Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lectures de Jean-Pierre Allali - À la première personne, par Alain Finkielkraut

05 Février 2020 | 298 vue(s)
Catégorie(s) :
France
Portrait de Gil Taïeb
Nous sommes debout
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03 Avril 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

Francis Kalifat, the Crif President gave a speech at the annual Crif's dinner 2017. 

Né à Tunis en 1920, Albert Memmi, s’il a été considéré, à travers certains de ses romans, comme le chantre du judaïsme tunisien, demeure surtout, le théoricien du colonialisme

C’est l’histoire d’un mariage mixte raté. Un mariage entre une Juive et un Musulman, Julie et Sam. 

"Le terrorisme et l'antisémitisme ont marqué cette année passée"

Je me suis exprimé sur les enjeux de l'élection présidentielle pour la communauté juive française.

Portrait de Stéphanie Dassa
Hommage à Claude Hampel
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14 Novembre 2016
Catégorie : France

« Il y eut un soir et il y eut un matin » Genèse1 : 5

Comme chaque année, l'association ASI/Keren Or que je préside, distribue des lunettes de vue en Israël aux plus démunis. Cette année l'opération s'est déroulée dans la ville de LOD.

En 2005, le fait religieux envahissait peu à peu et dans la confrontation, les cours de récréation. L’agitation religieuse commençait à provoquer des dégâts dont nous payons le prix lourd aujourd’hui.

FOR JERUSALEM NO VOICE MUST MISS
FOR JERUSALEM NONE OF US CAN REMAIN SILENT

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À la première personne, par Alain Finkielkraut (*)

Alain Finkielkraut à cœur ouvert. Membre de l’Académie Française depuis 2014, dans un petit ouvrage dédié à Milan Kundera, il a décidé de dire ses quatre vérités à ceux qui le traitent de réactionnaire. « Parce que, malgré mes efforts pour ralentir le galop du temps, j’avance irrémédiablement en âge et aussi, je l’avoue, parce que je souffre des épithètes inamicales parfois accolées à mon nom, le moment m’a semblé venu de faire le point et de retracer mon parcours sans faux-fuyant ni complaisance ».

L’auteur, remontant le temps, rappelle qu’il fut, lui aussi, happé et porté par la vague en mai 1968. Plus tard, surmontant ce qu’il appelle la peur de penser à contre-courant, il écrira, pour la revue Critique, « Bêtises de Rousseau » avant de se lancer, avec Pascal Bruckner, dans « Le nouveau désordre amoureux », critique d’Éros contre Éros. Après deux essais en tandem, Alain Finkielkraut décide de faire cavalier seul et d’aborder « l’interminable question juive » en publiant « Le Juif imaginaire ». Fils de déportés, il se veut lucide. « Entre le déporté et le fils de déporté, l’abîme est infranchissable. On ne porte pas le pyjama rayé ni l’étoile jaune de génération en génération ». Et face à ceux qui, dans le sillage de Robert Faurisson, ont le culot de nier la Shoah ou d’en minimiser la tragédie, il appelle à la rescousse Péguy qu’il oppose à Barrès et à Léon Daudet. Il faut dire qu’aux yeux de certains, notamment les idéologues de l’ultra-gauche, « la destruction des Juifs profite trop à l’État juif pour n’être pas suspecte ». Dès lors, « la Shoah est un mensonge planétaire » ! Et, malgré certains retournements occasionnels de situation, « le négationnisme n’est pas mort ». D’Internet où tout est permis aux propos du « successeur modéré de Yasser Arafat » et plus généralement en terre d’islam où il arrive que l’on compare de manière véritablement indécente le sort des Palestiniens aux victimes de l’Holocauste, c’est la curée. On peut écrire sans vergogne : « À Auschwitz, à Mauthausen, à Sabra, à Chatila et à Gaza, le nazisme et le sionisme se donnent la main ». Et, dans le monde chrétien, Marcion est de retour. Alain Finkielkraut, textes à l’appui, nous donne de très nombreux exemples de prises de position d’intellectuels français et étrangers, rongés par cette lèpre qu’est l’antisionisme, nouveau visage de l’antisémitisme. C’est, nous dit-il, « un scandale historique et philosophique ». 

S’il est très préoccupé par l’avenir d’Israël, Alain Finkielkraut n’en partage pas moins les préoccupations diverses de ses contemporains. Il évoque ses rencontres avec Michel Foucault, Roland Barthes, Milan Kundera, Hélène Carrère d’Encausse, Pierre Nora et bien d’autres, « à la recherche du temps présent ». « Je dois aussi aux poètes et aux penseurs d’Europe centrale la prise de conscience de mon appartenance et de mon attachement à la civilisation européenne. Il évoque le 11 septembre 2001 et, plus près de nous, l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Philosophe, il évoque ce qu’il appelle « le choc Heidegger » et son défi, le « Gestell », Heidegger , sympathisant nazi, Heidegger qui disait « Le tourisme devrait être interdit »

L’académicien reconnaît qu’il s’est trompé sur l’avenir du monde par excès d’optimisme et de foi en la démocratie. « Le totalitarisme a été vaincu mais le sens reste accaparé par le sens de l’Histoire ».

Un petit livre éblouissant.

 

Jean-Pierre Allali

(*) Éditions Gallimard. Août 2019. 128 pages. 14 €.