Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lectures de Jean Pierre Allali - Le maître du Talmud, de Eliette Abécassis

20 Avril 2018 | 322 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Mardi 10 octobre 2017, j'ai été reçu par le Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères pour un long tour d'horizon.

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20 Septembre 2017
Catégorie : France

Il y a 76 ans, le 15 décembre 1941, 69 hommes ont été fusillés au Fort du Mont Valérien à Suresnes, dans les Hauts de Seine par les autorités d’occupations allemandes. Ces hommes, français et étrangers, furent arrêtés par les forces de polices françaises de la Préfecture de police du département de la Seine (à l’époque).

Je vais vous raconter l’histoire de Moritz Singer, mon oncle, le frère de ma mère, un de ces fusillés.

En 2017, Roger Pinto, sa femme et son fils ont été séquestrés, violentés et détroussés à leur domicile de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), "une agression antisémite" condamnée par le Crif et le ministre de l'Intérieur. Une première ?

"Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe…"
 

 

"The strength of a Nation always lies in the the way it looks at its History and and its ability to teach it to future generations".

 

"La force d’une Nation réside toujours dans le regard qu’elle sait porter sur son histoire et sa capacité à l’enseigner aux générations suivantes."

 

En juin 2017, quelques mois après l'assassinat de Sarah Halimi, Francis Kalifat, Président du Crif, publiait cette tribune en hommage à Sarah Halimi, devenue le triste symbole de l'antisémitisme qui tue. 

Sarah Halimi, une retraitée a été battue à mort à Paris, le 4 avril 2017 et son calvaire a duré plus d'une heure. Et, il s'agit bien d'un meurtre antisémite.

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

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Le maître du Talmud, de Eliette Abécassis*

C’est un véritable thriller talmudique que nous offre Eliette Abecassis dans son nouveau roman.

Nous sommes à Paris, en 1240, au temps du bon roi Louis et de sa mère, la douce Blanche de Castille. Bon, douce, une façon de parler. Le saint Louis, obsédé par la purification de son royaume, et sa maman n’étaient pas vraiment bons, ni doux, du moins pour les Juifs du pays.

Autour de Sire Vives, alias Rabbi Yéhiel de Paris, encore nommé Vivus Meldensis, les étudiants de la yeshiva, du « Beth Hamidrach », étudient jour et nuit. Car, pour eux, seuls les textes, la parole divine, font vivre. Les textes et, bien sûr, leurs commentaires, réunis dans les volumes sacrés du Talmud.

Il y a là, notamment, Joseph et Samuel, Ezechiel, l’instructeur et le narrateur, Eliezer Cohen, dont on découvrira, plus tard, qu’il s’appela un jour, dans une autre vie, Luc d’Apremont.

Alors que la communauté juive vaque à ses occupations, c’est le drame. Un crime vient d’avoir lieu. Un bébé ensanglanté est découvert, enveloppé dans un linge sur lequel est inscrite, à l’encre noire, la formule « Yoma 37b » qui renvoie à un traité du Talmud.. Pour la foule chrétienne qui accourt de tous côtés, aucun doute : les coupables, ce sont les Juifs, les « tueurs du Christ ». Pour elle, on est indubitablement en présence d’un crime rituel.

Yehiel et sa communauté ne pourront pas échapper à une disputation à la cour du roi. Une occasion pour les ennemis des Juifs de les tourner en ridicule avant d’organiser un brûlement du Talmud en place de Grève.

La controverse, initiée par le renégat juif Nicolas Donin, opposera Sire Vives accompagné des rabbins Moïse de Coucy, Judah Ben David de Melun et Samuel Salomon dit sire Morel de Falaise aux plus grands théologiens catholiques du royaume : Gauthier Cornu, archevêque de Sens, Guillaume d’Auvergne, évêque de Paris et Eudes de Châteauroux, chancelier de l’université.

Après la disputation, que d’une certaine manière, ils ont gagnée, Sire Vives et ses amis, choisissent l’exil pour sauver les précieux volumes du Talmud. Ils se retrouveront…en terre d’Israël.

Les femmes ne sont pas absentes de ce récit haletant : Myriam, l’épouse soumise du Maître et la belle Deborah, qui fut mariée à Nicolas Donin et dont Eliezer est éperdument amoureux. Ou encore Rebecca, qui ne rêve que de Samuel.

Des développements intéressants sur les Karaïtes ajoutent du piment à ce récit haletant qui se lit tout d’une traite.

A découvrir toutes affaires cessantes.

Jean-Pierre Allali

(*) Editions Albin Michel. Mars 2018.366 pages. 22 euros.