Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lectures de Jean Pierre Allali - Ce pays qui te ressemble, par Tobie Nathan

17 Octobre 2017 | 140 vue(s)
Catégorie(s) :
France

La semaine dernière, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) proposait dans sa newsletter et sur ses réseaux sociaux un contenu qui a fait polémique.

Mon discours prononcé au dîner du Crif Grenoble-Dauphiné, le 22 octobre 2017.

Mon discours à la cérémonie d'hommage aux Juifs engagés volontaires qui s'est tenue le 15 octobre 2017 au cimétière de Bagneux.

Dans ce courrier, j'ai félicité Audrey Azoulay pour son élection. J'ai également attiré son attention sur les positions récentes de l'Unesco sur Jérusalem et commente les relations passées de l'organisation avec le Crif.

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Ce pays qui te ressemble, par Tobie Nathan*

Ethnopsychiatre, professeur de psychologie, Tobie Nathan, qui a également été diplomate, est passionné par l’histoire de l’Égypte, son pays natal. Dans ce très beau roman, il nous montre Le Caire, où il vit le jour en 1948, sous tous ses aspects à travers les aventures d’une bande de copains. Nous sommes en 1925. Maniant l’humour avec dextérité,, Tobie Nathan annonce la couleur d’entrée de jeu : « Les Égyptiens sont des cannibales ». Cannibales, car ils sont friands de fèves, les « fouls » et que les fèves, en y regardant de près, ressemblent à des fœtus.

C’est dans le quartier juif de la capitale égyptienne, et plus précisément dans la ruelle aux Juifs, « ‘Haret El Yahoud », que sa mère, Esther, épouse de l’aveugle Mordechaï Zohar,calculateur de génie, dit Motty, préparait ses délicieuses fèves à l’huile d’olive et aux œufs durs. Elle n’avait pas son pareil, aussi, pour préparer un bon café noir sur la kanaka, petite cafetière à longue queue. Sans oublier le thé, les dattes et la pâte d’abricot ou « astre de Dieu ».

Tobie Nathan croque, pour notre plus grand plaisir, une palette savoureuse de personnages d’un temps révolu. Voici l’oncle Élie le boiteux, épicier à Darb El Nasir tout près de la synagogue Haïm Capucci, la tante Tofa’ha, « la pomme » et la tante Maleka, femme de Poupy, Tayeba, en mal de progéniture ou encore le rabbin Mourad.  Emmenées par Khadouja, des sorcières musulmanes côtoient des guérisseuses juives.
En octobre 1925, à force d’incantations et de talismans et après un accouchement difficile,  Esther mettra au monde Zohar Zohar. L’enfant ne survivra que grâce au lait d’une nourrice arabe, Oum Jinane, fille d’imam et chanteuse de charme délurée et mère d’une petite Masreya. Et c’est ainsi que le petit Juif Zohar aura pour sœur de lait la petite Musulmane Masreya. Adultes, les deux « jumeaux » se retrouveront, amis puis amants et formeront une véritable bande avec le millionnaire sioniste Joe Di Reggio, fils du « baron du coton » et Abraham Cohen,  dit Nino, communiste convaincu qui se convertira à l’islam et deviendra Abou l’Harb, « le père de la guerre ».

L’ouvrage qui s’achève sur l’année 1952, permet parallèlement de redécouvrir l’histoire récente de l’Égypte : le roi Farouk, les retombées du conflit israélo-arabe, Nasser, Naguib, Sadate, Hassan el Banna et les Frères Musulmans, l’islamisme naissant…

Superbe !

 

Jean-Pierre Allali

(*) Éditions du Livre de Poche. Avril 2017. 574 pages. 8,30 €.

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