Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lecture de Jean-Pierre Allali - Souviens-toi de nos enfants, de Samuel Sandler et Emilie Lanez

19 Juillet 2018 | 173 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Lundi 20 novembre, j'ai rencontré le Président français Emmanuel Macron à Paris, accompagné d'une délégation du Congrès Juif Européen (EJC).

La semaine dernière, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) proposait dans sa newsletter et sur ses réseaux sociaux un contenu qui a fait polémique.

Mon discours prononcé au dîner du Crif Grenoble-Dauphiné, le 22 octobre 2017.

Mon discours à la cérémonie d'hommage aux Juifs engagés volontaires qui s'est tenue le 15 octobre 2017 au cimétière de Bagneux.

Dans ce courrier, j'ai félicité Audrey Azoulay pour son élection. J'ai également attiré son attention sur les positions récentes de l'Unesco sur Jérusalem et commente les relations passées de l'organisation avec le Crif.

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Opinion

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Techouva, de Frédéric Lauze.

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Dina Porat, Le Juif qui savait Wilno-Jérusalem : la figure légendaire d’Abba Kovner, 1918-1987.

"On s'est dit au-revoir. C'était un au-revoir mais qu'y avait-il derrière cet au-revoir ?"

En 2017, Roger Pinto, sa femme et son fils ont été séquestrés, violentés et détroussés à leur domicile de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), "une agression antisémite" condamnée par le Crif et le ministre de l'Intérieur. Une première ?

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

Portrait de Gil Taïeb
Nous sommes debout
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03 Avril 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

On ne le dira jamais assez : la parution d’ouvrages de poésie, en général et dans le domaine juif en particulier est devenue assez rare pour qu’on ne salue pas avec plaisir la sortie d’un nouveau recueil. Dans ce nouveau livre, la peintre et poétesse Sarah Mostrel nous offre un ensemble de textes inspirés de la Bible et des textes fondamentaux du judaïsme.

Remi Huppert est un spécialiste des Juifs de Chine. On lui doit notamment Destin d’un Juif de Chine (1). Dans son nouveau roman, le judaïsme est toujours présent.

"Le terrorisme et l'antisémitisme ont marqué cette année passée"

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Souviens-toi de nos enfants, de Samuel Sandler et Emilie Lanez*

Le 19 mars 2012, 25 du mois hébraïque de adar, à l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse, un drame épouvantable s’est déroulé qui marquera à jamais la communauté juive de France. Ce jour-là, un individu dont il convient de taire le nom, un islamiste gangréné par sa haine des Juifs, n’a pas hésité à tuer de sang-froid un enseignant, Jonathan Sandler et ses deux enfants, Gabriel et Arié avant d’assassiner une petite écolière, Myriam Monsonégo, 8 ans. Il blessera également Aaron Bijaoui, 15 ans.

Avec un courage et une détermination inouïs, aidé par une journaliste, Emilie Lanez, Samuel Sandler, père de Jonathan et grand-père de Gabriel et Arié, a décidé de prendre la plume pour narrer, au quotidien les heures et les jours qui ont suivi l’innommable. Les sentiments de son épouse, Myriam, de Jennifer, la sœur aînée de Jonathan et de son mari, Michael, d’Eva, la maman des enfants suppliciés et de Léa Marcou, sœur de Samuel. Et la petite Liora, 7 ans, la sœur de Gabriel et d’Arié. Qu’il est dur de dire tout cela ! «  Le 19 mars 2012, je suis mort une première fois », avoue le grand-père déchiré.

Les autorités religieuses juives tentent du mieux qu’elles peuvent de soulager la douleur des Sandler : Joël Mergui, président des Consistoires, Gilles Bernheim, Grand rabbin de France et son secrétaire, le rabbin Moché Lewin, Michel Gugenheim, Grand rabbin de Paris, le rabbin de Toulouse, Harold Weill et le Grand rabbin Haïm Korsia.

Avec des mots simples mais touchants, Samuel Sandler raconte la découverte de la  dépouille de Jonathan à l’hôpital, le transfert des corps des victimes en terre d’Israël.

Sans oublier le président de la République, Nicolas Sarkozy et François Fillon ou encore le ministre de la Justice, Michel Mercier et celui des Affaires étrangères, Alain Juppé.

Le 21 mars, l’enterrement a lieu au cimetière de Givat Shaul à Jérusalem.

Dans des pages d’une écriture magnifique, Samuel Sandler revient sur son enfance, sur son grand-père, Maurice, négociant en cuirs, né en Prusse Orientale aux confins de la Lituanie et sur sa grand-mère, Clémentine Metzger. Il évoque son père, Robert, né en Allemagne, à Mannheim et sur sa mère, Henriette Ledermann. Samuel Sandler fera sa bar-mitzwah à Paris alors que ses parents travaillent au Foyer Israélite de la rue de Médicis, au Quartier Latin. Plus tard, la famille aménagera au Chesnay.

Des pages véritablement émouvantes sont consacrées au procès, en octobre 2017, du frère de l’assassin. Malgré sa requête, Samuel Sandler ne pourra pas éviter de croiser le regard de cet homme jugé pour complicité d’assassinat. Une épreuve terrible : « Je me sens barbouillé, ma peau me pique et j’ai l’impression que ce type silencieux me nargue…Une rage bestiale, inconnue, m’agite ». Et voilà que la mère de l’assassin, minuscule et voilée fait son entrée. Elle tapote affectueusement la vitre du box où est installé son fils et lui adresse un baiser de la main. Trop c’est trop ! « Mon cœur s’arrête de battre, une nausée m’envahit ».

Samuel Sandler s’est promis de tenir. « A la lisière du monde, devenu mon propre fantôme, je m’oblige à tenir debout pour porter haut la mémoire des miens. La vôtre, mes enfants, dont les chemins sont justes. Et je me souviens des jours anciens, les nôtres ».

Un témoignage hors du commun, un très bel ouvrage qui a obtenu le prix de la Licra 2018. A lire absolument.

Jean-Pierre Allali

 

(*) Editions Grasset. Février 2018. 128 pages. 14 €.