Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

#BlogDuCrif #Gaza - Gaza ou l'autoroute des Fake news

24 Mai 2018 | 105 vue(s)
Catégorie(s) :
Actualité

Depuis plusieurs années, le cinéma international ne cesse de plébisciter les cinéastes iraniens. Asghar Farhadi en est l’exemple même. Cependant, certains réalisateurs n’ont pas la chance d’être autant ovationnés.

Pour leur cinéma engagé, frontal et dénonciateur du pouvoir politique et du régime iranien, grand nombre de réalisateurs iraniens ont été, pour les plus chanceux, contraint à l’exil, tandis que d’autres en détention, subissent le triste sort réservé aux prisonniers iraniens.

Dimanche 13 janvier 2019, le Crif a organisé un voyage de mémoire à Auschwitz-Birkenau. Ensemble, au cours de cette journée, nous avons honoré le devoir de mémoire qui nous incombe et sommes devenus les témoins des témoins.

L'historien Laurent Joly publie un nouvel éclairage sur la collaboration de la France occupée à la déportation des juifs. Une œuvre magistrale.

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Israël
 
Lors d’une allocution devant le Conseil de sécurité, Rafael Ramirez, représentant du Venezuela auprès des Nations-Unies, a lancé… « Qu’est-ce qu’Israël a l’intention de faire avec les Palestiniens ? Vont-ils disparaître ? Est-ce qu’Israël cherche à imposer une Solution finale sur les Palestiniens ? » 
 

Décryptage.

 

A Noël, les journaux français qui ont imputé aux Israéliens les difficultés des chrétiens à Bethléem ont passé sous silence l'attaque du Patriarche latin de Jérusalem par des émeutiers palestiniens musulmans dans la ville natale de Jésus. Une différence de couverture lourde de sens dans la période de Noël chargée de symboles.

A Noël, les journaux français qui ont imputé aux Israéliens les difficultés des chrétiens à Bethléem ont passé sous silence l'attaque du Patriarche latin de Jérusalem par des émeutiers palestiniens musulmans dans la ville natale de Jésus. Une différence de couverture lourde de sens dans la période de Noël chargée de symboles.

D'abord on critique, puis on dénie et pour finir on adopte. Laissons le temps au temps.

Conflit israélo palestinien, traitement médiatique, crise de l'information : analyse

Portrait de Sophie Taïeb
Incendie du tombeau de Joseph
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16 Octobre 2015
Catégorie : Israël

Détruire la cité ancienne de Palmyre et faire brûler le tombeau de Joseph reviennent-ils vraiment au même ? Pas pour tout le monde.

Quand les larmes se transforment en espoir d'un monde meilleur.

Maxime Perez est journaliste, correspondant pour la presse française en Israel et spécialiste des affaires militaires pour la chaine i24News.
Marc Knobel Directeur des Etudes du CRIF à confié à Maxime Perez le soin de présenter une étude sur l'Opération Bordure Protectrice.

Lundi dernier, l’ancien Président de la République était en Israël. Une visite étrange, hybride où le mélange des genres s’ajoute à la confusion des rôles.

Les français d'Israël, et en particulier ceux qui ont immigré de France durant les quinze dernières années, ont en grande majorité souhaité la réélection de Benjamin Netanyahu.
Déçus par l'attitude des politiques français face à l'islamisme et l'antisémitisme, beaucoup voient en Bibi un dirigeant politique charismatique doté d'une capacité à affirmer avec une assertivité rare la cause d’Israël à la face du monde et savent que ses concurrents en politique n'ont pas cette compétence exceptionnelle.
De plus, comparant la réussite de l'économie d'Israël face à la faillite de l'économie française, ils ne comprennent pas pourquoi la plupart des médias israéliens et analystes politiques sont tellement critiques envers celui qu'ils considèrent à juste titre comme un héros du peuple juif. 

Le 17 mars dernier, les israéliens ont voté et réélu Benjamin Netanyahou.

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"A Gaza, si le Meretz avait été au pouvoir, la réaction du gouvernement aurait été identique, c’est un consensus en Israël. Personne ne laissera des militants du Hamas forcer la barrière et commettre des attentats dans les kibboutz frontaliers". L’homme qui me fait cette déclaration sait de quoi il parle, il a été général et vice-ministre de la Défense. Dans un gouvernement travailliste...

Les réactions ont pourtant été sans appel : un génocide, a conclu Erdogan, expert sur la question. Un massacre, a dit Mahmoud Abbas, en accord avec l’ensemble des médias. Une marche pacifique à la Gandhi, manifestation spontanée d’une population à bout de privations, enfermée dans un camp à ciel ouvert, qui ne demande qu'à retourner vers les terres dont elle (ou plutôt ses arrière grands parents) a été chassée. Résultat :  60 morts palestiniens, aucun du côté israélien, un score sans appel. Personne ne signalait que dans leurs bombardements aériens en Syrie, la France et ses alliés avaient tué aussi des civils, malencontreuses "bavures" dans le cadre d’opérations légitimes d’un côté, actes odieux de l’autre…

Ce sont pourtant les dirigeants du Hamas eux-mêmes qui ont vendu la mèche :  80% au moins des tués étaient des militants dûment estampillés, et c’était insulter le mouvement que de considérer qu’il était pacifique, puisque Israël devait être détruit et non pas ramené aux frontières de 67, de 49 ou de 47. Quant au bébé Laila Al-Ghandour, probablement décédée d’une cardiopathie congénitale et utilisée post mortem comme icône de la barbarie israélienne, les médias n’ont ni enquêté, ni rectifié les informations provenant du Hamas, même quand celui-ci se déclarait plus tard incertain de la cause de sa mort. Le message était passé, il restera dans les consciences, Israël prend un plaisir particulier à tuer des enfants…

Dans le monde anglo-saxon quelques personnalités ont admis s’être trompées quand elles ont appris que les morts étaient pour la plupart des militants du Hamas. A ma connaissance il n’y eu ni rectification, ni mea culpa dans notre pays. Le Ramadan a donc commencé par une cérémonie à la Mosquée de Paris en l’honneur des victimes innocentes de Gaza, donc pour les islamistes du Hamas. Les centaines de milliers de victimes musulmanes en Syrie n’avaient pas eu cet honneur. Quand il ne s’agit pas d’Israël, la communauté des humanistes est moins réactive: Yezidis, Kurdes, Rohingyas et Burundais peuvent attendre.

Comment s’est pérennisée une situation si répétitive et si caricaturale, où quand l’information accusant Israël est démontée, cette rectification reste confinée et ne change rien à la perception initiale  négative transmise au public ? Celui -ci certes est tenu à l’écart des incertitudes méthodologiques sur les informations disparates qu’il reçoit, ce serait trop compliqué et cela détruirait le choc produit par les images. Mais les professionnels eux-mêmes ne changent pas, une fois qu’ils savent ou qu’ils devraient savoir. L’information est pourtant leur matière première, comme l’ADN pour le généticien, ou l’os pour le paléontologue. Des savants ont été bernés par de faux fossiles, cela oblige les spécialistes à une rigueur encore plus exigeante. Mais un os de dinosaure n’a pas l’impact d’une photo de bébé assassiné : si cette photo est un faux, celui qui l’a diffusée ne peut esquiver sa responsabilité dans l’écoeurement et la haine qu’elle a engendrée.

Beaucoup de ceux qui ont vilipendé Israël ne sont pas antisémites, certains ont même de ce pays une image mythifiée. Ils refusent de le voir mener une politique de puissance qu’ils acceptent chez tous les autres pays: c’est une forme philosémite d’israélophobie. Les idéalistes, Péguy l’a écrit, "ont les mains propres, mais ils n’ont pas de mains" et le peuple juif a trop connu la tragédie de l’impuissance.

Pour la majorité les motifs de critique sont plus terre à terre. Ne pas se confronter à la doxa dominante, et surtout ne pas se contredire. Qui parmi ceux qui ont admiré la Chine de Mao ou le Cambodge des Khmers rouges a admis publiquement s'être trompé ? Chaque chose, dit Spinoza, tend à persévérer dans son être.

Chez les plus militants cependant, il s’agit d’un combat : Enderlin, le responsable du mensonge  Al Dura, a déclaré que le journaliste décrit  la "réalité du contexte". Il importe donc peu que les  informations soient vraies, fabriquées, tronquées ou plus souvent encore simplement omises, quand elles organisent cette réalité plus essentielle que le journaliste bâtit en fonction de sa propre représentation du monde. Ce journalisme idéologique, c’est l’autoroute à fake news...

Richard Prasquier

 

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.