Marc Knobel

Historien. Directeur des Etudes au CRIF

Ce 20 janvier, le calvaire puis le meurtre d’Ilan Halimi - Par Marc Knobel

03 Février 2017 | 332 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Découvrez ma lecture du livre de Ginette Kolinka, "Retour à Birkenau".

Dans cette éditorial, je m'exprime sur la décision du parquet de Paris de s'opposer à l'incarcération d'Alain Soral. Une décision que je juge inacceptable.

Bienvenue sur le blog La Chronique (pas tès casher) de Raphaela ! Sur ce blog, Raphaela vous propose ses billets d'humeur sur tout ce qui l'entoure, l'émeut, la touche, la fait rire et la révolte. Et elle a des choses à vous dire...

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Actualité

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Le 34ème Dîner du Crif a eu lieu mercredi 20 février 2019

Depuis plusieurs années, le cinéma international ne cesse de plébisciter les cinéastes iraniens. Asghar Farhadi en est l’exemple même. Cependant, certains réalisateurs n’ont pas la chance d’être autant ovationnés.

Pour leur cinéma engagé, frontal et dénonciateur du pouvoir politique et du régime iranien, grand nombre de réalisateurs iraniens ont été, pour les plus chanceux, contraint à l’exil, tandis que d’autres en détention, subissent le triste sort réservé aux prisonniers iraniens.

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Antisémitisme
Il y a 11 ans, un jeune juif du nom dIIlan Halimi, était enlevé, torturé et assassiné.

Billet d'humeur par Marc Knobel

Pour la énième fois l'ONU s'apprête à voter le financement d'une liste noire d'entreprises internationales opérant dans les territoires contestés.

Seront ainsi montrées du doigt les sociétés se trouvant à Jerusalem, sur les hauteurs du Golan et en Judée -Samarie.

" Le guide du parfait boycotteur antisémite" sera ainsi financé par l'ONU.

Un pas de plus sera franchi !

 

En 2005, le fait religieux envahissait peu à peu et dans la confrontation, les cours de récréation. L’agitation religieuse commençait à provoquer des dégâts dont nous payons le prix lourd aujourd’hui.

FOR JERUSALEM NO VOICE MUST MISS
FOR JERUSALEM NONE OF US CAN REMAIN SILENT

POUR JERUSALEM PAS UNE VOIX NE DOIT MANQUER
POUR JERUSALEM AUCUN D’ENTRE NOUS NE PEUT SE TAIRE
 

 

Cette période de fêtes juives en France, rime aujourd'hui avec contrôles de sécurtié et détecteurs de métaux

Je suis intervenu aux deux conférences internationales sur l’antisémitisme organisées la semaine dernière à Paris.

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Mensonges, haine et illégalité.

La fête de l’Humanité, où artistes, politiques et public se pressent, a accueilli une fois de plus un stand appelant à la haine d’Israël.

Dimanche 11 septembre 2016, j'étais l'invité de l'émission "30 minutes pour convaincre".

Dans la newsletter du CRIF du 5 septembre 2016, nous reproduisions une information  faisant état de la publication d’un rapport, publié le 1er septembre 2016 et préparé par l'Association Voices for Human Rights et l'Institut Touro (Touro Institute on Human Rights and the Holocaust).

Vouloir profiter de l'actuelle polémique pour assimiler les arrêtés anti-burkini à la Saint-Barthélemy et à la Shoah, c'est tomber dans l'indigne et le nauséabond 

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Ecrit par Marc Knobel

Le 20 janvier 2006, Ilan Halimi a rendez-vous dans la soirée avec la jeune Emma, qui l’a abordé trois jours plus tôt dans le magasin de téléphonie où il effectuait un remplacement. La mineure est un appât « loué » par un certain Youssouf Fofana, dont le plan est d’enlever un Juif « parce qu’ils sont bourrés de thunes ». Emma entraîne Ilan dans le sous-sol d’un immeuble à Sceaux. Là, ses complices le neutralisent, puis l’emmènent jusqu’à un appartement vide à Bagneux. Pendant les semaines suivantes, Ilan est torturé. Le 21 janvier, Youssouf Fofana envoie depuis un cybercafé une photo d’Ilan à sa famille, sur laquelle le jeune homme apparaît menacé par un pistolet. Fofana exige une rançon de 450 000 euros. Il quitte ensuite la France pour la Côte d’Ivoire, laissant l’otage à des complices. Ceux-ci, devant l’absence de réaction de la famille, s’impatientent. Les jours passent, les échanges téléphoniques avec la famille se multiplient, le montant de la rançon ne cesse de changer. De retour en France, Fofana avertit un rabbin « qu’un Juif a été kidnappé » et le guide jusqu’à une boîte à lettre, où l’homme découvre une cassette audio sur laquelle est enregistré un message de l’otage « en sanglot, à bout de force, parlant des sévices subis ». Au même moment, Fofana doit libérer l’appartement où est détenu Ilan. Dans la nuit du 29, il le transporte jusque dans les caves d’un immeuble voisin. Le 31, un cousin d’Ilan trouve une cassette vidéo de l’otage, suppliant qu’on paye la rançon, ainsi qu’une photo de lui, en peignoir, menotté. La situation s’enlise. Ilan s’affaiblit. Il est dévêtu, toujours ligoté, à peine nourri. Des gardiens craquent, mais d’autres sont prêts à les relever. Le 4 février, Fofana repart en Afrique d’où, le 6, il organise une remise de rançon. Elle doit avoir lieu place de Clichy, et être apportée par le père d’Ilan. Le ravisseur demande que l’opération se fasse à Bruxelles. Le père d’Ilan refuse. D’Afrique, Fofana demande alors à ses complices de photographier l’otage, une photo où Ilan serait « en sang ». Ce dernier est trop affaibli pour supporter des coups, alors ils lui entaillent la joue au cutter. Le dimanche 12 février, Fofana rentre à Paris. Ses complices en ont visiblement assez. Il leur assure qu’il va relâcher Ilan. Puis, afin d’effacer les indices, Ilan est lavé, ses cheveux sont rasés. Le 13, à 5 h, les membres du gang voient Fofana s’éloigner au volant d’une voiture volée. Son otage se trouve dans le coffre. Plus tard, une passante en voiture repère Ilan, couché le long d’une voie de chemin de fer, à Sainte-Geneviève-des-Bois. Il est nu, menotté et bâillonné. Son corps est couvert de brûlures. Il meurt au cours de son transfert vers l’hôpital. Les médecins recensent quatre plaies au cou, dont une à la veine jugulaire, une à la hanche. Le 15 février, Audrey Lorleach, membre du Gang des Barbares, dénonce les faits à la police. Youssouf Fofana se réfugie en Côte-d’Ivoire où il est arrêté avant d’être extradé vers la France. Il est mis en examen et écroué. En France, l’émotion est immense. Plusieurs manifestations sont organisées. Les réactions se multiplient dans la presse et les médias pour condamner ce meurtre odieux. Pourtant, l’incertitude demeure. Est-ce un crime crapuleux ? Ou est-ce, circonstance aggravante, un crime antisémite ? La question est bientôt tranchée : le 5 mars, les magistrats instructeurs retiennent la circonstance aggravante d’antisémitisme. Plus de doute, il s’agit d’un crime antisémite. Immédiatement, le ton change.

C’est le 29 avril 2009 que s’ouvre le procès des membres du Gang devant la cour d’assises des mineurs de Paris. Il se tient selon les règles de publicité restreinte car certains des accusés sont mineurs au moment des faits. Youssouf Fofana se livre à d’intolérables provocations. Tout sourire, il lance « Allah vaincra ». Lorsqu’on lui demande son identité et sa date de naissance, il répond « Arabe, Africain, islamiste et salafiste » et dit être né le 13 février 2006 à Sainte-Geneviève-des-Bois – date et lieu de la mort de sa victime. Puis, Youssouf Fofana reconnaît avoir versé un liquide sur le corps d’Ilan et l’avoir enflammé avec un briquet. Le 11 juillet 2009, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Les verdicts prononcés à l’encontre des autres prévenus vont de 18 ans de prison ferme à l’acquittement. À l’énoncé du verdict, les parties civiles réagissent sans tarder. Au pied même des escaliers de la cour d’assises, l’avocat de la famille Halimi, Me Francis Szpiner, déclare : « La peine de prison à perpétuité … pour Youssouf Fofana est juste. La cour a cependant été particulièrement indulgente avec les autres accusés. Ce crime est un défi pour la République et la société française. » Le CRIF critique la forme du procès : « cette tragédie a été aggravée par le huis clos qui a entouré ce procès et qui lui a retiré la valeur exemplaire et pédagogique qu’il aurait dû avoir ». Me Szpiner, qui, en tant que partie civile, ne peut faire appel du jugement exhorte alors le ministre d’ordonner au procureur général de Paris de s’en charger. Finalement, un nouveau procès aux assises est organisé pour 14 des 25 complices de Fofana. Le 17 décembre 2010, la cour d’assises d’appel du Val-de-Marne alourdit les peines de sept des dix-sept accusés du Gang des Barbares jugés en appel. La cour prononce des peines allant de huit mois d’emprisonnement à 18 ans de réclusion criminelle, ainsi qu’un acquittement. Elle confirme par ailleurs le verdict prononcé en première instance à Paris pour les 10 autres accusés. Dans cette surabondance de polémiques et de rebondissements compliqués, nous retiendrons le désarroi de la communauté juive. Ilan Halimi est le premier Juif qui ait été assassiné en ce XXIème siècle. Chez les Juifs de France, le traumatisme est immense et la douleur est incommensurable. Quelques années plus tard, en ce 20 janvier 2017, personne n’arrive à oublier le meurtre d’Ilan, pas plus que les cris d’horreur de sa mère lors de son enterrement.

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