épouse du porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov se sont fendus d'une chorégraphie légère et joyeuse lors de l'émission russe de télé réalité « Ice Age » ce samedi 26 novembre.

De nombreuses personnes ont exprimé leur indignation et le Crif a également tenu à partager sa consternation face à cette séquence.

« Il est inacceptable de banaliser le drame vécu par 6 000 000 d’hommes, femmes et enfants lâchement assassinés au seul motif qu'ils étaient juifs et dont la seule sépulture réside dans le souvenir respectueux de leur calvaire », écrit Francis Kalifat.

Le Président du Crif a donc demandé au nom de toutes les victimes et de l’ensemble de la communauté juive, des regrets et des excuses de la part de Mme. Tatiana Navka et son partenaire ainsi qu’une sanction ferme du porte-parole du Kremlin Mr. Dmitri Peskov, son époux.

Coca-Cola a officiellement ouvert mercredi sa première usine dans la bande de Gaza, qui pourrait offrir du travail à des centaines de personnes dans l'en…

#MemoireJ – Commémorations de l’exode des juifs des pays arabes

Depuis 2014, le 30 novembre marque la journée de Commémoration de « l’exil et l’expulsion des Juifs des Etats arabes et de l’Iran », une loi signée par l’ancien Président Shimon Peres.

Une date à la signification particulière, le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de Nations Unies approuve le plan de partition des territoires de la Judée-Samarie et la création d’un État juif (rejeté par les nations arabes).

Le 30 novembre 1947, les attaques contre des juifs dans les pays Arabes sévissent, la situation s’aggravant de jour en jour, des milliers d’entre eux se retrouvant assaillis et expulsés.
850 000 juifs des pays arabes et musulmans (Libye, Maroc, Algérie, Tunisie, Iran, Syrie, Irak, Liban Yémen, Égypte...) ont alors émigré contraints ou par choix au lendemain de la création de l’État d’Israël.

Plusieurs facteurs expliquent cet exode : montée du nationalisme arabe qui mène, lors de la décolonisation, à l’exclusion sociale de certaines populations minoritaires, les difficultés économiques qui poussent les Juifs à chercher un meilleur avenir à l’étranger, les persécutions dans le contexte du conflit israélo-arabe, l’envie de s’installer en Israël par idéal politique et/ou religieux.

Ce rejet de la population juive aura pris différentes formes selon les pays et les époques. De la discrimination juridique en Syrie, à la dénationalisation en Égypte en passant par la spoliation économique et sociale en Libye et au Yémen... Tous les pays arabes sont concernés, dont la Tunisie et le Maroc.

Cet exode marquera la fin d’une présence juive plurimillénaire dans certains de ces pays.

Les descendants de ces réfugiés réclament aujourd’hui justice auprès de l’ONU afin de rétablir la vérité et de reconnaitre le statut de « réfugiés » à leurs familles.

Les chercheurs de l'Université de Tel Aviv ont découvert comment diagnostiquer Alzheimer par un simple test sanguin. Du fait de...

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