Marc Knobel

Historien. Directeur des Etudes au CRIF

L’école et les profs, les ennemis de Daech

04 Décembre 2015 | 958 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Bienvenue sur le blog La Chronique (pas tès casher) de Raphaela ! Sur ce blog, Raphaela vous propose ses billets d'humeur sur tout ce qui l'entoure, l'émeut, la touche, la fait rire et la révolte. Et elle a des choses à vous dire...

Bienvenue sur le blog La Chronique (pas tès casher) de Raphaela ! Sur ce blog, Raphaela vous propose ses billets d'humeur sur tout ce qui l'entoure, l'émeut, la touche, la fait rire et la révolte. Et elle a des choses à vous dire...

Pages

L'EI ne lésine pas sur les moyens et diffuse sur Internet sa propagande ignominieuse...

Le 30 novembre 2015, la mystérieuse agence de communication de l’Etat islamique, Al-Hayat, fondée en mai 2014 publie le septième numéro de son magazine en français Dar Al-Islam.

Le précédent numéro de Dar Al-Islam était daté 27 septembre 2015. Bourrées de fautes d'orthographes, truffées de passages du Coran et de mots ou d’expressions en langue arabe, les 58 pages PDF cherchent à convaincre les musulmans français de prêter allégeance au califat et d’éliminer les Kufr (les mécréants, les incroyants, les athées, les Juifs…).
Le numéro est intitulé "La France à genoux". 
 
En Une, une photographie : deux policiers accolés, l’un pleure. Et de proclamer dans l’introduction : "Pauvre France. Elle finit l’année comme elle a commencé : dans les larmes et le sang. La minable petite France a été frappée de plein fouet par les lions du Califat lors des attaques bénies du 13 novembre 2015, à Paris et à Saint-Denis…"
 
Avec des titres accrocheurs, une "belle" maquette et un sommaire détaillé, les articles ne sont généralement pas signés ; beaucoup ont été directement rédigés en français, les autres consistant en traductions d’articles déjà parus ailleurs (dans le magazine en anglais Dabiq notamment). Le numéro est agrémenté de photographies montrant des combattants arborant le drapeau du groupe Etat islamique aux quatre coins du monde arabe.

Et, l’EI affiche les monstrueuses photographies de décapitation et/ou d’otages exécutés.
Le magazine glorifie aussi les assaillants-suicides français, les élevant au niveau de héros pour leur sacrifice. Le martyre "pour Allah" est un thème récurrent dans le discours de l’EI. Plusieurs articles de Dar Al-Islam présentent les attentats-suicides comme justifiés et souhaitables. Extraits d’un article intitulé "La légitimité des opérations martyres". (MEMRI, 22 Novembre 2015).
 
Les menaces contre les écoles.
 
Mais, entre autre horreur, dans le numéro qui vient de paraître (numéro 7), il est largement question des "familles", de l’école de la République et de la laïcité (pp. 13-14). 
 
En ligne de mire de Daech, encore et toujours, la laïcité, donc.
La revue conseille à ses lecteurs de "délaisser l'éducation des mécréants". Car cette « éducation dans le cas de la France en particulier » serait un « moyen de propagande servant à imposer le mode de pensée corrompu établi par la judéo-maçonnerie ». Du complotisme rance… Le but de cette éducation à la française serait donc "de cultiver chez les masses l'ignorance de la vraie religion et des valeurs morales telles que l'amour de la famille, la chasteté, la pudeur, le courage et la virilité chez les garçons." (Le Figaro, 4 décembre 2015).
 
Les écoles sont considérées comme des "bouillies" de "mécréance". Je cite : 
 
"Lorsque tu mets ton enfant à l'école de la république, tu acceptes qu'il ingurgite cette bouillie de mécréance, corrompant ainsi sa prime nature et lui faisant emprunter les voies des gens de l'enfer (p.14)". 
 
Suivent plusieurs accusations portées contre l'enseignement qui serait selon eux prodigué dans les écoles (p.15-16). Avec ces avertissements et les menaces suivantes : 
 
"Il devient clair que les fonctionnaires de l'éducation nationale qui enseignent la laïcité tout comme ceux des services sociaux qui retirent les enfants musulmans sont en guerre ouverte contre la famille musulmane... Il est donc une obligation de combattre et de tuer, de toutes les manières légiférées, ces ennemis d'Allah..." (p. 17, 1ère colonne) Plus loin : "Et nous incitons nos frères en terre de guerre à les frapper le plus durement possible." (Idem, Seconde colonne).
 
Conclusion provisoire
 
Les menaces contre l’école ne sont pas nouvelles. En 2012, Mohamed Merah s’était déjà attaqué à une école juive. Selon un témoin auditionné par la police, Abdelhamid Abaaoud, commanditaire présumé des attentats du 13 novembre à Paris, aurait affirmé que d’autres attentats étaient prévus dans des quartiers juifs, de même que "dans les transports et les écoles", rapporte La Croix (3 décembre 2015). Mais pour Asiem El Difraoui, docteur en science politique et expert de la propagande djihadiste, interviewé par La Croix,  il est important de ne pas sombrer dans la psychose, qui est recherchée par les terroristes. "Ils ont conscience de l’importance de l’école en France. Leur but est de semer la panique. Ils sont dans une guerre psychologique contre nous."
 
Pour information, les consignes de sécurité du ministère de l’Education nationale :
 
Avec le niveau alerte attentats du plan Vigipirate puis l’état d’urgence décidé après les attaques du 13 novembre, les établissements scolaires ont musclé leur dispositif de sécurité : possibilité de contrôler visuellement les sacs à l’entrée, vérification de l’identité des personnes étrangères à l’école, interdiction de stationner devant les bâtiments, exercices d’évacuation et de confinement…
 
Deux circulaires sur la sécurité ont été publiées le 26 novembre 2015 au Bulletin Officiel de l’Education Nationale (BOEN). 
 
1) La première cosignée par Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche et son collègue Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur avec une liste les consignes de sécurité applicables. 
2) La seconde concerne les plans particuliers de mise en sûreté (PPMS).
 
Vous trouverez ci-dessous le lien sur le site du ministère relatif aux instructions et aux consignes diffusées sur ces différents sujets :
 

Nos réseaux sociaux en direct

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.