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Publié le 5 Janvier 2016

L'histoire de la médecine pour les nuls, par Bruno Halioua

Un travail monumental qui mérite d'être salué.
 
Une recension de Jean-Pierre Allali
 
C'est un travail véritablement titanesque qu'à accompli Bruno Halioua avec cette encyclopédie de près de quatre cents pages grand format qui permet à chacun, spécialiste, amateur éclairé ou profane, de tout savoir sur la médecine, de la plus haute Antiquité à nos jours. Dermatologue, Bruno Halioua est également un historien de la médecine qui enseigne à l'université Paris-Sorbonne. Le premier chapitre nous fait remonter dans le temps de plusieurs millénaires avec une étude sur « les médecines orientales traditionnelles ».
 
De là on passe à « la médecine assyro-babylonienne ». Le chapitre sur « la médecine des Hébreux » permet de retrouver des thèmes chers à l'auteur, notamment celui de la première opération de chirurgie esthétique racontée dans le traité « Baba Mézia » du Talmud. De là on passe à la Grèce ancienne puis à la Rome antique. Au Moyen Âge, la médecine des Arabes fait son apparition. C'est le temps de Rhazès et d'Abulcasis, d'Avicenne et d'Averroès et, bien entendu, des médecins juifs en terre d'islam : Isaac Ben Salomon Israeli (850-953) et Maïmonide. Pendant ce temps, la médecine monastique se développe puis la médecine scolastique. C'est le temps des prémisses des greffes d'organes, de l'âge d'or de la faculté de Montpellier et la naissance de celle de Paris. C'est l'époque, aussi, des grandes épidémies peste noire et lèpre.
 
Avec « la médecine de la Renaissance », on entre dans l'ère moderne. C'est aux XVIIème et XVIIIème siècles qu'on met sur pied le microscope et que la physiologie connaît un remarquable essor. Jenner invente la vaccination et Baudelocque développe l'obstétrique. « La médecine à l'époque contemporaine » voit la naissance de l'hygiène publique et sociale. De son côté, Laennec invente le stéthoscope.
 
Tandis que Pasteur « père de la microbiologie » met au point le vaccin contre la rage, les premiers sanatoriums font leur apparition et la Croix-Rouge d' Henry Dunant prend son essor. Bruno Halioua nous invite ensuite à découvrir « la médecine du XXème siècle à nos jours ». On parle désormais d'ADN, de génie génétique, de génome, de pacemaker et de défibrillateur, d'échographie et de scanner, de stents et d'endoscopie, de lasers et de radiothérapie, de sulfamides et de pénicilline, de bébés-bulles, de randomisation, de pilules contraceptives, d'insuline et de cortisone, de cœurs artificiels et de greffes rénale, de la brebis Dolly et du clonage, de la « vache folle » et des prions, du cancer et du sida, d'Alzheimer et d'Ebola.
 
Parmi les anecdotes savoureuses que nous rapporte l'auteur, l'utilisation de têtes de vaches « casher » pour le perfectionnement des scanners, l'utilisation du venin de serpent contre l'hypertension ou encore l'asticothérapie pour le traitement de plaies nécrosées. Sans oublier le lifting de Sarah Bernhardt.
 
Un chapitre est consacré aux « Dix maux qui ont changé le cours de l'Histoire », un autre à « Dix rois et hommes d'État malades » et un troisième à « Dix artistes malades ». En annexes, la liste des prix Nobel de 1901 à 2014 et celle des « Serments et codes médicaux ».
 
Au fil des pages, on découvre que certains personnages illustres pour d'autres raisons, étaient aussi médecins, chirurgiens-barbiers ou spécialistes de la médecine. Ainsi en est-il de Michel de Nostredame alias Nostradamus, de François Rabelais, de René Descartes, de Théophraste Renaudot, de Jean-Paul Marat (celui qui sera assassiné par Charlotte Corday), de Joseph Ignace Guillotin ( l'inventeur de la machine à couper les têtes), d'Anton Tchékov ( celui de « La Cerisaie »)et même d'Arthur Conan Doyle ( le créateur de Sherlock Holmes).
 
Note:
(*) Éditions First. 2015. Ouvrage dirigé par Laurence Brunel. Illustrations de Chalvin. 366 pages. 22,95 euros.
 
CRIF

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