Stéphanie Dassa

Directrice de projets

Blog du Crif - Notre-Dame de Nice : Et Dieu dit : "Qu'as tu fait ?" (Gn 4)

30 Octobre 2020 | 350 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Il faut croire que certaines alertes ne veulent pas être entendues à temps

Souvent l’on oublie de parler d’eux

Au moins 128 morts à déplorer dans la vague d'attentats qui a frappé Paris vendredi 13 novembre

Portrait de Dov Maimon
Paradoxes de la politique israëlienne
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09 Novembre 2015
Catégorie : France

"A vos crayons citoyens, à la politique citoyens. Si nous voulons que les choses se fassent il va falloir que certains d’entre nous se bougent."

Tel Aviv sur Seine : succès sur les berges et sur le net, opération réussie !

Portrait de Virginie Guedj-Bellaïche
Le dialogue renoué
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29 Juillet 2015
Catégorie : France

Mars 2015, je suis à Bruxelles pour présenter mon livre écrit sous le pseudo de Sefwoman, « Je suis juive mais je me soigne ». Au fond de la salle, 3 garçons se marrent. Je parle de ma grand-mère et de service 98 pièces au liseré doré, de son refus de me parler de l’Algérie, des plats typiques, je les vois acquiescer. A la fin de la présentation, ils ont tous les trois le livre en main. « La dédicace c’est pour qui ? », « Ismaël ».

Célébrer le 14 juillet à Tel-Aviv – une occasion de célébrer la double appartenance culturelle et nationale sur un mode festif et joyeux.

12 juillet 1906, Alfred Dreyfus  est réhabilité par la cour de cassation de Rennes. C’était il y a 109 ans, autant dire une éternité.  

INTERNATIONAL - Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang, parce que l'Etat juif est (toujours) considéré et traité quelque part comme le Juif des Etats.
Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang, parce que l'Etat juif est (toujours) considéré et traité quelque part comme le Juif des Etats. Rappelons à ce sujet qu'une campagne BDS -pour Boycott-Désinvestissement-Sanctions- tente de s'implanter en France, en incitant à boycotter les personnes et les produits provenant de ce pays. Expliquons.


Artcile publié dans le Huffinghton Post http://www.huffingtonpost.fr/marc-knobel/boycott-produits-israeliens_b_7...

Un entretien entre Marc Knobel et Michaël de Saint Cheron, philosophe des religions.

Marc Knobel livre une analyse de l'opinion publique à l'égard de l'antisémitisme et d'autres sujets (avant et après les attentats de Janvier 2015).

Franck Guillory, journaliste, auteur et réalisateur de documentaires s'est rendu à Auswithz en Avril dernier, il nous raconte son expérience et ses souvenirs dans un article publié sur son blog.

Compte-rendu d'un magnifique livre de Benjamin Stora qui raconte son enfance juive à Constantine.

 

Des centaines de tombes ont été profanées au cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin), dimanche 15 février 2015, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, dans un communiqué de presse

Neuf ans après l’assassinat d’Ilan Halimi, voici la « chronique d’une barbarie et de ses conséquences médiatiques, politiques et judiciaires »,  par Marc Knobel, historien, chercheur, directeur des Études du CRIF

 

Pages

La semaine passée, lors d'une Conversation du Crif, une question a été posée au Père Christophe Le Sourt sur la réaction des catholiques face au terrorisme et reprenant l'exemple de l'assassinat atroce du Père Hamel.

Question légitime à laquelle l'homme d'église a répondu sans détour en citant le psaume 19 "Ensemble, debout, nous résistons". Ce qui signifie "Nous ne pouvons être autre chose que ce que nous sommes, nous catholiques, moi prêtre, je crois en la force de la prière et c'est ma seule arme".

C'est ainsi que nous avons bâti le dialogue entre Juifs et Chrétiens, en acceptant l'autre tel qu'il se définit, et non pas tel qu'on "aimerait" qu'il soit.

Hier matin, jeudi 29 octobre, vers 9h, à l'annonce qu'il "se passait quelque chose de grave vers la basilique de Nice" notre premier réflexe fut de contacter le Père Le Sourt.

Aujourd'hui, vendredi 30 octobre, nous connaissons les faits : un terroriste est entré dans la basilique à l'heure de la messe et a opéré son oeuvre démente de répandre la mort parmi ceux et celles qui s'ils sont à cette heure à la messe ne sont pas des croyants d'occasion mais bien de fervents catholiques qui débutent leur journée par cet exercice spirituel de rendre grâce à Dieu et de faire de chaque jour qui vient un jour meilleur. Et c'est dans ce moment d'intimité profonde que le terroriste, ce Cain post moderne, a égorgé, décapité, poignardé trois personnes. 

Le président du Crif Francis Kalifat a très tôt exprimé dans un tweet sa solidarité avec les Catholiques, appuyé par de nombreux messages de solidarité des délégations régionales du Crif.

De nombreuses autres déclarations de soutien émanant des Juifs de France ont suivi, notamment celle du Grand Rabbin Korsia qui n'a pas manqué d'emprunter un mot cher à la liturgie chrétienne, l'espérance en écrivant "C'est l'espérance qui a toujours fondé notre vision de la société, que ce soit grâce à nos textes religieux ou que ce soit par l'appel de la République."

Que disent ces manifestations qui vont au-delà de l'empathie ? Elles disent aux Catholiques que nous, Juifs, sommes malheureusement bien placés pour comprendre ce qui a frappé dans la Basilique de Nice. Ces messages leur disent que nous ne voulons pas qu'ils goûtent comme nous la saveur amère de la solitude. Souvenons-nous de celle qui nous a meurtri lorsque les premiers attentats ont touché le sol français et que la communauté nationale aveuglée n'a pas pris le sens de ce qui se tramait.

Cela, Jacqueline Cuche, la présidente de l'Amitié Judéo-chrétienne de France, n'a pas omis de le rappeler dans son communiqué où elle "remercie la communauté juive de France, elle même si souvent éprouvée". L'Eglise, elle, l'a répété à l'envi à chaque acte ou attentat antisémite : l'antisémitisme et la haine des Juifs ne sont pas compatibles avec la foi Chrétienne et sont une atteinte à Celui vers qui nous remettons notre être intime. Cette proximité est une des expressions de la Fraternité, qu'elle soit biblique ou républicaine ne change rien au sens du mot, ni à sa face sombre.  Face sombre car il y a de fausses fraternités, des fraternités d'opportunisme, des fraternités de détestation, des fraternités narcissiques, des fraternités pour plaire.

De ces fraternités-là, nous n'avons pas besoin. Celles et ceux qui sont engagés pour le dialogue savent très bien qu'il ne s'agit pas de se lover dans des termes enchanteurs et lyriques. Le dialogue ce n'est pas cette mauvaise littérature, c'est un chemin difficile, ce sont des rencontres insolites, et c'est surtout la confrontation volontaire à un univers fait d'autres constructions spirituelles et intellectuelles voire sensitives. C'est ce travail complexe qu'il faut mettre en exergue, ces longues années d'apprentissage qu'il faut vanter et qui sont le socle de tout.

Parce que nous avons appris à nous connaître, parce que nous avons appris à nous respecter sans condescendance, parce que nous avons mis en perspective nos différences théologiques parfois irréductibles, nous sommes en mesure aujourd'hui d'écrire comme me l'écrivait hier soir Frère Louis Marie, supérieur du monastère d'Abu Gosh près de Jérusalem : "C'est ensemble et par la force de notre rencontre que nous pouvons et devons vaincre cette barbarie"

Ceux qui veulent nous détruire doivent savoir que notre relation ne fait que se renforcer à chaque attaque et dans cette relation il n'y a qu'une valeur suprême : l'amour de la vie, ici et maintenant.

 

Stéphanie Dassa, Directrice de projets au Crif, en charge des activités de la commission du Crif des relations avec les Chrétiens, membre du Comité directeur de l'Amitié judéo-chrétienne de France

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.