La chronique (pas très casher) de Raphaela : Sur la bonne voie

17 Octobre 2019 | 373 vue(s)
Catégorie(s) :
France
Portrait de Invité
#BlogDuCrif - Devoir de mémoire
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20 Septembre 2017
Catégorie : France

Il y a 76 ans, le 15 décembre 1941, 69 hommes ont été fusillés au Fort du Mont Valérien à Suresnes, dans les Hauts de Seine par les autorités d’occupations allemandes. Ces hommes, français et étrangers, furent arrêtés par les forces de polices françaises de la Préfecture de police du département de la Seine (à l’époque).

Je vais vous raconter l’histoire de Moritz Singer, mon oncle, le frère de ma mère, un de ces fusillés.

En 2017, Roger Pinto, sa femme et son fils ont été séquestrés, violentés et détroussés à leur domicile de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), "une agression antisémite" condamnée par le Crif et le ministre de l'Intérieur. Une première ?

"Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe…"
 

 

"The strength of a Nation always lies in the the way it looks at its History and and its ability to teach it to future generations".

 

"La force d’une Nation réside toujours dans le regard qu’elle sait porter sur son histoire et sa capacité à l’enseigner aux générations suivantes."

 

En juin 2017, quelques mois après l'assassinat de Sarah Halimi, Francis Kalifat, Président du Crif, publiait cette tribune en hommage à Sarah Halimi, devenue le triste symbole de l'antisémitisme qui tue. 

Sarah Halimi, une retraitée a été battue à mort à Paris, le 4 avril 2017 et son calvaire a duré plus d'une heure. Et, il s'agit bien d'un meurtre antisémite.

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

Portrait de Gil Taïeb
Nous sommes debout
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03 Avril 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

Francis Kalifat, the Crif President gave a speech at the annual Crif's dinner 2017. 

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Opinion

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

Portrait de Gil Taïeb
Nous sommes debout
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03 Avril 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

On ne le dira jamais assez : la parution d’ouvrages de poésie, en général et dans le domaine juif en particulier est devenue assez rare pour qu’on ne salue pas avec plaisir la sortie d’un nouveau recueil. Dans ce nouveau livre, la peintre et poétesse Sarah Mostrel nous offre un ensemble de textes inspirés de la Bible et des textes fondamentaux du judaïsme.

Remi Huppert est un spécialiste des Juifs de Chine. On lui doit notamment Destin d’un Juif de Chine (1). Dans son nouveau roman, le judaïsme est toujours présent.

"Le terrorisme et l'antisémitisme ont marqué cette année passée"

Je me suis exprimé sur les enjeux de l'élection présidentielle pour la communauté juive française.

Portrait de Stéphanie Dassa
Documentaire Sauver Auschwitz
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23 Janvier 2017
Catégorie : Opinion

"Sauver Auschwitz ?" un documentaire diffusé le 24 janvier à 22h40 sur Arte 

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Le racisme qui frappe la communauté asiatique est insupportable.
 

Vouloir profiter de l'actuelle polémique pour assimiler les arrêtés anti-burkini à la Saint-Barthélemy et à la Shoah, c'est tomber dans l'indigne et le nauséabond 

A l'occasion de l'assemblée générale du Crif réunie le 29 mai 2016, j'ai prononcé mon discours de candidature.

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Bienvenue sur le blog La Chronique (pas tès casher) de Raphaela ! Sur ce blog, Raphaela vous propose ses billets d'humeur sur tout ce qui l'entoure, l'émeut, la touche, la fait rire et la révolte. Et elle a des choses à vous dire...

Sur la bonne voie

Tremper la pomme dans le miel. Crever la dalle. Construire une cabane. Recommencer.

Les juifs, c’est un peu comme les ours finalement.

Première étape

Chaque année, le « Nouvel an » revient te rappeler qu’on a quand même des traditions un peu à part. Déjà, quand tu dis « Nouvel an » à un moldu, il t’imagine direct en train d’allumer des feux d’artifices dans ton jardin et de te soûler jusqu’au petit matin. Tu peux alors entendre des réflexions comme « Wouah, mais c’est trop cool, vous avez deux Nouvel an ! » Oui, mais en fait, non.

Notre début d’année à nous, c’est plutôt ambiance synagogue et repas de famille interminables. Il y a quand même des trucs cools, style on se gave de trucs sucrés en pensant que plus on en mange, plus l’année sera douce. Gros dingos que nous sommes. Il y aussi toute la partie prières sur des trucs chelou, tartes à la courge et autres têtes de poisson pour être toujours à la tête justement, et jamais à la queue. Si un antisémite vous demande pourquoi nous sommes partout, répondez-lui donc « c’est à cause de la tête de poisson !». Attendez-vous en retour à un regard de merlan frit...

En attendant, la « fête » est déjà finie, vous êtes en 5780 et il vous reste maintenant à espérer vous retrouver dans le bon livre pour le jour où le messie descendra sur terre pour faire sa compta. Heureusement, il vous reste jusqu’à Kippour pour réfléchir et changer. Et oui, si notre sentence était immuable, il y aurait nettement moins de fidèles à la synagogue, même à Kippour. Quoi qu’il en soit, si sur une échelle allant de Mère Teresa à Hitler vous penchez plus côté petit moustachu un brin autoritaire, rien n’est perdu pour vous. C’est le moment de prier à fond. Top à la vachette !

Dix jours plus tard…

Train Ouigo à destination de Strasbourg. L’âge m’ayant dépossédée de toute carte de réduction, et toujours assez flexible dans mes horaires, j’arrive à l’heure – pour une ashkénaze qui se respecte c’est-à-dire minimum une trentaine de minutes avant le train, voire même l’affichage de la voie du train. Il est onze heures, j’ouvre à peine les yeux et soudain des visages familiers autour de moi. Damned, le train de la veille de Kippour. J’avais complètement zappé que les juifs alsaciens ne savent pas faire les fêtes ailleurs que chez leur mère. Roch Hachana aurait dû me servir de leçon. Pas maquillée, j’affronte donc vaillamment les huit cents personnes que je connais peu ou prou, de près ou de loin, en sachant très bien que je me retrouverai un moment donné dans une de leur conversation de synagogue dans une phrase du style « la pauvre, elle avait pas très bonne mine ! ». Et pour cause, il faut bien s’occuper à Kippour. Vingt-cinq heures sans bouffe, c’est quand même long.

« Au moins, ça fait régime ! » Autre type de phrase entendu systématiquement à la synagogue un jour de Kippour. La religion finalement, c’est un peu comme tomber enceinte, c’est le genre de raisons qui te font tenir un jeûne easy, sans même te poser la question, alors que le reste de l’année tu es totalement incapable de sauter un seul repas de la journée pour le seul bien de tes fesses. C’est bien foutu quand même.

Mais revenons à nos moutons, béliers et autres boucs-émissaires. Je suis la première de ma rangée à la synagogue - ashkénaze for ever - je suis déjà tombée sur les douze personnes que je n’avais pas forcément envie de croiser, et j’ai un peu de temps devant moi pour méditer solo. Les dix jours de pénitence entre Roch Hachana et Kippour, finalement ça passe vite, et à force de reléguer la ligne « réfléchir à mes bonnes et mes mauvaises actions, demander pardon à ceux que j’ai potentiellement offensés et se repentir » tout en bas de ma to do list, l’état des lieux de ma conscience arrive juste à la deadline. Je fais le tour de mes péchés - par où commencer ? - je respire un grand coup et me dis qu’à partir de maintenant je serais une fille modèle et que… tiens mais ce serait pas mon ex avec cette immonde kippa verte ? Bordel, mais c’est un double menton ou une écharpe saumon qui pend autour de son cou de traître ? Oups.

Bon an, mal an, la journée suit son cours et la fin du jeûne pointe son nez. Tu vas pouvoir rentrer chez toi te défoncer le bide en oubliant toutes les bonnes résolutions que tu as prises aujourd’hui entre deux ragots avec tes voisines de syna.

Le lendemain dans la queue du train Ouigo du retour, facile de repérer tes congénères qui transportent tous d’énormes sachets de courses remplis de victuailles et qui sont vraiment dégoutés quand il faut payer le supplément bagage à cause des boulettes de Mamy… les joies du low cost. Petit accessoire supplémentaire pour les plus religieux : une sorte de pochette avec une grande tige et un citron dedans que l’on va pouvoir secouer lors de la dernière étape de ces fêtes de début d’année, dans la cabane que nous allons nous empresser de construire sur les balcons de dix mètres carrés de nos apparts parisiens.

La religion c’est quand même un truc de grands enfants.