Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

LECTURES. L'ULTIME AUBERGE

30 Mai 2016 | 1 vue(s)
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Actualité

Par un enchaînement de hasards, notre bloggueuse Sophie, plus habituée aux sujets de cyber-sécurité et de contre-terrorisme, s'est retrouvée les mains dans la pâte (à pizza). Et ça lui a donné quelques idées plutôt gourmandes... Elle les partage avec vous à travers ces chroniques culinaires !

Bienvenue sur le blog La Chronique (pas tès casher) de Raphaëla ! Sur ce blog, Raphaëla vous propose ses billets d'humeur sur tout ce qui l'entoure, l'émeut, la touche, la fait rire et la révolte. Et elle a des choses à vous dire...

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Antisémitisme

En tant que lecteur de la newsletter du Crif, bénéficiez d'un tarif préférentiel ! La place à 15 euros au lieu de 20 euros. Réservations par téléphone : 01 43 27 88 61 avec le code CRIF           

Hier, je me suis exprimé sur la récente vague d'antisémitisme qui secoue la France. J'ai demandé à l'ensemble de la communauté nationale de faire front contre la haine antisémite. J'ai également rappelé l'importance pour la justice française d'appliquer des peines suffisamment lourdes pour être dissuasives.

Il est des livres, comme une sève puissante, comme un volcan en éruption, comme le monde à portée de la main, comme la vie, qui remue de l’intérieur, qui secoue de l’intérieur et qui donne majestueusement à donner. Il est des livres que l'on veut lire et que l'on doit lire absolument.

 

Par Marc Lévy, avocat de la LICRA dans le procès de Reynald Leykens et délégué du Crif en Israel

En 2017, Roger Pinto, sa femme et son fils ont été séquestrés, violentés et détroussés à leur domicile de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), "une agression antisémite" condamnée par le Crif et le ministre de l'Intérieur. Une première ?

"The strength of a Nation always lies in the the way it looks at its History and and its ability to teach it to future generations".

 

"La force d’une Nation réside toujours dans le regard qu’elle sait porter sur son histoire et sa capacité à l’enseigner aux générations suivantes."

 

En juin 2017, quelques mois après l'assassinat de Sarah Halimi, Francis Kalifat, Président du Crif, publiait cette tribune en hommage à Sarah Halimi, devenue le triste symbole de l'antisémitisme qui tue. 

Sarah Halimi, une retraitée a été battue à mort à Paris, le 4 avril 2017 et son calvaire a duré plus d'une heure. Et, il s'agit bien d'un meurtre antisémite.

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Prix Nobel de littérature en 2002, l'écrivain hongrois Imre Kertèsz est mort à Budapest le 31 mars 2016. Son dernier livre, "L'ultime auberge" a reçu, le 22 mai 2016, le Prix Spécial du Jury 2016 du Salon du Livre de la Licra-Paris

 

L'ULTIME AUBERGE

par Imre Kertész (*)

 

Prix Nobel de Littérature en 2002, Imre Kertész est né en 1929 à Budapest au sein dune famille juive. Il a quinze ans quand il est déporté à Auschwitz avant d'être transféré à Buchenwald puis au camp de travail de Zeitz. Cette expérience concentrationnaire sera au centre de son œuvre littéraire dont « Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas » ( Actes Sud, 1995) ou « Être sans destin » (Actes Sud, 1998).

Atteint de la maladie de Parkinson, Imre Kertész est mort le 31 mars 2016 dans sa ville natale où il était revenu après avoir longtemps vécu à Berlin.

« L'ultime auberge » n'est pas vraiment un roman. C'est plutôt un ensemble de textes, de notes et de réflexions avec, en partie centrale une ébauche de ce que l'auteur estimait devoir être le couronnement de son œuvre puis, en fin de volume, une seconde ébauche. Les notes sont rassemblées sous deux intitulés : « Secrets dévoilés » et « Le jardin des trivialités ».

Tout au long de ses réflexions, l'auteur n'a de cesse de pourfendre l'antisémitisme et la haine d'Israël. Même s'il lui arrive de critiquer certains dirigeants israéliens, il est profondément attaché à l'existence de l'État juif. « J'ai toujours été gêné par le mensonge drapé de sensiblerie qui entourait Auschwitz. À présent que l'Europe prend ouvertement position pour la destruction d'Israël, pour l'extermination des Juifs et donc pour Auschwitz, les choses sont en quelque sorte plus claires ». Ou encore : « Je vois que la besogne inachevée d'Hitler sera accomplie avec l'aide des Européens : ils vont exterminer les Juifs, pas de pitié, pas de quartier ». « L'antisémitisme tenu en bride pendant de longues années remonte du bourbier de l'inconscient, comme une éruption de lave et de soufre ». « Je crains que l'atmosphère meurtrière de l'Europe ne finisse par balayer Israël »... »Quand Israël sera détruit, viendra le tour des autres Juifs ». Et d'ailleurs, imaginons que les Juifs et Israël disparaissent, le monde s'en trouverait-il en meilleur état ? « Pourquoi est-il impossible d'exterminer ce peuple ? Et si cela se fait un jour, qu'adviendra-t-il quand on aura constaté avec dépit que se débarrasser des Juifs n'aura apporté aucun soulagement ? ».

Le pessimisme de Kertész transparaît au fil du récit : « La vie est une erreur que même la mort ne répare pas. La vie, la mort : tout est erreur ». « La vie que je mène en ce moment est sinistre et repoussante ».

Dans son analyse, Kertész ne manque pas de fustiger l'extrémisme islamiste avec sa haine des Juifs et son terrorisme forcené. Et il avoue, in fine : « J'admets que mon destin soit lié, et même enchaîné, à celui d'Israël ».

Angoissant et émouvant.

Ce livre a obtenu le prix spécial du jury lors du 9ème Salon du Livre de la Licra le 22 mai 2016.

 

 

Jean-Pierre Allali

 

(*) Éditions Actes Sud. Janvier 2015. 320 pages. 22,80 euros.

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