Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Crif - Réfugiés Juifs du monde arabo-musulman : l'Exode oublié

30 Novembre 2020 | 271 vue(s)
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Francis Kalifat a bien connu Robert Castel, durant les dernières années de sa vie. Ce fut une très belle rencontre, il garde en mémoire de beaux souvenirs. Francis Kalifat était présent à son enterrement. 

Laura Melul est l'auteur du blog culinaire L'arène des papilles. Écoutant son coeur et sa passion pour la cuisine, Laura a choisi d’opérer une reconversion professionnelle, après 13 ans dans la finance de marché. Découvrez quelques-unes de ces savoureuses recettes à l'occasion des fêtes !

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Antisémitisme

Par Nicolas Bedos

Il y a 78 ans, le 7 juin 1942, la législation instaurant l'étoile jaune était mise en place. Cette semaine, à cette occasion, nous vous proposons 4 articles sur la façon dont Serge Gainsbourg, Jean Ferrat, Sacha Distel et Marcel Gotlib ont vécu le port de l'étoile jaune.

Ces articles sont proposés par Bruno Halioua, dans le cadre de la publication  de son livre «Leur Seconde Guerre Mondiale», (à paraître édition Buchet Chastel en octobre 2020). Dans ce livre, il s'intéresse à la façon dont certaines personnes célèbres ont vécu les événements marquants de la Seconde Guerre Mondiale. 

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Israël

Par un enchaînement de hasards, notre bloggueuse Sophie, plus habituée aux sujets de cyber-sécurité et de contre-terrorisme, s'est retrouvée les mains dans la pâte (à pizza). Et ça lui a donné quelques idées plutôt gourmandes... Elle les partage avec vous cet été à travers ces chroniques culinaires ! 

Par un enchaînement de hasards, notre bloggueuse Sophie, plus habituée aux sujets de cyber-sécurité et de contre-terrorisme, s'est retrouvée les mains dans la pâte (à pizza). Et ça lui a donné quelques idées plutôt gourmandes... Elle les partage avec vous cet été à travers ces chroniques culinaires !

 

Texte de Richard Prasquier, ancien président du Crif, également publié dans l'hébdomadaire Actualité Juive.

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Illustration : Dans les années cinquante, groupe de Juifs d’Afghanistan en partance pour Israël (Collection JPA)

 

La presse internationale comme les commentateurs autorisés évoquent tout au long des mois et des années le sort des réfugiés palestiniens. Mais force est de constater qu’on parle très rarement de la destinée tragique des Juifs originaires du monde arabo-musulman qui furent amenés à quitter subitement des terres où ils étaient établis depuis des milliers d’années. Et pourtant, il s’agit d’un drame qui a concerné près d’un million d’individus.

Fort opportunément, la Knesset, le parlement israélien, a, le 24 juin 2014, adopté une loi instituant une Journée de commémoration de l’Exode des Juifs des Pays arabes et de l’Iran.

Ce n’était que justice face à ce qu’il faut bien considérer comme un exode oublié, voire escamoté. Quittant en catastrophe les pays arabo-musulmans, les Juifs ont essaimé aux quatre coins du monde mais c’est en Israël, pour l’essentiel, qu’ils ont trouvé refuge, constituant désormais, avec leurs descendants, près de la moitié de la population du pays.

La Knesset a choisi le 30 novembre comme date de cette commémoration. Le 30 novembre prochain marquera donc la 7ème journée de souvenir solennel de cet exil.

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Peu après la création de l’État d’Israël, regroupement d’enfants juifs d’Afrique du nord dans une « Ma’abara », village de tentes provisoire. (Collection JPA)

C’est dans les années 1970, à Tel Aviv, que la question du statut de réfugiés pour les Juifs ayant quitté le monde arabo-musulman a été soulevée pour la première fois par la WOJAC (World Organization of Jews from Arab Countries). Dans ses attendus, la WOJAC se référait à la fameuse résolution 242 des Nations unies.

En 1999, la WOJAC a été amenée à cesser ses activités. Trois ans plus tard, la JJAC (Justice for Jews from Arab Countries), actuellement co-présidée par le rabbin new-yorkais Elie Abadie  et le canadien Sylvain Abitbol (1) a repris le flambeau depuis New York en entreprenant une action vigoureuse de lobbying. C’est ainsi qu’en 2008, la Chambre des Représentants des États-Unis a adopté une résolution affirmant la nécessité de conférer aux émigrés juifs le statut de réfugiés selon la Convention relative au statut des réfugiés et d’établir un fonds d’indemnisations visant à compenser ces réfugiés pour toute perte ou dommage matériel qu’ils auraient subi. Plus tard, en 2014, le gouvernement canadien a reconnu aux émigrés juifs déplacés depuis 1948, le statut de réfugiés, et ce, afin « d’assurer la reconnaissance juste et équitable de toutes les populations de réfugiés découlant du conflit israélo-arabe ».

Si le départ des Juifs d’Afrique du nord s’est effectué en général, malgré quelques violences, d’une manière moins meurtrière qu’ailleurs, on ne saurait oublier par exemple le drame des Juifs de Syrie avec le pogrome d’Alep, le 2 décembre 1947 et, dans les années 50, le harcèlement incessant de la police secrète, la sinistre « moukhabarat ».

L’Irak, lui, a connu le « Farhoud », nom arabe du pogrome qui vit, le 6 juin 1941, la mort de 600 Juifs et des milliers de blessés. En Égypte, à la suite de la création de l’État d’Israël puis au gré des guerres israélo-arabes, les Juifs seront soumis à la terreur et à l’emprisonnement qui conduiront à leur fuite éperdue.

Présents dans le pays depuis la période du Second Temple, les Juifs du Yémen purent gagner Israël en 1949 grâce à l’opération « Tapis Magique » qui permit à 45 000 âmes de quitter un pays où, comble du sadisme, un édit royal de 1920, obligeait tout enfant juif de moins de treize ans, orphelin de père, à se convertir à l’islam (2).

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Immigrants yéménites juifs à leur arrivée en Israël (Collection JPA)

Un récent ouvrage de Joël Kotek et Alain Soriano (3), préfacé par Philippe Val propose un tableau chiffré on ne peut plus éloquent. On peut y lire à propos du nombre de Juifs: Algérie : 1948 : 120 000, 2010 : 0, Égypte : 1948 : 75 000, 2010 : 100. Pour les mêmes dates, en Irak, on passe de 135 000 à 5, au Liban, de 5 000 à une trentaine, en Libye de 38 000 à 0, au Maroc, de 265 000 à 7 000, en  Syrie de 30 000 à 100, en Tunisie, de 105 000 à un millier et au Yémen, de 55 000 à 350. En tout, pour ces 9 pays, on est passé de 818 000 Juifs à 8 475 !

Le 30 novembre prochain, de nombreuses manifestations auront lieu à travers le monde, souvent par Zoom en raison de la pandémie de coronavirus. Nous penserons très fort et avec émotion à ce drame terrible mais hélas trop longtemps occulté.

 

Jean-Pierre Allali

Vice-président mondial de la JJAC

(1). Originaire du Liban, par ailleurs gastroentérologue, le rabbin Abadie vient d’être nommé rabbin de la communauté de Dubaï (The Times of Israël du 16 octobre 2020). Autre figure de proue de la JJAC : Stanley Urman, directeur exécutif puis vice-président exécutif.

(2) J’analyse en détail la situation pays par pays dans mon ouvrage « Séfarades-Palestiniens. Les réfugiés échangés ». Éditions Safed, 2005.

(3) “De quoi le boycott d’Israël est-il le nom ?”. Éditions La Boîte à Pandore, 2020.

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