Francis Kalifat

Président

Le tribune conjointe du Crif et du Conseil Central des Juifs en Allemagne suite à la monté de l’extrême-droite

09 Octobre 2017 | 10 vue(s)
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Opinion

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Le racisme qui frappe la communauté asiatique est insupportable.
 

Vouloir profiter de l'actuelle polémique pour assimiler les arrêtés anti-burkini à la Saint-Barthélemy et à la Shoah, c'est tomber dans l'indigne et le nauséabond 

A l'occasion de l'assemblée générale du Crif réunie le 29 mai 2016, j'ai prononcé mon discours de candidature.

Depuis des années, l’historien Marc Knobel a de salutaires obsessions et une puissante détermination. L’une de ses salutaires obsessions, sur laquelle il a beaucoup travaillé et mené de profondes recherches, est cette diffusion sans frontières, sans retenues et sans toujours grandes oppositions, des haines multi-formes qui s’entretiennent.

Pour comprendre cet accord entre l’Iran et les grandes puissances sous la direction stratégique des USA, il faut essayer de comprendre la nouvelle politique internationale de l’administration américaine

Eté 2014. Pendant 1 mois et 18 jours, Israël a vécu au rythme des alertes et d’une guerre qui ne dit pas son nom. Un an plus tard. Juillet 2015 : Que reste-t-il de ces jours d’angoisse ?

Le 23 juin dernier, l’Union des étudiants juifs de France a célébré son 70e anniversaire à l’Hôtel de Ville de Paris. Magie des réseaux sociaux, j’ai vécu à distance cette soirée avec enthousiasme et frustration. L’occasion pour moi de replonger dans mes années Uejf.

Comme chaque été, de nombreux juifs ont décidé de quitter la France pour s’installer en Israël. On parle de 8000 à 10 000 pour l’ensemble de l’année 2015. J’ai moi-même fait ce choix en 2013  et pourtant j’ai, plus que jamais, envie de parler de ceux qui restent. 

Dov Maimon rejoint les auteurs du Blog du Crif !

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

Partout en France, des crayons, des stylos et des feutres ont été brandis, les seules armes du courage et de la liberté contre d'autres armes qui tuent, qui souillent, qui meurtrissent à tout jamais.

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Après l'annonce des résultats des élections législatives allemandes - et de la victoire de 94 sièges au Bundestag pour le parti d'extrême-droite AfD, je me suis entretenu avec le Conseil Central des Juifs en Allemagne. Conjointement avec Josef Schuster, le Président du Conseil central des juifs en Allemagne,  j'ai écrit une tribune afin de dénoncer les dangers de l'extrême-droite. 

Dans cette tribune commune, nous avons exprimé notre position commune de rejet de l'extrême-droite dans les médias nationaux des deux pays. Cette tribune est parue dans Le Figaro en France et dans le journal Die Welt en Allemagne.

Tribune parue en français dans Le Figaro, Plus de 90 députés de l'AfD au Bundestag : un succès très inquiétant

Tribune parue en allemand dans le journal Die Welt, Juden können nicht mit Rechtspopulisten zusammenarbeiten

Tribune publiée dans Le Figaro le 6 octobre 2017

TRIBUNE - Les partis de Marine Le Pen et d'Alice Weidel ne sont pas des partis comme les autres, argumentent Francis Kalifat, le président du Crif et Josef Schuster, le président du Conseil central des juifs en Allemagne.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et le Conseil central des juifs en Allemagne (Zentralrat der Juden in Deutschland), qui représentent respectivement les institutions juives de France et d'Allemagne, ont une longue tradition d'expression politique non partisane. Les uns et les autres ont toujours travaillé avec les différents partis politiques représentés dans nos Parlements respectifs.

En France, cela avait changé avec les succès électoraux croissants du Front national. En Allemagne, une situation similaire apparaît avec l'entrée au Bundestag du parti populiste d'extrême droite Alternativ für Deutschland (AfD).

Les communautés juives en France et en Allemagne sont très attachées au pluralisme politique et aux valeurs républicaines. C'est précisément la raison pour laquelle nous refusons tout contact avec le Front national ou l'AfD.

Par leur histoire douloureuse, les juifs ont acquis une sensibilité particulièrement développée lorsque des populistes commencent à miner les valeurs démocratiques et à s'en prendre aux minorités. L'histoire nous a enseigné où cela mène quand, pendant des années, on prétend qu'un groupe particulier est dangereux pour l'ensemble du pays.

C'est exactement ce que le Front national et l'AfD font aujourd'hui. Ils agitent les haines et stigmatisent les minorités. En Allemagne, l'AfD a utilisé l'arrivée des réfugiés au cours des deux dernières années pour attiser les craintes dans la population. Dans le même temps, des personnalités politiques issues des rangs de l'AfD n'hésitent pas à réutiliser la rhétorique de l'époque nazie. Ils ne respectent ni le principe d'égalité, ni la liberté de religion, pourtant garantis par la Constitution allemande. Par le passé déjà en Allemagne, un parti s'est octroyé le droit de définir qui serait considéré comme Allemand et qui ne le serait pas, qui avait le droit de vivre et qui n'avait pas ce droit. Nous ne laisserons plus cela se reproduire.

En France, l'extrême droite véhicule la haine, la supercherie et le mensonge. Le Front National ose tout, promet tout, et n'hésite pas à dire tout et son contraire pour atteindre ses objectifs politiques. L'extrême droite s'inscrit dans une histoire d'hostilité envers les juifs et remet en cause la possibilité d'une vie juive sereine en France, évoquant l'interdiction de la kippa dans l'espace public, ou de l'abattage rituel. Le Front national joue avec les souffrances et les peurs. Il désigne les boucs émissaires, ne résout aucun problème dans notre société et ne fait que répandre le poison létal de la suspicion et de la division. Il tente de diviser notre société entre des «vrais Français» - ceux qui votent pour le FN - à qui ils promettent «la priorité nationale», et les autres. Cela nous rappelle l'horreur des heures les plus noires de notre histoire. Nous, juifs, ne sommes jamais loin dans le viseur lorsqu'on commence à faire des listes.

Pour nous, il est inconcevable de travailler avec des «politiciens» qui exigent la fin de la "culture de la culpabilité" ou qui veulent mettre en valeur l'action des soldats allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Les populistes de droite se disent amis d'Israël et des Juifs. Ils veulent nous faire croire que tous les musulmans sont nos ennemis communs dans le seul but de gagner des votes juifs. Mais pour nous, qui représentons les institutions juives en France et en Allemagne, il est important de l'affirmer clairement: le Front national et l'AfD ne sont pas des partenaires possibles ; ils sont une menace pour la vie juive en France et en Allemagne pour la démocratie à laquelle nous sommes tant attachés.

Pour le Crif comme pour le Zentralrat der Juden in Deutschland, les feux d'alerte sont déjà allumés et c'est l'occasion de rappeler la nécessité pour tous, de maintenir hermétique le cordon sanitaire qui nous séparent de ces deux partis extrémistes tant en France qu'en Allemagne. Les Français juifs et les Allemands juifs se dressent ensemble contre les populismes. Toute l'Europe devrait se saisir de cette lutte contre tous les populismes, contre ces forces qui mettent en danger les valeurs européennes, nos communautés et, en fin de compte, notre liberté.