Marc Knobel

Historien. Directeur des Etudes au CRIF

Blog du Crif - Lecture : L'Etat contre les Juifs, de Laurent Joly

05 Décembre 2018 | 288 vue(s)
Catégorie(s) :
France

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Actualité

FOR JERUSALEM NO VOICE MUST MISS
FOR JERUSALEM NONE OF US CAN REMAIN SILENT

POUR JERUSALEM PAS UNE VOIX NE DOIT MANQUER
POUR JERUSALEM AUCUN D’ENTRE NOUS NE PEUT SE TAIRE
 

 

Cette période de fêtes juives en France, rime aujourd'hui avec contrôles de sécurtié et détecteurs de métaux

Portrait de Jean Pierre Allali
ADIEU SHIMON
|
29 Septembre 2016
Catégorie : Actualité

L'ancien président de l'État d'Israël, mon ami Shimon Peres, prix Nobel de la Paix 1994 est mort dans la nuit du 28 septembre 2016. Il avait 93 ans.

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Dimanche 11 septembre 2016, j'étais l'invité de l'émission "30 minutes pour convaincre".

Le racisme qui frappe la communauté asiatique est insupportable.
 

Vouloir profiter de l'actuelle polémique pour assimiler les arrêtés anti-burkini à la Saint-Barthélemy et à la Shoah, c'est tomber dans l'indigne et le nauséabond 

Le Times of Israel a repris ma critique de la comparaison musulmans de France - juifs pendant la Shoah.

Je fais suite aux propos de Jean Luc Melenchon travestissant l'Histoire de France.

Aux côtés de Bruno Valentin, prêtre du diocèse de Versailles et Ahmet Ogras, vice-président du CFCM sur le plateau de BFM TV, j'ai réaffirmé mon sentiment d'horreur face à cet acte barbare qui s'est passé ce matin.

 

Il est peut être temps de poser à ceux qui relaient les théories du complot - en particulier sur les réseaux sociaux - des questions déstabilisantes.

Dans une interview donné à Patrick Perotto de L'Est Républicain, je suis revenu sur l’un des défis des années à venir : combattre les idées de haine qui se répandent sur internet

I was interviewed in English and French, on EJP , Tuesday, May 31, 2016.

J'ai été interviewé, en anglais et en français, sur EJP, mardi 31 mai 2016.

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Opinion

Je me suis exprimé sur les enjeux de l'élection présidentielle pour la communauté juive française.

Portrait de Stéphanie Dassa
Documentaire Sauver Auschwitz
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23 Janvier 2017
Catégorie : Opinion

"Sauver Auschwitz ?" un documentaire diffusé le 24 janvier à 22h40 sur Arte 

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Le racisme qui frappe la communauté asiatique est insupportable.
 

Vouloir profiter de l'actuelle polémique pour assimiler les arrêtés anti-burkini à la Saint-Barthélemy et à la Shoah, c'est tomber dans l'indigne et le nauséabond 

A l'occasion de l'assemblée générale du Crif réunie le 29 mai 2016, j'ai prononcé mon discours de candidature.

Depuis des années, l’historien Marc Knobel a de salutaires obsessions et une puissante détermination. L’une de ses salutaires obsessions, sur laquelle il a beaucoup travaillé et mené de profondes recherches, est cette diffusion sans frontières, sans retenues et sans toujours grandes oppositions, des haines multi-formes qui s’entretiennent.

Pour comprendre cet accord entre l’Iran et les grandes puissances sous la direction stratégique des USA, il faut essayer de comprendre la nouvelle politique internationale de l’administration américaine

Eté 2014. Pendant 1 mois et 18 jours, Israël a vécu au rythme des alertes et d’une guerre qui ne dit pas son nom. Un an plus tard. Juillet 2015 : Que reste-t-il de ces jours d’angoisse ?

Le 23 juin dernier, l’Union des étudiants juifs de France a célébré son 70e anniversaire à l’Hôtel de Ville de Paris. Magie des réseaux sociaux, j’ai vécu à distance cette soirée avec enthousiasme et frustration. L’occasion pour moi de replonger dans mes années Uejf.

Comme chaque été, de nombreux juifs ont décidé de quitter la France pour s’installer en Israël. On parle de 8000 à 10 000 pour l’ensemble de l’année 2015. J’ai moi-même fait ce choix en 2013  et pourtant j’ai, plus que jamais, envie de parler de ceux qui restent. 

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L'historien Laurent Joly publie un nouvel éclairage sur la collaboration de la France occupée à la déportation des juifs. Une œuvre magistrale.

L'historien Laurent Joly publie un nouvel éclairage sur la collaboration de la France occupée à la déportation des juifs. Une œuvre magistrale.

Ces derniers mois, quelques rares polémistes assènent sans la moindre précaution et sans aucune nuance que «Pétain a sauvé des juifs.» Ils reprennent ainsi l’argument des défenseurs de Vichy, destiné «à justifier et réhabiliter Pétain», selon l’historien Denis Peschanski. Des arguments qui indignent donc particulièrement les historiens. 

Dans L’Express (24 septembre 2018), l’historien Laurent Joly commente cette polémique, en ces termes : « Nous vivons une période de confusion et de régression. La parole de l'historien est moins audible. Dans les années 1970, quand Robert Paxton publie La France de Vichy, ses travaux s'imposent profondément dans l'opinion. Aujourd'hui, c'est un polémiste comme Éric Zemmour qui phagocyte le discours sur Vichy, donnant un air de nouveauté péremptoire à de vieux clichés (la théorie "du glaive et du bouclier") et parsemant sa relecture de l'histoire de France de fake news de son cru (ainsi une "première rafle du Vel d'Hiv" sous la Troisième République !) (1) ».  

Pour rappeler le contexte et l’analyser minutieusement, l'historien Laurent Joly, directeur de recherche au CNRS, publie « L'Etat contre les juifs » (Grasset), qui éclaire d'un jour nouveau la collaboration de la France occupée à la déportation et à l'extermination des juifs. « L'ambition de mon livre vise donc à offrir des réponses claires et étayées aux principales questions que l'on se pose sur Vichy et la Shoah (2) », résume ce spécialiste de l’antisémitisme français pendant la Seconde Guerre mondiale, auteur d’ouvrages sur les figures de cet antijudaïsme français.

Premier objectif de l’historien ? Rendre compte, de manière claire et étayée, des recherches parues ces trente dernières années sur le sujet. 

Autres objectifs ? S’atteler à définir/retracer/analyser les origines du premier statut des Juifs de Vichy d’octobre 1940 ; la mise en œuvre de la rafle du Vel d’Hiv (acteurs de cette opération, marges de manœuvre, différences d’un arrondissement à l’autre, etc.); et aussi l’épuration des responsables et agents de la politique antisémite à la Libération, mais pas exclusivement, bien évidemment. 

Résumons : Comment les efforts de Vichy pour «harmoniser» les zones inoccupées («libre») et occupée n'ont fait qu'empirer les choses? Comment la rafle du Vel' d'Hiv a-t-elle été organisée et mise en œuvre? Vichy a-t-il délibérément sacrifié des juifs étrangers pour sauver des citoyens français? Que pouvait-on savoir à l'époque sur le sort des juifs déportés? Avec quel mélange d'obéissance, de routine, de zèle antisémite et de résistance les fonctionnaires de Vichy ont-ils adopté des mesures anti-juives ? Enfin, la purge d'après-guerre a-t-elle négligé les responsables du sort des juifs ?

Ce livre est donc une synthèse, mais une synthèse remarquable.

Pourquoi? Parce que Laurent Joly livre permet de faire le point sur un certain nombre de questions, de l’adoption du statut des juifs jusqu’à la poursuite après-guerre des responsables de l’antisémitisme d’Etat, en passant par le degré de connaissance de la « solution finale.» A bien des égards, le présent ouvrage se situe dans la continuité des travaux de Paxton, Marrus (1), Klarsfeld, et ceux, précurseurs de Joseph Billig (2), explique l’auteur. Le livre est aussi un essai fondé sur des recherches inédites. La grille d’analyse est, pour l’essentiel la même, écrit Laurent Joly (p.11), qui ajoute que le choix de la collaboration par Vichy, sa volonté d’inscrire la France dans une Europe durablement dominée par le Troisième Reich expliquent fondamentalement ce qui se passe : « La Collaboration n’était nullement une politique de sauvetage. » La formule ancienne, de Billig n’a rien perdu de sa pertinence.

Et de conclure : « Que tant de Juifs – 76.000, dont plus de 40.000 entre juin et novembre 1942 – aient été victimes de la « solution finale » en France constitue un bilan désastreux. Environ 16% des juifs français en 1940 ont été déportés, contre 40% des juifs étrangers. Sur le total des 74.150 déportés, on compte un tiers de nationaux. Durant la deuxième année de l’Occupation, les juifs français sont assurément majoritaires (nous avons relevé 47% de juifs nés en France). Mais, en contribuant à leur déportation, Vichy cédait à l’occupant, à l’instar de L’Italie en 1943 ou de la Hongrie en 1944. Son intention n’était pas de déporter les juifs français de « vieille souche. » En revanche, elle était bien de se débarrasser des juifs étrangers (pp.235-236).

A lire absolument.

Notes :

1)    Propos recueillis par Yoann Duval, "Vichy n'a jamais été un moindre mal", L’Express, 24 septembre 2018.

2)    Idem.

3)    En 1981, les historiens américain et canadien Robert O. Paxton et Michaël Marrus publiaient « Vichy et les Juifs ». Un livre qui avait fait date car il mettait en lumière les responsabilités propres à l'État français dans la persécution des juifs de France. En 2015, « Vichy et les Juifs » est réédité chez Calmann-Lévy dans une version revue et augmentée. Au terme de leur démonstration, les conclusions de Robert Paxton et de Michaël Marrus sur les responsabilités propres de l’État français dans la persécution des juifs de France sont sans appel : les juifs de France ont plus souffert à cause de Vichy. Autrement dit, sans la politique propre de Vichy, il y aurait eu moins de morts.

4)    Joseph Billig est un historien français d'origine russe, qui participe à l'organisation du centre de documentation juive contemporaine (CDJC), envoyé en mission au procès de Nuremberg. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de référence sur le Commissariat général aux questions juives (CGQJ) et sur l'Institut d'étude des questions juives (IEQJ).

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